Journal de l'étape

étape 5 - Épernay Montargis 187.5 km
jeudi 8 juillet

La formule Cavendish

Après avoir raté le coche sur les deux premiers sprints du Tour 2010, Mark Cavendish a retrouvé sa fulgurante accélération dans la dernière ligne droite de l’arrivée à Montargis. Bien que le train de la formation HTC-Columbia ait comme la veille connu quelques imperfections dans le final, Mark Renshaw, le dernier accompagnateur, a parfaitement ouvert la voie à son leader dans les 250 derniers mètres. « Cav » remporte sa 11ème étape sur le Tour de France.

Sivtsov, la machine à rouler
Au km 6, le champion d’Espagne lui-même lance un mouvement à l’avant du peloton. Jose-Ivan Gutierrez (GCE) est suivi par Julien El Farès (COF) et Jurgen Van de Walle (QST). Le trio ainsi constitué progresse rapidement, jusqu’à obtenir une marge de 7’55’’ au km 28. Mais la bride se resserre aussi vite, puisqu’après 50 km de course, l’écart est déjà repassé sous les cinq minutes. A l’avant du peloton, l’équipe HTC-Columbia met au travail sa machine à rouler, Kanstantin Sivtsov. Chargé de maintenir un rythme régulier pour garder l’échappée sous contrôle, l’équipier de « Cav » mène sa mission, soutenu par l’effectif de Saxo Bank : au passage au deuxième sprint intermédiaire (km 126,5), l’écart n’est plus que de 2’20’’. 

Lampre veut aussi un sprint
C’est justement à une cinquantaine de kilomètres de l’arrivée que les maillots bleu et rose de Lampre font leur apparition en tête du peloton. La subtile accélération diminue encore la marge dont dispose les échappés : à 30 km, les trois attaquants du jour ont 1’40’’ d’avance. Le parfum de la ligne attire également les coureurs de Cervélo, Hushovd ayant un maillot à défendre. Dix kilomètres plus loin, la situation se complique encore un peu plus pour Gutierrez (GCE), El Farès (COF) et Van de Walle (QST), qui persistent avec un avantage de 1’20’’.

La 11ème pour le 111
A 6,5 km de l’arrivée, alors que l’écart n’est plus que de 25’’, Jose-Ivan Gutierrez parie sur ses talents de rouleur : il lâche ses deux compagnons et tente de finir en solitaire. Mais il est avalé à moins de 4 km de la ligne, par un peloton qui prépare uns sprint massif en règle. A 3 kilomètres de la ligne, le train de Garmin prend les commandes pour emmener Tyler Farrar. Mais dans la dernière ligne droite, Mark Cavendish, particulièrement bien emmené jusqu’à 250 mètres par son poisson-pilote Mark Renshaw, retrouve l’accélération imparable qui a fait sa réputation. Il remporte avec une longueur d’avance sur Ciolek sa 11ème victoire sur le Tour de France.

 

Mark Cavendish : « Dieu merci, le travail a été récompensé »


Je me suis juste placé dans la roue de Mark Renshaw, et je savais qu’il allait me déposer au bon endroit. C’est ce qu’il a fait. Lorsque nous avons regardé le final sur Google Earth ce matin, nous ne savions pas qu’il y avait une montée, mais Erik Zabel nous a ensuite informés que ce n’était pas plat. Nous avons réussi à tenir un rythme très rapide, et c’est une sensation incroyable de s’imposer au bout.
Toute cette pression qui s’est accumulée pendant l’année est maintenant évacuée. Mais je vais bien sûr essayer d’en gagner encore d’autres. Dieu merci, aujourd’hui le travail a été récompensé.
C’est le Tour de France, la plus grande course du monde, et c’était le but de l’année de s’imposer à nouveau ici. Nous n’avons pas été très chanceux durant les premiers jours, et hier cela se passait bien aussi mais j’ai laissé tomber les gars ! Aujourd’hui ils ont fournit un travail parfait à 100 %, ils ont fait encore plus que ce qui leur est demandé, et c’est un atout incroyable de les avoir avec moi. Ils mettent toute leur confiance en moi. ‘Kosta’ (Sivtsov) par exemple, est bandé des pieds à la tête, mais il a passé 300 km en tête sur les deux derniers jours ! Tony Martin et Michael Rogers ont quant à eux des enjeux importants dans les jours qui viennent pour le classement général, et ils continuent à rouler pour moi. J’ai eu des doutes sur moi-même, particulièrement hier, mais nous avons joué un très bon coup et c’est bon de gagner, enfin.