Tous les classements
| 1 | Frédéric GUESDON |
| 2 | Kurt-Asle ARVESEN |
| 3 | Stuart O’GRADY |
| 4 | Thor HUSHOVD |
| 5 | Alexandre USOV |
| » le classement complet |
Liste des partants | Itinéraires horaires
![]() |
|
![]() |
|
![]() |
|




La course
dimanche 8 octobre 2006Saint-Arnoult-en-Yvelines > Tours - 254.5 km
Frédéric Guesdon enlève la centième
Le dernier vainqueur français de Paris – Roubaix ajoute à près de 35 ans une nouvelle ligne glorieuse à son palmarès en s’imposant dans Paris – Tours sur un scénario totalement atypique. L’échappée matinale, menée par 28 coureurs, pouvait sembler condamnée par le retour du peloton. Mais une contre-attaque dans laquelle 45 coureurs étaient impliqués a changé la donne de la course. Boonen et Zabel, piégés dans un groupe qui comptait près de douze minutes de retard au ravitaillement, ont mis pied à terre à mi-parcours avec leurs compagnons de route. Dans une dernière partie de course où les attaquants se sont sentis des ailes, Guesdon a porté son offensive dans la côte de l’Epan, malgré la menace d’un retour du peloton. Il a ensuite dû devancer son dernier compagnon d’échappée, l’ancien champion du monde espoirs Kurt-Asle Arvesen, pour aller chercher au sprint une des plus belles victoires de sa carrière. O’Grady remporte le sprint pour la troisième place.
le film de l'étape
Paris – Tours : 254,5 km
Temps doux et ensoleillé tout au long de la journée
196 coureurs au départ, aucun non-partant
Départ réel donné à 11h16
Premières attaques
Lars Michaelsen (CSC), Sebastian Lang (GST), Olaf Pollack (TMO) et Cobo Acebo (SDV) sont les premiers à tenter leur chance, après 4,5 km de course. Ils sont dans un premier temps rejoints par Enrico Franzoi (LAM) et Maarten Tjallingii (SKS), puis le peloton met fin à cette petite aventure au km 10. Le mouvement décisif est initié trois kilomètres plus loin par Kurt-Asle Arvesen (CSC), Frédéric Finot (FDJ) et Stéphane Poulhies (AG2R), qui inspirent beaucoup de candidats.
Un groupe de 28 coureurs
Le groupe s’étoffe en plusieurs temps, avec le renfort presque immédiat de trois coureurs, la jonction d’une contre-attaque de 16 autres au km 16,5, puis l’arrivée de six nouveaux éléments au km 24. Ils sont donc 28 à former l’attaque du jour : Siedler (MRM), Arvesen, Klostergaard (CSC), Brown, Horillo (RAB), Gusev (DSC), Franzoi, Napolitano (LAM), Vitoria (PHO), Wrolich (GST), Paolini, Da Dalto, Gasparotto (LIQ), Isasi (EUS), De Jongh, Van Impe (QST), Moreni, Farrar (COF), Kuyckx (DVL), Poulhies (AG2R), Le Boulanger (BTL), Finot, Guesdon (FDJ), Amorison (LAN), Meschenmoser, Tjallingii (SKS), Abellan, De Kort (AWT).
Boonen et Zabel piégés
Après avoir perdu Vladimir Gusev en route, le groupe entretient son avantage sur le peloton, mais ne s’éloigne pas à plus de 2’30’’ (km 83). Les équipiers de Discovery Channel se décident alors à accélérer la cadence et provoquent une cassure multiple au sein du peloton. Piégés, Boonen et Zabel sont distancés, tandis qu’Hushovd, O’Grady, Pozzato, Gilbert, Geslin, Voeckler et Kirsipuu restent dans le bon groupe. Sous la menace, les échappés redoublent d’efforts et creusent l’avantage sur leurs 44 premiers poursuivants : 3’40’’ au km 121, alors que la situation devient critique pour les compagnons de route de Boonen, qui pointent à près de onze minutes et continuent de perdre pied.
Abandon massif !
Conscients de la difficulté à revenir sur un groupe aussi étoffé et lancé à pleine allure, les attardés cessent la poursuite et adoptent une attitude défaitiste. Dans la zone de ravitaillement, ils se résignent à un abandon massif. Au kilomètre 150, il reste donc 72 coureurs en course, répartis en deux groupes qui semblent appelés à fusionner. Mais au kilomètre 198, alors que l’écart n’est plus que de 1’40’’, les attaquants du jour tiennent à profiter de l’opportunité. Abellan lance les hostilités, mais l’offensive la plus convaincante est menée par Frédéric Guesdon. Il s’éloigne dans un premier temps avec Moreni, puis est rejoint par Van Impe, Gasparotto et Arvesen.
Lampre travaille pour un sprint
Le quinté de tête travaille efficacement puisqu’à 30 km de la ligne, il dispose d’une petite marge de 40’’ sur un groupe de poursuivants réduit à dix unités. Pendant ce temps, le peloton a repris son activité et fond progressivement sur les intercalés. Au km 230, il ne reste plus que cinq coureurs en tête, avec un peloton que les équipiers de la formation Lampre veulent mener à un sprint final. A 15 km de l’arrivée, Van Impe a réintégré le peloton et le retard sur le peloton n’est plus que de 15’’.
Le duel Guesdon - Arvesen
Frédéric Guesdon profite de la Côte de l’Epan pour accélérer mais les huit kilomètres qui restent à parcourir promettent une poursuite intense. Il bénéficie de la compagnie de Kurt-Asle Arvesen, avec qui il entretient un maigre avantage : à 4 km de la ligne, ils n’ont que 20’’ d’avance, et la marge se réduit à 11’’ à 2 km de la ligne. Sous la flamme rouge, Guesdon pense déjà au duel qui l’attend avec Arvesen. Il se cacha dans la roue de son rival et surgit dans les deux cents derniers mètres. Derrière, O’Grady remporte le sprint pour la troisième place.
L'interview du vainqueur
Frédéric Guesdon
C’est la conclusion en beauté d’une fin de saison réussie…
A mon âge, il faut savoir organiser son année et économiser son énergie. Il y a quelques semaines, mon équipe voulait m’envoyer à la Vuelta car je commençais à être en forme, mais je me suis battu pour ne pas y aller et j’ai eu raison. Après Paris-Bourges, où je me suis contenté de travailler pour les autres, j’ai dit à mes copains que j’allais être en forme dimanche. Cela a marché.
De plus vous n’êtes pas un habitué de ce genre de sprints en tête-à -tête…
Non, c’était même une première pour moi. C’est une belle revanche pour moi et toute l’équipe, car je me rappelle que Jacky Durand avait été battu par Piil en 2002, et que Philippe Gilbert avait lui aussi échoué de peu l’année dernière. J’étais vraiment motivé pour ce final.
Quand avez-vous entrevu la victoire ?
Je me suis dit que Paris-Tours se jouait quelquefois dans le final et ces dernières côtes qui peuvent aider à faire la différence. J’ai pensé à Jacky Durand et à Richard Virenque, qui y sont arrivés. Alors je me suis dit que moi aussi je pouvais le faire. Ensuite, j’ai vu qu’Arvesen m’accompagnait, et qu’il était décidé à travailler sans calculer pour y arriver, alors nous ne nous sommes pas retournés. A la flamme rouge, nous avons compris que la victoire était pour un de nous deux, puis nous avons joué cela en face-à -face.
Les dépêches




