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Journal de l'étape

étape 2 - Contres Limoges 201 km
mardi 9 mars

Chapeau, Bonnet !

L’arrivée envisagée par les équipes de sprinteurs dans Limoges n’a pas été contrariée par les quatre échappés du jour, qui ont été réintégrés par le peloton à une quinzaine de kilomètres de l’arrivée, mais par une chute collective qui a bouleversé la donne dans le final. Bien placé au moment de l’hécatombe, Bonnet a parfaitement manœuvré Luis Leon Sanchez, qui a attaqué à 400 m de l’arrivée. Sur la ligne, il devance Peter Sagan remporte sa première victoire sur Paris-Nice. Le tenant du titre grimpe d’une place au général et s’empare également du maillot vert.

Un carré d’attaquants
Koen De Kort (SKS) se montre le plus remuant en début d’étape. Au kilomètre 4, son accélération est suivie par Mauro Finetto (LIQ), Jens Mouris (VAC) et Laurent Mangel (VAC). Les quatre attaquants sont rapidement autorisés à prendre le large. Ils atteignent dans un premier temps le sommet de la côte de Saint-Aignan, où Laurent Mangel entame la conquête du maillot à pois, avec une avance de 2’36’’. Le groupe creuse ensuite un écart maximal de 4’15’’, que les coureurs de la formation Rabobank jugent suffisamment élevé pour débuter leur travail de contrôle.

Les pois pour Mangel
Les coéquipiers du maillot jaune se contentent de garder les échappés à une distance acceptable, comprise dans une fourchette de trois à quatre minutes d’écart. Mais le ton se durcit avec l’entrée en action des coureurs de la formation Columbia, aux environs du kilomètre 140. Dès lors, l’avantage de Finetto (LIQ), Mouris (VAC), Mangel (SAU) et De Kort (SKS) tombe à 1’30’’ au km 150. L’échappée semble condamnée, mais survit assez longtemps pour permettre à Laurent Mangel de s’assurer la tête du classement de la montagne avec les points pris au sommet de la côte de Maison Neuve (km 156).

Gautier en solo
A 30 km de la ligne, l’écart en faveur des attaquants n’est plus que de 35’’. Dix kilomètres plus loin, Laurent Mangel persiste en solitaire, mais son maigre avantage de 15’’ ne lui autorise que peu d’espoirs. Il est repris au km 183, mais tente de garder sa place Ă  l’avant-garde du peloton pour aller chercher deux points supplĂ©mentaires au sommet de la cĂ´te de Nieul (km 190). C’est chose faite avec une deuxième place au sommet, derrière Cyril Gautier (BBO), qui a tentĂ© une sortie anticipĂ©e en solitaire. A 8 kilomètres de la ligne, Gautier s’accroche Ă  une quinzaine de secondes d’avance et table sur d’éventuelles hĂ©sitations de la part des Ă©quipes de sprinteurs. Mais les coureurs de la formation Saur-Sojasun ne tergiversent pas : Gautier est rĂ©intĂ©grĂ© Ă  4 km de la ligne.

Casper et T.Martin Ă  terre
Le sprint se prépare donc dans le final avec l’implication totale des coureurs de Saur-Sojasun. Mais dans le dernier kilomètre, une chute collective, dans laquelle sont notamment pris Jimmy Casper et Tony Martin, désorganise totalement la confrontation finale. Dans ce contexte de confusion, William Bonnet se précipite et remporte sa première victoire sur Paris-Nice, devant le benjamin du peloton, Peter Sagan. LL.Sanchez, qui s’est lui aussi extirpé de l’hécatombe, prend la troisième place et les trois secondes de bonification qui vont avec. Le tenant du titre prend également la troisième place du général, derrière Lars Boom, toujours maillot jaune, et Jens Voigt, deuxième.

 

William Bonnet : « La plus belle de ma carrière »

Il y avait beaucoup de tension dans le peloton à la fin de l’étape. Dans les derniers kilomètres, cela frottait beaucoup, car les Columbia essayaient de placer Greipel et les Liquigas travaillaient pour Chicchi. Au moment de la chute, j’étais plutôt bien placé, environ en 15ème position. J’ai réussi à éviter les coureurs qui sont tombés, et ensuite j’ai pris la bonne roue, celle de Luis Leon Sanchez. Il a attaqué à environ 400 mètres de la ligne, et sur la fin j’ai réussi à le passer. Les cent derniers mètres étaient très durs mais j’ai tout donné, je me suis accroché et ça a marché.
C’est la plus belle de ma carrière. Auparavant j’ai beaucoup travaillé pour Thor Hushovd à l’époque du Crédit Agricole, et depuis que je suis chez Bouygues Télécom j’ai plus de liberté pour jouer ma propre carte. Alors j’espère qu’il y en aura d’autres encore plus grandes. Mon prochain objectif, c’est de me montrer performant sur les prochains grands rendez-vous, Milan - San Remo, le Tour des Flandres et surtout Paris-Roubaix.

 

Les dépêches

16:19 - Le Top 5 de l’Ă©tape

1. William Bonnet (BBO)

2. Peter Sagan (LIQ)

3. Luis Leon Sanchez (GCE)

4. Mirko Lorenzetto (LAM)

5. Juan Jose Haedo (SAX)

16:18 - Dans la chute...

Jimmy Casper et Tony Martin notamment ont lourdement chuté

16:16 - Victoire de William Bonnet

Le coureur de Bbox Bouygues Télécom remporte sa première victoire sur Paris-Nice

16:16 - Chute

Dans le dernier kilomètre, plusieurs coureurs sont tombés, dont Casper

16:15 - Sous la Flamme Rouge

Saur-Sojasun mène toujours le peloton

 

L’œil du Blaireau

Chaque matin avant le départ, Bernard Hinault donne son sentiment sur les enjeux du jour, les coureurs à observer sur l’étape, etc.

Je trouve que l’opération menée par le collectif de Caisse d’Epargne s’est déclenchée un peu trop tard. Dans le contexte du jour, ils auraient vraiment pu frapper encore plus fort. Nous avons remarqué durant l’étape qu’à plusieurs reprises ils ont commencé à durcir le rythme. Et à chaque fois, l’élastique était au bord de la rupture. En insistant un peu, par exemple, à 50 kilomètres de l’arrivée, et en continuant leur effort, ils auraient pu creuser un écart de trois à quatre minutes. Car derrière, avec ce temps st sur ce type de routes, c’est très difficile de recoller.
Je ne crois pas que Contador manque de vigilance, mais je remarque qu’il est systĂ©matiquement mal Ă  l’aise avec les bordures. C’est peut-ĂŞtre son unique point faible. Dans ce domaine, il faut surtout que son Ă©quipe apprenne Ă  le protĂ©ger, car on pourrait très bien retrouver cette configuration sur le Tour, notamment en Hollande oĂą il y aura encore plus de vent. Mais avec le faible retard qu’il a, rien n’est perdu. Et sur les trois premiers jours, il peut y avoir des bordures Ă  n’importe quel moment. Alors demain, ce sera peut-ĂŞtre le contraire.