
Plateau de Beille
168.5 km
samedi 16 juillet
La séquence pyrénéenne du Tour 2011 s’achève sur une étape où le Belge Jelle Vanendert est parvenu à surprendre tous les candidats à la victoire d’étape, à commencer par Sandy Casar, dernier survivant de l’échappée et repris à 6,5 km, mais aussi Samuel Sanchez, qui l’avait devancé à Luz Ardiden et prend aujourd’hui la 2ème place. Thomas Voeckler a également ébloui les spectateurs dans la montée finale vers le Plateau de Beille, où il a tenu tête aussi bien à Andy Schleck qu’à Ivan Basso, les deux plus actifs dans la dernière partie de l’ascension. Le Français conserve son Maillot Jaune sans perdre la moindre seconde sur Fränk Schleck, son premier poursuivant au général, à 1’49’’.
Chavanel lance le mouvement
Les attaquants se déclarent dès le premier kilomètre, mais c’est au kilomètre 2 que Sylvain Chavanel (QST) quitte le peloton. Le champion de France s’attend à accueillir du renfort, mais c’est un groupe particulièrement volumineux qui se forme derrière lui, avec Gerdemann, Voigt (LEO), Izagirre (EUS), Mollema, LL.Sanchez (RAB), Millar (GRM), Di Gregorio (AST), Koren (LIQ), Bouet, Riblon (ALM), Zandio (SKY), Casar, Delage, Vichot (FDJ), Quinziato (BMC), El Fares (COF), Charteau (EUC), Silin (KAT) et Marcato (VCD). Le groupe progresse avec 20 coureurs à partir du km 5,5, mais n’a pas fini d’enfler, puisque Perez Moreno (EUS), Costa (MOV), Pineau (QST) et Malori (LAM) effectuent la jonction au kilomètre au km 43. Entre temps, Michael Delage a bataillé avec succès pour les points de la montagne au col de Portet-d’Aspet, et sur le sprint intermédiaire d’Orgibet (km 36,5).
El Fares fait la descente…
La longue descente suivant le passage du col de la Core est mise à profit par Julien El Fares, qui se détache le premier de cet imposant groupe. Il est rapidement rejoint par Sandy Casar, avec qui ils se relaient pour creuser l’écart, puis par David Millar, peu avant le ravitaillement de Seix, où le trio bénéficie de 40’’ d’avance sur ses poursuivants. Riblon est le premier à tenter une sortie : il s’échappe dans la montée vers le col de Latrape, pour rejoindre le trio de tête dans les premières pentes menant au col d’Agnes. Pendant ce temps, les plus vaillants du groupe de poursuite n’ont pas abdiqué, et comblent même leur retard. Une échappée de 11 coureurs se reforme peu avant le col, avec Voigt, Gerdemann (LEO), Izagirre (EUS), Di Gregorio (AST), Riblon (ALM), Zandio (SKY), Chavanel (QST), Casar (FDJ), El Fares (COF), Charteau (EUC) et Silin (KAT). Derrière eux, le rythme de progression du peloton s’est accéléré avec le retour aux affaires des coureurs de Leopard-Trek.
… Izagirre essaye aussi
Après le passage au col d’Agnes, où le groupe ne compte plus que 5’10’’ d’avance sur le peloton, Izagirre file dans la descente, et gagne 1’ sur ses poursuivants au passage au Port de Lers. Le coureur d’Euskaltel a beau dévaler la montagne, un regroupement se joue juste derrière lui, et le condamne à 23 kilomètres de l’arrivée. Chavanel tente alors sa chance, mais c’est Ruben Perez Moreno qui aborde en tête la montée vers le Plateau de Beille. L’honneur ne dure pas pour l’Espagnol, qui fait les frais d’une attaque solitaire de Sandy Casar, dès les premières pentes.
Voeckler au rendez-vous
Le coureur de FDJ entretient l’illusion, mais l’explication dans le groupe des favoris démarre plus tôt que l’avant-veille. La rafale d’attaques d’Andy Schleck démarre à 11 km de l’arrivée. S’il ne parvient pas à décrocher ses rivaux directs, la sélection est sévère au sein du groupe, et le rapprochement fatal aux espoirs de Casar : à 9 km de l’arrivée, A.Schleck est accompagné de Péraud, S.Sanchez, Vanendert, Evans, Basso, Cunego, Contador, F.Schleck, Uran, Rolland et surtout Voeckler, qui reste systématiquement dans la roue du Luxembourgeois. Le retard sur Casar est alors de 50’’, mais cette marge s’avère bien mince lorsque Jelle Vanendert passe à l’action, et fond sur lui à 6,5 km de la ligne. L’initiative donne des idées à Samuel Sanchez, qui quitte lui aussi l’élite, à 4 km de l’arrivée. En poursuite, il ne peut faire mieux que prendre la deuxième place derrière celui qu’il avait justement devancé deux jours plus tôt à Luz Ardiden.
Le bilan d’Andy : 2’’ de gagnées
Derrière, Ivan Basso a remplacé Andy Schleck dans le rôle de l’attaquant à répétition. Les favoris se neutralisent jusqu’aux 500 derniers mètres, où Andy Schleck place une accélération qui lui permet d’aller chercher la troisième place et de grapiller… deux secondes sur ses rivaux pour le titre.
« J’étais un peu plus optimiste qu’avant-hier, justement parce que j’ai vu ce que j’avais de bonnes jambes dans l’étape de Luz Ardiden. Je me disais que j’avais une chance de conserver le Maillot Jaune, pour quelques secondes. Mais de là à rester jusqu’au bout avec les meilleurs, et suivre leurs attaques, c’est un peu incroyable. Je suis très agréablement surpris. Il faut croire que le Plateau de Beille, c’est une bonne montée pour moi.
Dans l’ascension, ils m’ont fait très mal. A chaque fois qu’il y avait une attaque, j’étais au maximum, et à chaque fois il y avait un regroupement, qui me permettait de continuer à y croire. J’avoue que je ne comprends pas trop ce qui m’arrive !
Dans la montée il y avait beaucoup de vent, et la question de l’abri était primordiale. Je ne voulais pas me faire lâcher, ne serait-ce que 5 mètres, et c’est pour cela que j’ai répondu à un maximum d’attaques.
Je pense que je n’étais pas le plus nul, mais peut-être pas le plus fort. D’ailleurs j’ai essayé d’attaquer à 2 km de l’arrivée, mais je me suis fait immédiatement contrer par Evans. Ma chance a été que sur leurs attaques, les favoris se sont neutralisés. »
« Ce qui était prévu aujourd’hui, c’est que j’essaye de suivre les favoris le plus longtemps possible. Mais j’ai fait encore mieux !
J’ai été longtemps blessé l’année dernière, et maintenant je n’ai plus de cartilage dans mon genou. Je dois énormément travailler et faire des soins particuliers sur ce genou pour pouvoir continuer de faire du vélo.
Après les classiques de printemps, j’ai fait un stage en Italie, puis le Critérium du Dauphiné. C’était une préparation spécifique pour le Tour de France, où j’arrive maintenant frais, et dans une très bonne condition. Je remercie mon équipe de m’avoir donné cette possibilité.
Dans la montée j’ai vu que les favoris avaient commencé à s’attaquer, et qu’il y avait à chaque fois des regroupements. Je me suis dit que s’ils s’observaient, c’était le bon moment pour attaquer seul, sachant que je ne suis pas dangereux pour eux au classement général.
Quand on regarde la bataille des favoris, on voit qu’ils ne veulent pas mettre toutes leurs cartes sur la table pour le moment, car il y a encore les Alpes. Et on observe qu’une équipe avec deux coureurs très en forme, c’est vraiment un avantage, c’est ce que montrent les frères Schleck en ce moment. Alors je me dis que si Jurgen Van de Walle était encore là, avec la forme qu’il avait, et celle que je tiens également, nous aurions pu faire de grandes choses. »
L’équipe Europcar de Thomas Voeckler a remporté la grande étape des Pyrénées grâce au travail de Pierre Rolland, qui a accompagné son leader au maximum tout en gardant en tête le classement des jeunes. Anthony Charteau, présent dans l’échappée du début de course, s’est accroché pour être le troisième homme du groupe à l’arrivée. Europcar devance de 1’14’’ Leopard-Trek qui, logiquement, reprend la tête du général à Garmin-Cervélo. La formation luxembourgeoise ne compte toutefois que six secondes d’avance sur Europcar, Ag2r-La Mondiale suit à 2’32’’, Garmin-Cervélo à 3’43’’, alors qu’un écart significatif est créé par rapport à la cinquième du classement, Katusha, qui pointe à 8’31’’.
1. Vanendert 2. S.Sanchez, à 21’’ 3. A.Schleck, à 46’’ 4. Evans, à 48’’ 5. Uran, à 48’’
Le Belge remporte sa première victoire d’étape, sur son premier Tour de France.
Uran et Rolland sont revenus, ils sont maintenant 9.
Samuel Sanchez pointe à 25’’.
Ils sont 7 dans le groupe Maillot Jaune, à la poursuite de Vanendert, en tête, et Samuel Sanchez.