
Station du Mont Serein Mont Ventoux
176 km
jeudi 13 mars
Un combat des chefs était attendu dans la montée vers la station du Mont-Serein, sur les flancs du Mont Ventoux. Mais au milieu des favoris les plus en vue, c’est Robert Gesink qui s’est livré à une démonstration. Le jeune coureur de la formation Rabobank, qui avait discrètement tenu le rythme des meilleurs depuis le début de la course, a lâché tous les grimpeurs dans l’ascension finale, sauf Cadel Evans, qui est parvenu à remporter l’étape dans les cinquante derniers mètres. Gesink s’empare toutefois du maillot jaune, que Sylvain Chavanel a perdu dans les sept derniers kilomètres.
Une sortie Ă quatre
Après quelques tentatives infructueuses, quatre coureurs sortent du peloton au km 11. Eisel (Aut – THR), Terpstra (Hol – MRM) et Kuschynski (Blr – LIQ) ont le bonheur de partager leur échappée avec Jens Voigt (All – CSC), réputé pour son efficacité et son application dans ce type de situation. Bien que Sylvain Chavanel et ses coéquipiers veillent à maintenir une distance raisonnable entre le peloton et les échappés, l’écart s’accroît tout de même progressivement. Au sommet de la côte de Puy-Saint-Martin, le peloton est enregistré avec un retard de 3’30’’, puis 5’20’’ au sommet de la côte de Bordeaux, et un maximum de 7’15’’ au km 75.
Voigt en solo
Conscients que l’explication entre les leaders doit avoir lieu dans la montĂ©e vers la station de Mont Serein, leurs Ă©quipiers patientent avant de passer Ă l’action. C’est donc surtout dans les trente derniers kilomètres de l’étape que la poursuite s’agite. Jens Voigt choisit de prendre son destin en mains dès les premières pentes de l’ascension finale et lâche facilement ses compagnons d’échappĂ©e, après presque 150 kilomètres passĂ©s ensemble.
Une première sélection
Pendant que Voigt se concentre sur la mission qu’il s’est fixée, les premiers kilomètres de montée opèrent une première sélection : le peloton principal ne comprend plus qu’un quarantaine de coureurs à 10 km de l’arrivée. Avec 2’30’’ d’avance, l’Allemand doit commencer à croire en ses chances de victoire.
Chavanel lâche prise à 7 km
Dans le groupe des favoris, les principaux intéressés par la victoire finale semblent repousser le moment de l’attaque décisive. C’est à 7 km de l’arrivée que le rythme s’accélère brutalement. C’est là que le porteur du maillot jaune, Sylvain Chavanel, lâche prise. La sélection est impitoyable dans les cinq derniers kilomètres, y compris pour les meilleurs grimpeurs. A quatre kilomètres de l’arrivée, c’est-à -dire à l’endroit où les espoirs de Voigt sont anéantis, il n’y a plus que quatre coureurs en tête de course : Cadel Evans (Aus – SIL), Yaroslav Popovych (Ukr – SIL), Robert Gesink (Hol – RAB) et Franck Schleck (Lux – CSC). Les accélérations répétées de Gesink font céder Schleck, puis Popovych à 3 km de la ligne. C’est donc avec Evans que se joue la victoire d’étape. L’Australien, qui n’a plus d’intérêt au classement général, reste dans la roue de Gesink, qu’il passe dans les cinquante derniers kilomètres. Quant au jeune néerlandais, il domine le classement général avec 32’’ d’avance sur Rebellin, 35’’ sur Nocentini.
J’ai beaucoup espéré pour obtenir cela, et avec mon équipe nous avons travaillé très dur. J’ai été vraiment bon aujourd’hui, car les longues montées comme celle-là me conviennent bien, j’arrive à tenir un bon rythme longtemps. Une fois que j’ai vu que Popovych avait été lâché, je n’ai plus pensé qu’à filer le plus vite possible jusqu’à l’arrivée. Je suis vraiment heureux d’avoir pris ce maillot jaune, même si Cadel Evans ne m’a pas laissé la victoire d’étape. C’est le cyclisme. Maintenant je vais essayer de le garder jusqu’au bout, et je ne doute pas que nous allons y arriver.
« C’est toujours une très bonne course quand on gagne ! Mais avant tout, mon but Ă©tait d’aider Yaroslav Popovych pour qu’il reste le mieux classĂ© possible au gĂ©nĂ©ral. En ce moment tout le monde m’observe parce que j’ai terminĂ© deuxième du Tour de France, mais l’objectif principal, c’est avant tout de faire le plein de confiance pour toute l’équipe en vue du mois de juillet. Maintenant j’ai fait mon boulot, mais je vais continuer d’aider Popovych car il a encore des chances d’aller chercher un très bon rĂ©sultat sur ce Paris-Nice. »
1. Evans
2. Gesink
3. Nocentini
4. Rebellin
5. Schleck
L’Australien a passĂ© Gesink dans les 50 derniers mètres
Gesink et Evans, qui ont terminĂ© l’ascension, vont se disputer la victoire d’Ă©tape...
Gesink mène l’allure, il est uniquement suivi de Cadel Evans...
A 3 km de l’arrivĂ©e, il n’y a plus que Gesink et Evans en tĂŞte, Popovych perd du terrain...
Chaque matin avant le départ, Bernard Hinault donne son sentiment sur les enjeux du jour, les coureurs à observer sur l’étape, etc.
Je me suis régalé de voir à nouveau des coureurs de tempérament sur l’étape d’hier. Après Hupond, c’est Lhotellerie qui a assuré le spectacle. L’équipe Skil-Shimano est vraiment présente, c’est ce que j’aime. Mais pourquoi ces deux coureurs français ne sont pas dans une équipe française ?
Concernant Sylvain Chavanel, il nous fait plaisir ces jours-ci. Ce que je trouve dommage, c’est qu’il ne prenne confiance qu’à 27 ans, il a certainement laissé passer deux très bonnes années. Aujourd’hui nous allons voir s’il est le patron de la course, puisque la montée vers le Ventoux est un moment clé de la course. Ce n’est pas à lui d’attaquer, il va devoir maîtriser ses adversaires et rester vigilant. Il a environ une dizaine de rivaux à surveiller. C’est très délicat, car un pur grimpeur peut très bien attaquer dès les premières pentes et creuser des écarts importants à l’arrivée.