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| Dimanche 2 novembre 2003 |
| Étape 5 | Orodara > Bobo-Dioulasso - 133 km |
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| Van Agtmaal se balade dans les rues de Bobo Dioulasso |
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On attendait les Africains et tout particulièrement les Burkinabè au matin de cette cinquième étape, car leur montée en puissance depuis le début du Tour est réelle et qu’ils avaient très envie de ravir l’exigeant public de Bobo Dioulasso, traditionnellement très chaleureux et quelque peu chauvin. Peine perdue ! Les coureurs locaux ont une fois encore trouvé leur maître, en la personne du Belge Peter Van Agtmaal, qui s’est extirpé d’un groupe d’échappés dans les derniers kilomètres du circuit tracé en plein cœur de la ville, pour s’imposer en solitaire. Un final en apothéose qui ne change rien au classement général et aux différents classements annexes. |
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Une grande première pour Orodara Le départ de la 5e étape du 17e Tour du Faso, Orodara – Bobo Dioulasso (133 km), a été donné ce matin à 8h42 à un peloton composé de 79 coureurs (aucun non partant). La région d’Orodara, qui accueillait pour la première fois le Tour du Faso, offrit ses sublimes paysages au peloton, qui semblait lézarder en ce début d’étape ; un répit qui dura ce que durent les fleurs de coton, l’espace d’un instant. Le temps pour une dizaine hommes de prendre la poudre d’escampette et de mener la vie dure au peloton. Ce groupe, composé des dossards n° 12, 16, 32, 36, 42, 75, 84, 94 & 113, possédait au Km 50 une avance de 1’37’’ (écart maximal).
Fin de l’aventure dans les rues de Bobo
Le groupe franchira en tête la ligne d’arrivée, mais il restait alors trois tours de circuit à couvrir. L’échappé prit fin peu de temps après, alors que l’éclatement du peloton avait laissé des retardataires un peu partout dans la ville, contraints de respecter le code de la route et de s’arrêter aux feux rouges... Plusieurs coups partirent, notamment à l’initiative de l’Allemand K. Kermer, membre de la première échappée, qui remporta les trois sprints intermédiaires du jour. Un expoit qui lui permet de revenir à la hauteur de son leader, Tjallingii, dans la course au maillot rose.
Van Agtmaal, mâle assurance...
Dans cette cohue, 14 hommes réussirent à distancer le peloton et rallièrent la flamme rouge du dernier kilomètre à la poursuite du Belge Peter Van Agtmaal, spécialiste des raids solitaires. Dans la dernière ligne droite en légère montée, sa puissance le mit à l’abri d’un éventuel retour de ses rivaux et il eut le temps de savourer cette formidable victoire d’étape en relâchant son effort bien avant la ligne blanche. Tjallingii, arrivé 2’24’’ plus tard, aurait pu se déclarer satisfait si le sprinter de son équipe, Lionel Syne, n’avait chuté dans le dernier tour. L’un des trois abandons du jour...
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| Bobo, ville de beauté...
Ouaga, Fada, Bobo, comme tous les peuples, les Burkinabé aiment les apocopes, ces abréviations qui donnent aux noms propres une consonance familière et cryptique. Même les bornes kilométriques se mettent au diapason, annonçant d’un côté « Ouaga – 205 » et de l’autre « Bobo – 135 », ce qui a singulièrement dû simplifier la tâche des fabricants de ces objets de béton peints en rouge et blanc… Le Tour du Faso s’est donc posé à Bobo Dioulasso, où les habitants font chaque année la fête aux champions. Depuis deux ans, l’étape se finit par un circuit en ville, ce qui prolonge la fête et l’exporte dans les endroits les plus reculés de la bourgade.
Mais la ferveur provoquée par l’invasion de coureurs n’a pas réussi à perturber la quiétude du cœur historique de la ville, Dioulassoba, où les étrangers n’ont pas droit de cité et ne peuvent entrer qu’accompagnés par un guide assermenté par le chef du village, un vieil homme que l’on imagine sage comme une cohorte de Dalaï Lama et qui refuse, à votre grand désespoir je l’imagine, d’être photographié. Inutile de lui demander son âge, il répond « qu’allez-vous faire de ce chiffre ? Pourquoi ne pas me demander ce qui fait qu’à mon âge, j’aime toujours autant la vie ? » Une réponse qui ramène à cet adage écrit voilà près d’un siècle par Marcel Proust et que le chef de village semblait avoir respecté à la lettre : « Tâchez
de garder toujours un morceau de ciel au-dessus de votre vie. »
L’appel à la prière venu de la mosquée voisine mit fin à notre conversation ; un édifice d’inspiration mauritanienne, qui nous rappelle que l’islam est ici la religion dominante. Pourtant, pas plus à Bobo qu’à Istanbul, nul Muezzin au sommet de ces tours fines et célestes : l’appel à la prière émane de vilains haut-parleurs accrochés aux minarets, tels une insulte de la technologie occidentale à la religion musulmane. Le Coran en CD-Audio, les versets sur bande magnétique, le chant envoûtant dédié à l’Unique massacré par le son métallique de ces horribles enceintes : faut-il s’insurger ou se prosterner devant la toute-puissante modernité importée du monde «développé» ?
Chacun jugera.
Nous poursuivons notre chemin, notre guide nous expliquant que la ville a été fondée par les ancêtres du chef de village, la famille Dioulasso, membre de l’ethnie Bobo. Tout simplement. L’aspect chaotique du lieu nous charme autant qu’il nous surprend : partout, des murs lacérés, des ordures abandonnées, des outres éventrées, des bois consumés. Nous rencontrons des enfants au sourire désarmant, un centre de production de bière de mil, une source aux vertus rédemptrices et curatives, des silures, poissons dont on nous dit qu’ils sont sacrés, incarnation des ancêtres décédés, et dont on peut en tout cas certifier que ce sont de sacrés poissons ! Larges, gras, imposants, ils nagent, ou plutôt clapotent, dans un bassin étroit, dérisoire réceptacle de cet animisme omniprésent et qu’il nous est si
difficile de comprendre.
La visite s’achève par un concert de Djumbé : en un instant, l’Afrique revit, le rythme envahit l’atmosphère, la musique jaillit, la danse anime les corps, le bonheur conquiert les cœurs ; Bobo, symbole de la diversité des traditions et de la culture Burkinabè...
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