
Canterbury
203 km
dimanche 8 juillet
Le sprinteur australien remporte à Canterbury sa douzième victoire d’étape sur le Tour de France, à l’issue d’un scénario de course annonçant une arrivée massive au sprint. Si les coureurs de Predictor-Lotto ont largement contribué à la poursuite de l’échappée du jour, dans laquelle se sont illustrés à divers titres David Millar et Stéphane Augé, les chances de McEwen étaient pourtant maigres à une quinzaine de kilomètres de l’arrivée. Victime d’une chute, il a dû remonter tout le peloton pour refaire son apparition en tête du peloton à moins de 100 m de l’arrivée. L’Australien a une nouvelle fois fait jouer sa redoutable accélération finale. Deux Français, novices sur le Tour, Sébastien Chavanel et Romain Feillu, terminent en 4ème et 5ème position.
Millar en solo
Stéphane Augé (Fra – COF) se signale immédiatement après le départ réel, donné sur la ligne du méridien de Greenwich. Mais ce premier effort reste vain. Au kilomètre 6,5, Andriy Grivko (Ukr – MRM) lance un autre mouvement qui inspire plusieurs coureurs, dont David Millar (Gbr – SDV). L’Ecossais prend ensuite son destin en mains et part en solitaire. Un groupe de quatre poursuivants se forme derrière lui, avec Stéphane Augé (Fra – COF), Freddy Bichot (Fra – AGR), Grivko (Ukr – MRM) et Kuschynski (Blr – LIQ). Millar semble toutefois prolonger le contre-la-montre de la veille, parcourant même plus de 47 kilomètres dans la première heure.
Millar prend les points
C’est peu avant le cinquantième kilomètre de course que Millar choisit d’attendre du renfort pour continuer l’échappée. C’est donc à cinq que les leaders de l’étape travaillent, portant même l’écart de 5’35’’ enregistré au moment de la jonction à plus de six minutes au km 110. Si le partage des responsabilités est plutôt équitable au sein du quinté de tête, Millar ne cède pas facilement les points en jeu sur les routes du Kent : il passe en tête sur le sprint intermédiaire de Teston, puis au sommet de la côte de Southborough.
Augé privé de pois
Dans l’ascension suivante, Freddy Bichot, conscient de l’appétit de Millar, mais aussi d’Augé, quitte ses compagnons à un kilomètre de la ligne et empoche les points. Les stratégies pour la conquête des classements annexes perturbent la bonne collaboration de l’échappée, déjà menacée à 60 km de l’arrivée par l’organisation d’une poursuite dans le peloton. Avec le renfort des coureurs de Crédit Agricole, Quick Step et Predictor-Lotto, qui s’associent aux équipiers du Maillot Jaune, l’écart tombe à 2’30’’. La menace est suffisamment précise pour semer le trouble : après une première attaque de Bichot (km 145), c’est un trio qui se forme pour faire de la résistance, avec Augé et Kuschynski. Mais à 30 km de l’arrivée, ils n’ont plus que 30’’ d’avance. Stéphane Augé décide de partir seul à la chasse des derniers points du jour. Il y parvient, mais le passage en deuxième position de Millar, emmené par ses coéquipiers, ramène les deux rivaux à égalité. Le Britannique étant mieux classé au général, c’est lui qui endosse les pois.
McEwen toujours explosif
La sélection pour le sprint final semble se jouer bien avant, puisque McEwen sur une chute, puis Cavendish pour des problèmes mécaniques, se retrouvent reléqués en queue de peloton alors que l’emballage final se prépare. Avec en tête les armadas traditionnelles de Quick Step pour Boonen, de Milram pour Zabel et de Lampre pour Bennati, le peloton déboule dans les rues de Canterbury. Le Sud-Africain Robert Hunter tente une accélération à 400 m de la ligne : trop tôt. Robbie McEwen, qui s’était fait oublier dans le final, réapparaît à moins de 100 m de la ligne : son explosivité n’a pas été atteinte par les péripéties de la course, il coiffe tout le monde sur la ligne. Sebastien Chavanel et Romain Feillu, finissent en beauté leur première étape en ligne sur le Tour, respectivement en 4ème et 5ème position.
Le jeune russe, classé cinquième du prologue hier, est arrivé dans le peloton et reste en tête du classement spécifique.
« C’était une journée plutôt tranquille, bien qu’il y ait eu un peu de stress dans les 30 derniers kilomètres, mais rien de grave. Sur les routes un peu étroites, il faut se bagarrer un peu pour sa position, mais je m’en suis bien sorti. J’espère rester en blanc le plus longtemps possible, et je pense que dans la montagne, je serai capable de le garder, bien que ce soit difficile ».
A égalité de points au classement des grimpeurs avec David Millar, Stéphane Augé cède le maillot à pois à l’Ecossais à cause de sa position au général. Déjà privé de maillot dans les mêmes circonstances en 2003, il remporte aujourd’hui le prix de la combativité.
J’avais déjà eu cette mésaventure en 2003, alors qu’un autre coureur était à égalité de points avec moi, et avait endossé le maillot grâce à un point de règlement. J’ai l’impression que ce maillot ne veut pas me sourire. Je suis déçu car je sais que je ne pourrai pas aller chercher ce maillot en haut des cols. Je crois que j’ai peut-être loupé ma chance sur la première côte, où j’étais trop loin dans le sprint. J’attendais un peu plus de cette journée, mais j’ai fait ce que je pouvais. Finalement, il me reste 20 étapes pour essayer de refaire d’autres petits numéros.
Les coéquipiers de Fabian Cancellara l’ont aide à maintenir à distance raisonnable une échappée de cinq coureurs. Le Suisse conserve son maillot jaune avant de revenir sur le continent.
« C’était une journée incroyable et excitante. Il y avait constamment des milliers et des milliers de personnes au bord de la route, c’était un tunnel d’encouragements. Ce départ du Tour a été magnifique. J’espère qu’à notre retour en France, j’aurai autant de soutien que ce que j’ai eu ici pendant ces deux jours.
Cela n’a pas té une journée si difficile pour moi, puisque mon équipe a ait le travail nécessaire pour que je puisse garder le maillot jaune. Pour moi, maintenant il est important de récupérer le plus vite possible. J’ai toujours le maillot… et demain nous allons à nouveau essayer de faire le maximum pour le garder »
Après une chute à 23 km de l’arrivée, le sprinteur australien a bénéficié de l’aide de ses coéquipiers pour revenir en tête du peloton. Vainqueur à l’arrivée après un retour inattendu, il égale Erik Zabel dans le classement de plus gros vainqueurs d’étapes sur le Tour avec douze étapes.
J’ai tout donné pour réussir à me placer dans le derniers 200 m, et il semble que cela a fonctionné. J’ai été poussé par ma frustration et ma rage, avec la conviction que je n’avais vraiment plus rien à perdre.
Il est difficile de classer les victoires, mais celle-ci est vraiment spéciale. Bien qu’elles se jouent toutes dans des circonstances différentes, elle me semble un peu à part. Si vous avez vu à la télévision ce qu’ont fait mes coéquipiers Vansevenant et Van Summeren pour me ramener dans le peloton après ma chute, vous avez vu que cela a pris beaucoup de temps. Car c’est exactement le moment où tout s’est accéléré devant. Je ne pense pas que ce soit une coïncidence !
En tout cas c’est incroyable de voir comment travaillent mes équipiers dans ce genre de situations. Gagner ici, c’est la meilleure façon de leur rendre ce qu’ils donnent pour moi.
1. McEwen
2. Hushovd
3. Boonen
4. Seb. Chavanel
5. Feillu
Hunter a attaqué le premier, à 400 m de l’arrivée, mais McEwen a surgi à 100 m de la ligne. Il coiffe tout le monde sur la ligne...
Même sans Petacchi, la Milram travaille... pour Zabel. Boonen est également avec Bennati...
Boonen est protégé derrière trois de ses coéquipiers, en tête de course...
Le sprint se prépare, avec également les coéquipiers d’Haussler chez Gerolsteiner...