
Selon Laurent Bezault, la confrontation entre les meilleurs se jouera dans la dernière ascension© A.S.O.
En Corse, le triptyque de la route bénéficie d’un cadre sur-mesure. Le terrain se prête à une étape de côtes particulièrement sérieuse, qui a été avancée au premier jour par rapport aux éditions précédentes. Pour leur découverte de l’île (le peloton professionnel n’y est plus venu depuis le Tour de Corse 1982), les coureurs débuteront donc par une étape de 175 kilomètres partant de Porto-Vecchio et s’achevant sur la montée vers le Col de l’Ospedale. Laurent Bezault, qui s’est occupé de tracer et de reconnaître le parcours, livre les détails de cette étape exigeante.
La première étape du Critérium International propose une succession de montées d’un nouveau genre sur l’épreuve. Quel scénario peut-on attendre ?
D’habitude, la difficulté de l’étape tient à l’enchaînement des côtes. Cette fois-ci elles seront moins rapprochées, mais il s’agit de montées plus longues et quelquefois plus sèches. En ce sens, cela ressemble plutôt à une très belle étape de moyenne montagne sur le Tour de France, ou encore à une étape de fin de Paris-Nice, sur les reliefs de l’arrière-pays niçois et du Var. Sur le parcours corse, les difficultés commenceront réellement à partir de Propriano, en abordant la deuxième moitié de l’étape, où les coureurs évolueront sur des routes plus étroites et sinueuses. C’est à mon avis là que les attaques débuteront, et qu’il faudra se battre pour rester devant. Car l’explication entre les costauds du jour, ce sera dans la montée vers le col de l’Ospedale.
Cette ascension peut-elle donner lieu à une véritable bataille de grimpeurs ?
Il y a 14 kilomètres de montée, avec un dénivelé moyen de 6,2 %, c’est donc long et difficile. Si l’on prend comme référence le Tour de France, dans les Alpes l’ascension vers le col des Saisies (14,5 km à 5,1 %) est classée en première catégorie, tout comme celle vers le col d’Aspin dans les Pyrénées (12,3 km à 6,3 %). Avec l’Ospedale, nous sommes à peu près au même niveau de difficulté. J’imagine que cela ne suffira pas pour créer de gros écarts entre les tout meilleurs, mais sur le Critérium la gagne se joue à coup de secondes. A mon avis, il y aura une dizaine de coureurs qui se tiendront en trente secondes au sommet, ce qui laisse des possibilités pour les deux étapes du lendemain.
17 équipes ont été sélectionnées pour participer au Critérium International, qui se déroulera pour la première fois en Corse, avec trois étapes programmées les 27 et 28 mars prochain dans le sud de l’île, autour de Porto-Vecchio.
LES 17 ÉQUIPES INVITÉES
Espagne
Caisse d’Epargne (GCE)
Euskaltel - Euskadi (EUS)
Etats-Unis
BMC Racing Team (BMC)
Garmin-Transitions (GRM)
Team HTC-Columbia (THR)
Team Radioshack (RSH)
Grande-Bretagne
Team Sky (SKY)
France
AG2R La Mondiale (ALM)
Bbox Bouygues Telecom (BBO)
Cofidis, le Crédit en ligne (COF)
Française des Jeux (FDJ)
Saur-Sojasun (SAU)
Bretagne-Schuller (BSC)
Roubaix Lille Métropole (RLM)
Kazakhstan
Astana (AST)
Pays-Bas
Skil-Shimano (SKS)
Vacansoleil Pro Cycling Team (VAC)
C’est sur les routes corses que Gilbert Duclos-Lassalle a connu ses premiers succès© A.S.O.
Il y a 30 ans, Gilbert Duclos-Lassalle avait déjà ses habitudes sur le Tour de Corse, qui faisait partie du circuit des courses de début d’année auxquelles il participait au sein de sa première équipe professionnelle, Peugeot. Si le Tour de Corse, après quelques interruptions, existe toujours sur un format uniquement ouvert aux amateurs, le peloton de l’élite n’a plus fréquenté l’île de beauté depuis 1982. Le vainqueur de l’édition 1980 se souvient de la place que tenait cette course dans le calendrier, et du rôle qu’elle a joué dans sa carrière.
Quels sont vos plus anciens souvenirs du Tour de Corse ?
La première fois que je suis allé sur le Tour de Corse, c’était en 1978. A l’époque, nous débutions l’année sur la Côte d’Azur, avec le Grand Prix d’Antibes, le Tour Méditerranéen et le Tour du Haut-Var, puis nous allions faire le Tour de Corse pour finir la préparation qui nous menait à Paris-Nice. J’y ai remporté une étape dès 1978, et c’était d’ailleurs ma première victoire en tant que professionnel. J’y suis bien sûr retourné l’année suivante, où j’ai porté le maillot pendant trois jours sur quatre, avant de me faire déloger de la première place par Michel Laurent dans le dernier contre-la-montre.
La troisième tentative a finalement été la bonne…
Je savais que je marchais bien sur cette course, donc en 1980 j’ai tenté quelque chose dans la première étape. Nous étions dans une échappée de quatre coureurs, dont Jean-René Bernaudeau, et je me suis imposé dans le final. Ensuite, j’ai contrôlé la situation et j’ai gardé le maillot jusqu’au bout. Dans la foulée, j’ai gagné Paris-Nice, et je me suis classé deuxième de Paris-Roubaix ! On peut dire que la Corse a été le déclic de ma carrière. A partir de cette année-là, je faisais partie des coureurs qu’on reconnaissait et qu’on attendait sur le bord des routes.
Vous n’êtes pourtant pas parvenu à défendre votre titre…
En 1981, j’étais l’équipier de Stephen Roche, qui a gagné la course. Puis en 1982, nous étions opposés à Bernard Hinault, qui courait chez Renault, mais nous ne sommes pas parvenus à le contrôler. A l’époque c’était vraiment une course où les costauds se retrouvaient. Depuis, je n’y étais pas retourné, jusqu’à la récente présentation du Critérium International. J’ai pu observer que l’état des routes s’est nettement amélioré, car à l’époque il y avait des nids de poule. J’ai l’impression que l’étape du Col de l’Ospedale peut être spectaculaire. Les stratégies seront très différentes des éditions précédentes.
© A.S.O.
Le spectacle en trois actes qui se prépare dans l'extrême sud de la Corse les 27 et 28 mars prochains se dessine plus précisément avec l’annonce du parcours concocté pour les trois étapes du Critérium International.
Le relief de l’île, avec des montagnes qui se jettent dans la mer, se prête idéalement à la conception d’une étape de montagne mouvementée. Ce terrain de jeu d’exception a donné l’idée aux équipes d’organisation de modifier l’ordonnancement habituel de la course. L’étape en ligne de samedi, après le départ de Porto-Vecchio, donnera d’emblée des vertiges aux coureurs avec la montée vers le col de Parmentile, puis plus loin en direction du col de Bacinu. Surtout, c’est au sommet de l’ascension vers le col de l’Ospedale que sera jugée cette première arrivée, où un grimpeur pourrait prendre une option sur la victoire. Mais le lendemain matin, l’étape en boucle autour de Porto-Vecchio offre des possibilités à des attaquants vifs et résistants. Sur 75 km, un groupe d’échappés bien organisé peut piéger les meilleurs : une hésitation suffit. Il ne resterait alors que 7,7 km d’un contre-la-montre individuel particulièrement technique dans Porto-Vecchio pour changer la donne. Au cœur de ces débats, on pourrait alors retrouver Lance Armstrong, Cadel Evans ou le champion olympique Samuel Sanchez, déjà partants pour l’aventure corse. Côté français, David Moncoutié, Thomas Voeckler, Pierrick Fedrigo ou Clément Lhôtellerie ont aussi prévu d’y tenter leur chance.
Après 9 années passées à Charleville Mézières et sur les routes des Ardennes, le Critérium International s’installe à Porto-Vecchio en Corse en 2010.
Les détails de la 79ème édition du « triptyque de la route », qui se déroulera les 27 et 28 mars 2010, seront dévoilés à l’occasion d’une conférence de presse organisée début février.
A.S.O., organisateur de la course, tient par ailleurs à remercier chaleureusement le Conseil Général des Ardennes et la municipalité de Charleville Mézières qui leur ont fait confiance durant toutes ces années et se sont totalement investis à leurs côtés.
Avec cinq victoires (1999, 2004, 2007, 2008 et 2009), Jens Voigt s'empare du record de titres conquis sur l'épreuve.
Une fois de plus le grand Allemand de l’équipe Saxo Bank a été le plus fort sur les routes ardennaises. Pourtant, au départ contre-la-montre, rien n’était acquis, et ils étaient encore nombreux à prétendre à la victoire finale, tant les écarts étaient infimes après les deux premières étapes. Pas moins de 18 coureurs se tenaient en 12 secondes. Et parmi eux, plusieurs spécialistes patentés de l’effort solitaire, comme Coppel, Pate, Schleck ou encore Rabon.
Mais Jens Voigt est un peu chez lui à Charleville-Mézières. Au point de ne pas accepter qu’un autre coiffe « sa » couronne. Alors il s’est arraché pour conserver deux secondes d’avance sur Rabon et signer le cinquième temps de l’étape remportée par Tony Martin. En remportant cette cinquième victoire, Voigt devient du même coup recordman du nombre de titres sur l’épreuve.