
Pinerolo
179 km
mercredi 20 juillet
L’étape de Pinerolo a donné lieu à une bataille incessante, pour la formation de l’échappée dans un premier temps, puis pour la victoire d’étape dans les deux dernières ascensions. C’est dans la côte de Pramartino, puis dans la descente sur Pinerolo, qu’Edvald Boasson Hagen a construit son deuxième succès sur le Tour de France, après sa victoire à Lisieux. Il devient le deuxième double vainqueur de l’édition 2011, 24 heures après son unique compatriote dans le peloton, Thor Hushovd, qui l’avait devancé à Gap. L’ascension de deuxième catégorie a également été le théâtre d’une explication entre les favoris : les attaques de Contador n’ont pas suffi à décrocher ses rivaux pour le titre, si ce n’est Thomas Voeckler, qui lâche 27 secondes dans la descente après une série d’acrobaties.
Casar sort le premier
Comme la veille, les attaquants sont inspirés par le tracé de l’étape. Mais le nombre de candidats complique la formation de l’échappée. Un premier groupe se forme à l’initiative de Sandy Casar au km 10, avec Gerdemann (LEO), LL.Sanchez (RAB), Di Gregorio (AST), Costa (MOV), Boasson Hagen, Thomas (SKY), Hondo (LAM), Van Garderen (THR) et De Gendt (VCD). Non représentées, les équipes Garmin-Cervélo et AG2R La Mondiale empêchent cette association de progresser. Avant d’avoir atteint la minute d’écart, ils sont rejoints au kilomètre 41par le peloton, qui avait pourtant dépêché Thor Hushovd et Nicolas Roche en contre attaque.
Boasson Hagen insiste
La chasse aux échappées naissantes emmène la course sur un rythme rapide (51,3 km dans la première heure). Edvald Boasson Hagen persévère tout de même, et initie un autre mouvement d’ampleur, qui comprend 14 coureurs au km 54. Perez Moreno (EUs), Tgallingii, Mollema (RAB), Fofonov (AST), Muravyev (RSH), Amador (MOV), Paterski (LIQ), Boasson Hagen (SKY), Chavanel (QST), Casar (FDJ), El Fares (COF), Leukemans, Bozic (VCD) et Hivert (SAU) creusent un écart contrôlé à distance par l’équipe Europcar, mais qui atteint 7’20’’ au km 90.
Perez Moreno en solo
C’est précisément dans la montée vers le col de Montgenèvre, au km 92, que Nicolas Roche se lance dans une contre attaque, dans laquelle il emmène Johnny Hoogerland, ainsi que l’encombrant Kevin De Weert, 12ème au classement général. Le trio de poursuivant se rapproche de la tête de course et aborde la montée vers Sestrières avec 5’12’’ d’avance, pendant que le peloton s’y présente avec 6’35’’ de retard. Les deux derniers kilomètres d’ascension vers la station sont exploités par Ruben Perez Moreno, qui s’isole et bascule avec 1’05’’ d’avance. Dans la longue descente consécutive, le coureur d’Euskaltel fait monter son avantage à 1’30’’, mais au moment d’affronter l’ultime difficulté de la journée, son avance a fondu à 35’’.
Des frayeurs pour Hivert dans la descente
Repris après 5 km d’ascension, Perez Moreno laisse la vedette à Dimitri Fofonov, très éphémère leader de l’étape. A 12 kilomètres de l’arrivée, c’est Sylvain Chavanel qui réplique et se retrouve à l’avant en solitaire. Mais 1 kilomètre plus loin, le démarrage d’Edvald Boasson Hagen complique l’entreprise du champion de France. Le coureur de Sky ne passe qu’une centaine de mètres avec Chavanel avant de filer à la norvégienne. Jonathan Hivert tente lui aussi sa chance dans la descente sur Pinerolo, mais son appétit à rejoindre Boasson Hagen le pousse un peu trop souvent sur les bas-côtés de la route. Sur la ligne, le jeune Norvégien achève sa mission en solitaire.
Un petit détour pour Voeckler
Dans le peloton, qui aborde cette ascension avec 5’55’’ de retard, c’est une bataille entre les favoris qui se joue. Comme la veille, Alberto Contador déclenche les hostilités, mais ses deux accélérations ne décrochent pas ses rivaux. C’est donc dans la descente que le tenant du titre décide d’accélérer, avec une réussite relative et temporaire. Accompagné de Samuel Sanchel, il arrive à distancer le groupe Andy Schleck d’une quinzaine de secondes. Il ne lui en reste aucune sur la ligne d’arrivée, où il a été rejoint par l’ensemble des prétendants au titre. En revanche, Thomas Voeckler, qui a comme Jonathan Hivert raté un virage et procédé à une manœuvre dans la cour d’une maison, rejoint l’arrivée avec 27’’ de retard.
« Je dois bien regarder les autres pour défendre ce maillot à pois. Il faut surtout que je sois devant Samuel Sanchez, sinon je le perds. Mais cela ne va pas m’empêcher de bien dormir ce soir.
On a l’impression que l’étape de l’Alpe d’Huez est moins difficile que celle de demain, mais avec seulement 107 kilomètres, cela peut aussi rouler très vite, et nous ne sommes pas habitués à cela. Du coup il peut aussi y avoir de gros écarts.
Demain il y a trois grosses ascensions et je n’en connais aucune. C’est bizarre, non ? Alors nous verrons. »
« J’étais déçu de ne pas avoir gagné hier, alors je voulais vraiment rentrer dans l’échappée aujourd’hui. Mes coéquipiers m’ont beaucoup aidé sur tout le début d’étape pour que j’y arrive. Et je voulais vraiment me présenter sur la ligne seul, car hier j’étais très proche de la victoire.
Je pensais à cette étape à l’entraînement il y a plusieurs semaines déjà. Et maintenant je la gagne, c’est exceptionnel. Je passe un très bon Tour, car j’ai réussi à prendre les bonnes échappées, tout comme Thor. Et j’ai l’impression que les deux Norvégiens de la course sont vraiment en forme.
Je voulais continuer d’attaquer, mais pas trop souvent, alors je suis ravi que cela se soit bien passé. La dernière descente était très technique, mais je la connaissais plutôt bien. Je l’ai visionnée en vidéo dans le bus ce matin, et j’avais l’impression de connaître chaque virage, cela m’a beaucoup aidé. Je voulais rouler à mon rythme dans la montée, et c’est ce que j’ai fait. Ensuite j’ai pu descendre seul, et c’est vraiment génial de gagner de cette façon. »
« J’ai entamé la descente en tête du peloton, et je pense que j’ai été trop gourmand. J’ai présumé de mes aptitudes de descendeur, et je suis allé trois fois dans le décor, dont une fois où c’était vraiment chaud. Immédiatement au début de la descente, j’ai raté un des tout premiers virages, puis un autre un peu plus bas. Et ensuite j’ai fait un tout droit dans un troisième, et j’ai dû sauter une marche de 80 centimètres, pour me retrouver dans une cour. Finalement je m’en tire vraiment bien, car je pourrais très bien ne plus être dans la course. J’ai pris trente secondes dans la vue, mais cela vaut mieux qu’une clavicule cassée.
Je me sens plutôt bien, mais j’ai surtout l’impression que les autres sont de mieux en mieux. Pour l’étape de demain, j’aimerais bien qu’ils déclenchent les attaques le plus tard possible. Mais il m’a l’air bien énervé, Alberto, alors il est capable d’attaquer bien avant. »
En dépit de sa relative contre-performance du jour (10e à 5’22’’ des vainqueurs, Sky), Garmin-Cervélo, qui a perdu 1’34’’ face à ses dauphins de Leopard-Trek, maintient son leadership au classement général par équipes. Les écarts demeurent importants : 5’27’’ d’avance sur l’écurie luxembourgeoise des frères Schleck, 8’04’’ sur Ag2r-La Mondiale et 14’24’’ sur Europcar. Mais la bataille des Alpes ne fait que commencer et l’étape-reine, qui empruntera le col Agnel, l’Izoard et le Galibier, pourrait modifier la donne.
Contador et Sanchez ont été rejoints dans le dernier kilomètre par le groupe A.Schleck. Voeckler perd 24’’ par rapport à ses premiers poursuivants au général.
Les deux Espagnols ont maintenant 5’’ d’avance sur le groupe Andy Schleck. Voeckler pointe avec 27’’ de retard.
Le Maillot Jaune a été ralenti après avoir raté un virage, qui l’a obligé à faire un demi-tour dans une cour.
A 3 km de l’arrivée, les deux Espagnols ont une dizaine de secondes d’avance sur le reste du groupe.
Le Norvégien signe son deuxième succès sur le Tour, après sa victoire à Lisieux.