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Samedi 1er novembre 2003
Étape 4 | Boromo > Houndé - 74 km   Etape Préeacute;cédente   Etape Suivante
 
Thierry David contre Goliath...
 
© Copyright A.S.O.Encore une étape très animée sur les routes de Bobo Dioulasso, au terme de laquelle le Français Thierry David, le vainqueur du jour, et le Burkinabè Gweswende Sawadogo reprennent trente secondes (17 + 13 de bonifications) et vingt-trois secondes (17 + 6 de bonifications) sur le maillot jaune Marteen Tjallingii.
La journée n’a été facile pour personne, car de récents orages avaient détérioré la route et provoqué de nombreux trous, rendant la pratique du cyclisme quelque peu dangereuse. Il n’empêche, l’étape a été belle, nerveuse et animée, traversant des contrées superbes, au relief acéré et à la population enthousiaste. Rouler sur ce terrain à 39 km/h de moyenne, voilà un bel exploit à mettre au crédit de tous ces valeureux forçats de la brousse.
 
© Copyright A.S.O.Matinales escarmouches ; mais quelle mouche les a piqués ?
Le départ de la longue 4e étape du 17e Tour du Faso, Boromo – Houndé (74 km), a été donné ce matin à 7h36 à un peloton composé de 79 coureurs (aucun non partant). Comme d’habitude, ça part à toute allure et les tentatives d’échappée se multiplient : A. Lecoq et D. Kabore sont tout particulièrement intenables et attaquent sans cesse. Mais au premier sprint intermédiaire de Pa (Km 43), le peloton est toujours groupé : A. Lecoq, M. Sawadogo et L. Syne se disputent au sprint les bonifications, accueillis par une foule chaleureuse.

© Copyright A.S.O.Cinq hommes… creusent le trou !
Malgré une chaussée très abîmée, parsemée de trous profonds, les baroudeurs poursuivent leur travail de sape. Une vingtaine d’hommes se porte en tête (dossards n° 2, 11, 16, 24, 25, 36, 41, 44, 52, 54, 73, 81, 84, 85, 92, 94), un groupe d’où s’extraient finalement cinq coureurs : T. David, G. Sawadogo, M. Tega, D. Kabore, et K. Pattyn, qui passent dans cet ordre sur la ligne du second sprint intermédiaire.

© Copyright A.S.O.David Vs Tjallingii ; duel à distance
A l’arrière, le maillot jaune est piégé ; il engage la poursuite, fait rouler ses équipiers et réussit finalement à réduire l’écart à 17 secondes sur la ligne d’arrivée. L’essentiel est préservé. Les deux vainqueurs du jour sont incontestablement T. David et G. Sawadogo : le premier remporte l’étape, endosse le maillot vert et se rapproche du leader (2nd à 1’24’’) ; le second reprend le maillot bleu du meilleur africain (et le vert clair de l’UEMOA) et surtout, après sa contre-performance d’hier, regagne l’estime de son peuple...

 
Caïman cinglé !

© Copyright A.S.O.Un homme assis sur un crocodile long de plusieurs mètres en train de lui caresser le cou comme un gentil animal domestique, il faut venir au Burkina Faso pour saisir sur pellicule cette image insensée ! À Bazoulé exactement, bourgade située à 20 kilomètres à l'ouest de la capitale sur la route de Houndé, ville arrivée de l'étape du jour. Bazoulé, village connu pour abriter un lac où vit une colonie de crocodiles sacrés. Des bêtes en qui survit l'âme du chef fondateur de la communauté Mossi autochtone, entre eau et champs de mil : « Nabakouba », littéralement, le « chef tueur », a vécu là voici plusieurs siècles et reste ancré dans la mémoire des habitants comme un fougueux guerrier, qui « tuait un homme le matin et une femme le soir ». À ce rythme, on comprend que son esprit ne se soit pas réincarné dans un papillon ou une vache laitière… Au crépuscule de son existence, cet homme respecté, qui avait pris tant de vies, décida que la sienne ne pouvait disparaître à jamais et prophétisa sa résurrection dans le corps des crocodiles du lac voisin. Depuis, les sauriens de ce marais salubre font l'objet d'une vénération divine et… d'une exploitation commerciale fort lucrative !

Bienvenue à Jurassic Park ! La promesse de caresser l'effrayante bestiole préhistorique est subtilement mise en scène. Au moment d'acheter son billet, le touriste se voit proposer l'achat d'un ou deux poulets, afin d'attirer le monstre et de pimenter le spectacle. On vous laisse deviner la suite… La bête sort de l'eau, courant sur les rives à la vitesse de l'éclair. Le « dresseur » la dompte avec calme, tandis que le public hésite entre fascination et fuite sur-le-champ. Le poulet à la main, il la caresse et grimpe sur son dos, lui faisant quelque câlin surréaliste et macabre. © Copyright A.S.O.L'autre partie du spectacle consiste à se faire dresser l'animal en tenant le poulet en l'air comme les propriétaires de manèges le font avec la floche des enfants, puis à réunir une dizaine de ces bestiaux pour leur jeter en pâture l'une des ces pauvres volailles achetées 5.000 Francs CFA : diable, mais que fait Brigitte Bardot ? Qui peut l'appeler d'urgence pour qu'elle vienne mettre fin à ce carnage ? Il faut voir la frayeur du gallinacé quand il comprend quel rôle on lui destine dans ce funeste divertissement ; c'est sinistre ! Sincèrement, à voir la vitesse à laquelle le poulet terrien devient une poule mouillée qui termine son parcours dans ces mâchoires acérées, on a beau nous répéter que les enfants se baignent régulièrement dans cet étang, je n'y mettrais pas le plus petit bout de mon orteil…

© Copyright A.S.O.Avant de repartir, oubliant sottement ma peur, je m'approche et je dévisage cette redoutable machine à tuer, digne réincarnation du « chef tueur » fondateur de Bazoulé ; me reviennent alors en mémoire ces témoignages qui attestent qu'en 2001, un touriste belge grimpé sur le dos d'un crocodile sacré s'est fait désarçonner par sa monture et que le stupide rodéo s'est terminé par un coup de gueule carnassier et un rapatriement sanitaire en urgence. L'histoire ne dit pas si la victime a survécu, mais entre le légitime besoin d'observation de cet animal mythique et le jeu idiot, chacun doit pouvoir faire le distinguo.

Touristes de tous les pays, si vous allez à Bazoulé, ne boudez pas votre plaisir et admirez ces superbes créatures, mais n'oubliez jamais que ce sont des animaux sauvages dotés d'un instinct de prédateur : comme jadis l'ancêtre du village à l'encontre de ses ennemis, ils pourraient bien avoir une dent contre vous…
 
TJALLINGII Maarten
DAVID Thierry
 
 Étape
Individuel temps
Individuel points
Équipe
 
 Général
Individuel temps
Individuel points
Équipe
 
1 Mercredi 29 octobre 111,5 km
 Ouagadougou - Kaya
2 Jeudi 30 octobre 70 km
 Kaya - Ziniaré
3 Vendredi 31 octobre 136 km
 Kokologo - Boromo
4 Samedi 1er novembre 74 km
 Boromo - Houndé
5 Dimanche 2 novembre 133 km
 Orodara - Bobo-Dioulasso
R Lundi 3 novembre
 Ouagadougou
6 Mardi 4 novembre 103,5 km
 Ouagadougou - Yako
7 Mercredi 5 novembre 80 km
 Yako - Ouahigouya
8 Jeudi 6 novembre 128,5 km
 Ouahigouya - Boussé
9 Vendredi 7 novembre 149 km
 Koulbila - Tenkodogo
10 Samedi 8 novembre 139,5 km
 Tenkodogo - Fada N'Gourma
11 Dimanche 9 novembre 123 km
 Kombissiri - Ouagadougou