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Journal de l'étape

étape 6 - Sisteron Cannes 206 km
samedi 15 mars

Rebellin, Ă  tombeau ouvert

Il a fallu de l’audace et de la finesse tactique à Davide Rebellin pour organiser un hold-up dans l’avant-dernière étape, menant le peloton à Cannes. La montée vers le col du Tanneron est traditionnellement considérée comme une des dernières occasions de creuser des écarts sur Paris-Nice. Conscient des capacités du maillot jaune Robert Gesink en pente ascendante, Davide Rebellin a plutôt choisi de porter son offensive dans la descente vers la Croisette. Entouré d’une poignée de favoris, avec notamment Sanchez et Nocentini, Rebellin a surtout lâché le jeune Néerlandais et grignoté les secondes nécessaires à sa conquête du maillot jaune. Sylvain Chavanel, qui avait également réussi à intégrer ce groupe de descendeurs, a remporté dans les 500 derniers mètres sa première victoire d’étape dans la course au soleil.

Huit coureurs en tĂŞte
Si Le Boulanger (FDJ) et Edaleine (ALM) sont les premiers attaquants du jour, au km 10,5, l’offensive payante est menée un peu plus loin, au km 13,5, et implique huit coureurs. Kohl (GST), Kuschynski (LIQ), Julich, Sorensen (CSC), Sprick (BTL), Steegmans (QST), Ista (AGR), Lhotellerie (SKS), sont momentanément poursuivis par un contre attaquant, Sandy Casar (FDJ), mais ne semblent pas disposés à l’attendre. Il est repris par le peloton au km 36, alors que l’avantage des échappés est de 2’55’’.

Mission accomplie pour Lhotellerie
Parmi les échappés, Clément Lhotellerie a pour mission de s’assurer le maillot à pois. Passé en tête au col des Leques, au col de Luens puis au sommet de la côte du Mousteiret, il quitte le groupe de tête dans lequel il est finalement indésirable, en raison de sa position menaçante au classement général. C’est donc à sept coureurs que se poursuit l’échappée, qui continue de creuser l’écart jusqu’à 6’, au km 106.

Steegmans et Ista lâchent prise
Le passage à l’action des équipiers de la Lampre et de la Caisse d’Epargne annonce la réduction de l’avantage pour le groupe de tête qui n’a plus que 3’30’’ d’avance dans l’ascension vers le col de Bourigaille. C’est dans cette ascension que Steegmans et Ista lâchent prise, laissant donc cinq coureurs qui tentent de résister au retour du peloton. Au sommet, Kohl, Kuschynski, Sorensen, Julich et Sprick basculent avec 3’35’’ d’avance, mais ont encore 52 kilomètres à parcourir, avec l’ascension du col du Tanneron.

Attaque dans la descente
Dans l’ascension finale, le groupe se désintègre avec les attaques de Sorensen, rejoint par Sprick. C’est pourtant Julich qui franchit le col en tête, avec l’espoir d’aller chercher une victoire d’étape. Mais dans le groupe de tête, qui s’est réduit dans l’ascension à une vingtaine de coureurs, un coup se prépare. Rebellin plonge le premier dans la descente et lâche principalement le maillot jaune Robert Gesink. L’Italien, entouré de Sanchez, Nocentini, Cunego, Chavanel et Julich, mène ce petit groupe à un rythme effréné. A 5 km de l’arrivée, ils ont déjà 40’’ d’avance sur Gesink, dont la dégringolade au classemen t général ne fait que commencer. Dans les cinq derniers kilomètres, ce sont Nocentini mais aussi Popovych, qui s’est glissé dans un groupe d’intercalés, qui lui passent devant au classement général.

Chavanel saisit sa chance
Intéressé par la victoire d’étape, Sylvain Chavanel attend le meilleur moment pour surgir. Répondant à l’attaque de Luis Leon Sanchez sous la flamme rouge, le coureur français lâche ses derniers compagnons de route dans les 500 derniers mètres. Il remporte son premier succès dans la course au soleil, après avoir porté le maillot jaune à l’issue de l’étape de Saint-Etienne.

 

Davide Rebellin : « Je suis descendu Ă  bloc »

« Je connais très bien cette descente puisque je l’ai prise plusieurs fois. Je sais qu’elle est très dangereuse, mais je savais aussi que c’était la seule occasion de rattraper mon retard. Alors je suis descendu Ă  bloc. Maintenant je suis très bien placĂ© pour savoir qu’il faut que je fasse très attention dans la dernière Ă©tape, car je n’ai que 3’’ d’avance et c’est vraiment très peu. »

 

Sylvain Chavanel : « Cela fait plusieurs annĂ©es que je tournais autour »

« Cela fait plusieurs annĂ©es que je tournais autour de cette Ă©tape, mais Ă  chaque fois je me suis fait reprendre dans la descente. Cette fois-ci, je me suis vraiment bien senti, et nous formions un groupe très efficace avec notamment Cunego, qui a fait le plus gros morceau. Ensuite dans le final, quand Sanchez a attaquĂ© je suis allĂ© le chercher et c’est allĂ© au bout. C’est vraiment un bon Paris-Nice pour moi, avec le maillot jaune portĂ© pendant une journĂ©e, cette victoire Ă  Cannes et une place dans le Top 10 au gĂ©nĂ©ral. »

 

Les dépêches

16:47 - Le Top 5 de l’étape

1. Chavanel
2. Sanchez
3. Julich
4. Cunego
5. Rebellin

16:46 - Victoire de Chavanel

Après une attaque de Sanchez, c’est Sylvain Chavanel qui a contre-attaquĂ© puis s’est dĂ©tachĂ© dans les 500 derniers mètres.

16:45 - Sous la flamme rouge

Les hommes de tĂŞte progressent, la victoire d’Ă©tape va se jouer entre ces huit coureurs...

16:44 - 3 km de l’arrivĂ©e

L’Ă©cart est maintenant de 1’20’’ avec le maillot jaune, alors qu’un groupe avec Hushovd est intercalĂ©...

16:41 - 5 km de l’arrivĂ©e

Le groupe Rebellin continue de creuser l’Ă©cart : 40’’ d’avance sur le groupe maillot jaune...

 

L’œil du Blaireau

Chaque matin avant le départ, Bernard Hinault donne son sentiment sur les enjeux du jour, les coureurs à observer sur l’étape, etc.

L’étape d’hier était très intéressante, car c’est dans ce genre de configuration que le cyclisme est réellement un jeu de stratégie. Les équipiers de Rabobank ont joué avec les échappés, car ils savaient que Barredo n’était pas si dangereux pour le maillot jaune. Alors ils ont gardé un écart de deux à trois minutes avec le peloton.
Aujourd’hui il faudra encore regarder notre petit grimpeur, Clément Lhotellerie, qui a ajouté sept points à son total hier mais qui devra encore se méfier d’un éventuel hold-up sur le maillot à pois. Et pour la conquête du maillot jaune, ce qui s’est passé hier peut inciter d’autres prétendants à y aller. Les deux étapes qui restent à courir sont encore vallonnées, on peut donc y creuser des écarts. Pour Gesink, tous ceux qui sont à moins de deux minutes au général doivent être considérés comme potentiellement dangereux.