Journal de l'étape

étape 14 - Colmar Besançon 199 km
samedi 18 juillet

Ivanov, huit ans après

Serguei IVANOV© A.S.O.

 

Avec un groupe de 12 attaquants dans l’échappée du jour, l’éventualité de voir un sprint massif dans les rues de Besançon s’est amoindrie au fil des kilomètres. Les équipes de sprinteurs s’étant résigné, la parole a été donnée aux échappés, qui se sont livrés une explication dans le final. L’attaque de Serguei Ivanov à 11 km de la ligne a été décisive. Déjà vainqueur sur le même modèle en 2001 à Aix-les-Bains, c’est cette fois vêtu du maillot de champion de Russie qu’il franchit la ligne d’arrivée à Besançon. Son compagnon d’échappée George Hincapie est passé tout près du hold-up pour le Maillot Jaune. Il se positionne finalement au 2ème rang du général, avec 5’’ de retard sur Nocentini.

Crevaison pour Voigt

14 coureurs se détachent du peloton au km 14. Parmi eux, Mark Cavendish comprend qu’il est indésirable, et quitte au km 18 le groupe dans lequel il reste Roulston (CTT), Voigt (SAX), Maaskant (GRM), Hincapie (THR), Roche (ALM), Bennati, Willems (LIQ), LeMevel (FDJ), Minard (COF), Righi (LAM), Ivanov (KAT), Ciolek (MRM) et Timmer (SKS). L’échappée connaît dans un premier temps des difficultés à progresser (25’’ d’avance au km 44) puis persuade le peloton à l’usure. Au moment où la situation se décante, les attaquants perdent sur crevaison un associé précieux en Jens Voigt, contraint à réintégrer le peloton au km 65.

Ecart maximal : 8’50’’

C’est donc Ă  12 que progresse l’échappĂ©e, qui obtient un avantage de 5’25’’ au km 75, soit exactement l’écart qui permettrait Ă  George Hincapie d’endosser le Maillot Jaune. Cette perspective ne semble pas inquiĂ©ter les coĂ©quipiers de Nocentini, ni les coureurs d’Astana, qui laissent l’écart s’accroĂ®tre jusqu’à 8’50’’ au km 120. Toutefois, au km 145, AG2R dĂ©cide de hausser sensiblement le rythme pour dĂ©fendre les intĂ©rĂŞts du Maillot Jaune italien, mais sans menacer l’échappĂ©e. A 25 km de l’arrivĂ©e, l’écart est d’ailleurs confortable pour les hommes de tĂŞte : 6’30’’.

Ivanov, Ă  11 km de la ligne

Malgré une accélération stérile d’Hincapie à distance (35 km), l’explication ne se précipite qu’à 13 kilomètres de la ligne, où Martin Maaskant déclenche une accélération. Parmi les répliques qui suivent, Ivanov se détache réellement à 11 km de l’arrivée. A 5 km du but, le Russe a déjà accompli l’essentiel du travail, avec 25’’ d’avance sur Roulston et Timmer, les deux plus ambitieux dans la poursuite. Solide rouleur, le champion de Russie résiste à la menace de ses poursuivants, et remporte en solitaire une deuxième victoire d’étape sur le Tour de France.

Nocentini, en jaune pour 5’’

Pendant ce temps, le peloton force l’allure sous l’impulsion d’AG2R pour tenter d’empĂŞcher George Hincapie de s’en emparer. La formation Columbia, tiraillĂ©e entre la possibilitĂ© de prendre des points pour le maillot vert que vise Cavendish, et l’éventualitĂ© d’un Maillot Jaune pour l’AmĂ©ricain, se presse doucement pour emmener le peloton dans le final. Sur la ligne, le verdict est pour le moins serrĂ© : le peloton est arrivĂ© avec 5’36’’ de retard sur Ivanov, et 5’20’’ sur Hincapie. Nocentini, qui est parti ce matin avec 5’25’’ d’avance sur l’AmĂ©ricain, garde la tĂŞte du classement gĂ©nĂ©ral. Et Cavendish, certes vainqueur du sprint pour la 13ème place, devra encore attendre. Premièrement parce que Hushovd n’avait pas quittĂ© sa roue, et ne perdait thĂ©oriquement qu’un point dans la bataille. Deuxièmement, parce que les commissaires de course ont jugĂ© son sprint irrĂ©gulier, et l’ont finalement dĂ©classĂ©, dans le temps du dernier groupe ayant franchi la ligne d’arrivĂ©e.