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Journal de l'étape

étape 3 - Fleurie Saint-Étienne 165.5 km
mercredi 12 mars

Carlström jusqu’au bout, Chavanel en jaune

En quittant le peloton au km 8, le trio composĂ© de Bradley McGee, Kjell Carlström et ClĂ©ment Lhotellerie a pariĂ© gros. Les Ă©chappĂ©s du jour, qui ont creusĂ© l’écart jusqu’à 12’40’’, ont ensuite continuĂ© leurs efforts malgrĂ© le rapprochement du peloton. Durant l’enchaĂ®nement des ascensions, dans les 80 derniers kilomètres, les aventuriers ont rĂ©sistĂ© au retour des favoris de la course, qui ne sont pas rĂ©ellement parvenus Ă  se dĂ©partager au Col de la Croix de Chaubouret. En revanche, l’avance de Carlström et Lhotellerie « Ă  la bascule » a Ă©tĂ© suffisante pour aller chercher une victoire d’étape. Carlström, qui a manĹ“uvrĂ© plus subtilement dans l’explication finale, devient le premier vainqueur d’étape finlandais sur Paris-Nice. Lhotellerie se contente de la conquĂŞte du maillot Ă  pois, tandis que Sylvain Chavanel s’empare du maillot jaune avec une courte avance sur Karsten Kroon.

Trois hommes s’échappent
De nombreux coureurs sont volontaires pour une échappée au départ de l’étape. Freddy Bichot se déclare le premier, mais réintègre rapidement le peloton. Juste après, la formation d’un groupe d’une douzaine de coureurs provoque la réaction immédiate des équipiers de Cofidis, qui rétablissent la situation. Au kilomètre 8, le trio composé de Kjell Carlström (Fin – LIQ), Bradley McGee (Aus – CSC) et Clément Lhotellerie (Fra – SKS) éveille moins de soupçons. Après 20 kilomètres passés en tête, leur avance est de 11’30’’, et grimpe même jusqu’à 12’40’’ au kilomètre 31.

Sous contrĂ´le ?
Plusieurs équipes, notamment Caisse d’Epargne, Silence-Lotto et Gerolsteiner, s’appliquent à donner un peu de rythme au peloton afin de maintenir les échappés sous contrôle. Ils prennent garde à stabiliser l’écart autour de huit minutes, à partir du kilomètre 55. Les hommes de tête bénéficient de la clémence du peloton pendant les ascensions des côtes de Plantigny, de Saint-Martin-en-Haut, de l’Aubépin puis de la Croix-Blanche. En passant systématiquement en tête, Clément Lhotellerie subtilise le maillot à pois à son coéquipier Thierry Hupond.

Moreau attaque de loin
Derrière les échappés, Christophe Moreau lance les hostilités dans la côte de la Croix-Blanche. Mais c’est surtout dans la descente consécutive que se dessine un petit groupe de neuf coureurs, en position de premiers poursuiteurs. A Saint-Chamond, où est disputé un sprint intermédiaire en hommage à Andrei Kivilev, décédé en course il y a précisément cinq ans, ce sont donc Losada Alguacil, Cunego, Franzoi, Popovych, Hushovd, Monfort, Barredo, Moreau, et Lequattre qui tentent une percée.

Cunego et Chavanel à l’offensive
Dans les premières pentes vers le col de la Croix de Chaubouret, le groupe perd rapidement de l’épaisseur, jusqu’à fusionner malgrĂ© lui avec un petit peloton oĂą se trouvent Rebellin et plusieurs autres favoris de la course. A la faveur d’une nouvelle offensive, un nouveau groupe de contre-attaquants se forme Ă  mi-ascension, avec Chavanel, Cunego et Kreuziger. Mais les trois associĂ©s de circonstance ne parviennent ni Ă  lâcher significativement le groupe Rebellin, ni Ă  reprendre les hommes de tĂŞte, qui ne sont plus que deux : Lhotellerie et Carlström.

Carlström la joue tactique
Le duo, qui a su rĂ©sister au retour des favoris, bascule Ă  18,5 km de l’arrivĂ©e avec une avance de 1’40’’ sur ses poursuivants. La course poursuite manque de dĂ©termination, ce qui fait les affaires de Carlström et Lhotellerie, qui conservent plus d’une minute d’avance Ă  deux kilomètres de la ligne. A partir de ce moment, le Finlandais choisit de rester dans la roue de Lhotellerie, puis passe son compagnon-rival dans les 150 derniers mètres. Sylvain Chavanel est rĂ©compensĂ© de ses multiples efforts en rejoignant la ligne 43’’ plus tard : il hĂ©rite du maillot jaune. Il est le premier français en tĂŞte de Paris-Nice depuis Didier Rous en 2002.

 

Sylvain Chavanel : « Je savoure ce maillot jaune »

« Je n’avais pas de très bonnes sensations en dĂ©but d’Ă©tape, mais ensuite je me suis très bien senti, spĂ©cialement dans la dernière montĂ©e. C’est pour cela que j’ai attaquĂ© et que je me suis retrouvĂ© avec Cunego. Nous avons d’ailleurs très bien gĂ©rĂ© l’ascension ensemble, mais l’arrivĂ©e Ă©tait bien trop loin du sommet pour espĂ©rer conclure. En tout cas je savoure ce maillot jaune, que j’espère bien garder le plus longtemps possible. Je sais que je suis capable de gagner Paris-Nice et c’est pour cela que je vais faire la course maintenant. Nous avons l’équipe qui peut permettre d’y arriver. Je crois que nous Ă©tions les seuls Ă  rouler Ă  trois de la mĂŞme Ă©quipe dans le groupe sur la fin de l’étape »

 

Kjell Carlström : « J’ai essayĂ© de rester calme »

Pendant toute la première partie de l’étape, nous n’avons pas trop forcé car il n’y avait pas vraiment de menace. Ensuite, à 70 km de l’arrivée, l’enchaînement des montées à commencé et il a fallu s’accrocher. Dans la dernière ascension, Lhotellerie a attaqué à plusieurs reprises, et j’étais plutôt mal à l’aise car je me sentais épuisé. Mais j’ai essayé de rester calme et de suivre au maximum sa roue. Dans la descente, j’ai commencé à reprendre mes forces et à penser au sprint final. Je savais que la meilleure façon de gagner, c’était de rester derrière lui, ce qui était plutôt logique puisqu’il ne m’avait pas fait de cadeaux dans la montée.

 

Les dépêches

16:30 - Le Top 5 de l’Ă©tape

1. Carlström
2. Lhotellerie
3. Rolland
4. Rebellin
5. Kreuziger

16:29 - Victoire de Carlström

Le coureur finlandais est restĂ© derrière Lhotellerie jusqu’aux 150 derniers mètres, avant de passer Lhotellerie.

16:27 - Sous la flamme rouge

Carlström ne prend plus de relais. Le dernier écart enregistré est toujours supérieur à une minute...

16:26 - 2 km de l’arrivĂ©e

Lhotellerie et Carlström poursuivent toujours leur route sans se retourner...

16:25 - Plus que 4 km jusqu’Ă  la ligne

L’Ă©cart en faveur de Lhotellerie et Carlström est toujours de 1’05’’

 

L’analyse de Bernard Hinault

Chaque matin avant le départ, Bernard Hinault donne son sentiment sur les enjeux du jour, les coureurs à observer sur l’étape, etc.

Dans ce Paris-Nice, les conditions climatiques jouent le rôle d’arbitre. Sur chaque étape, à partir du moment où l’on rentre vraiment dans l’action, il y a des chutes car les coureurs sont très nerveux, la chaussée est glissante, etc. Comme plusieurs favoris se retrouvent piégés et retardés par ces chutes, on assiste à une course par élimination. Aujourd’hui on nous annonce des conditions encore difficiles, alors on peut s’attendre à un scénario identique. La différence, c’est que les 80 derniers kilomètres sont beaucoup plus difficiles, particulièrement la montée vers le col de la Croix de Chaubouret. Je pense que si un coureur bascule avec plus de trente secondes d’avance, à condition qu’il ne soit pas usé mentalement, peut gagner l’étape à Saint-Etienne. Je regarderai si Sylvain Chavanel essaye quelque chose demain, car je le trouve en forme en ce moment. Je ne l’ai jamais vu aussi présent, et il est toujours parmi ceux qui peuvent jouer quelque chose au classement général.