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La dernière folie du sport cycliste
Cette formule de Jacques Goddet définit parfaitement le caractère épique et impitoyable de Paris-Roubaix, classique plus que centenaire qui perpétue les traditions profondes du cyclisme et le souvenir de l'époque héroïque, tout en offrant l'image d'une course moderne.
Créée en 1896 par deux industriels roubaisiens du textile, Théo Vienne et Maurice Perez, Paris-Roubaix est une épreuve de référence en raison de ses critères rigoureux et de sa forte personnalité. Elle soumet les hommes et les matériels à des tests de résistance exceptionnels, sur un terrain qui se prête aux exploits légendaires.
Les pavés de « l'enfer du Nord » constituent des difficultés spécifiques, au même titre que les cols de haute montagne du Tour de France. Cette compétition d'endurance n'exclut cependant pas la vélocité : le Néerlandais Peter Post détient depuis 1964 le record de la moyenne (45,129 km/h).
Au fil du temps, Paris-Roubaix a modifié ses itinéraires
L'amélioration des routes et la disparition progressive de certaines zones pavées ont obligé les organisateurs à rechercher de nouveaux « no man's land ». Le parcours s'est déplacé vers l'est, en direction de Valenciennes. Mais la « Reine des Classiques » a su préserver son esprit, son style et ses points stratégiques : hier la côte de Doullens, Arras, Carvin et le célèbre virage de Wattignies ; aujourd'hui la tranchée de Wallers-Arenberg, Mons-en-Pévèle et le carrefour de l'Arbre.
L'extrême sévérité du parcours divise l'opinion
Pour les uns, elle correspond aux véritables exigences du cyclisme. Pourtant, quelles que soient ses difficultés, « le haut du pavé se retrouve toujours sur les pavés du haut » ainsi que l'écrivait Antoine Blondin. Le palmarès en témoigne : il réunit les plus grands champions, au nombre desquels Maurice Garin, André Leducq, Rik Van Steenbergen, Fausto Coppi, Louison Bobbet, Eddy Merckx et Bernard Hinault.
Paris-Roubaix s'est longtemps déroulé sous le signe d'un duel franco-belge
Les Belges détiennent le record des victoires : 47 contre 30 aux Français. Le succès de Jules Rossi en 1937 et surtout celui de Coppi en 1950 ont ouvert la voie aux Italiens qui, de Francesco Moser à Franco Ballerini et Andrea Tafi, ont multiplié les coups d'éclat au cours des dernières décennies. Roger De Vlaeminck, avec quatre victoires, symbolise néanmoins la supériorité d'ensemble des coureurs belges : il précède Octave Lapize, Gaston Rebry, Rik Van Looy, Eddy Merckx et Francesco Moser, qui totalisent trois victoires chacun.
Malgré des conditions de course souvent difficiles (vent, pluie, boue), celui qui gagne Paris-Roubaix est assuré de se faire une place au soleil dans la longue histoire du cyclisme
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