La Centième !

Une Doyenne vénérable et vénérée

En imaginant leur course en 1892, les dirigeants du Pesant Club Liégeois (P.C.L.) et du Liège Cyclist’s Union (L.C.U.) rêvaient d’un Liège-Paris-Liège. Faute de temps et de moyens, ils optèrent pour Bastogne, gare qu’ils pouvaient atteindre en train à temps pour effectuer les contrôles de passage. Plus de 120 ans plus tard, Bastogne est toujours le pivot de la Doyenne devenue en cent éditions un monument aussi vénérable que chéri des coureurs, qui la plébiscitent comme l’une de leurs classiques préférées.

Tous s’accordent sur le fait qu’elle est moins affaire de spécialistes que Paris-Roubaix, moins hachée que le Tour des Flandres. Que c’est une guerre d’usure qui ne s’offre qu’aux coursiers les plus complets ainsi que son palmarès en témoigne. Prenez les Français, qui ne brillèrent guère sur les routes vallonnées des Ardennes : depuis plus de soixante ans les deux seuls Tricolores à s’y être imposés ne sont autres que Jacques Anquetil et Bernard Hinault. La deuxième victoire du « Blaireau », sous la neige en 1980, reste d’ailleurs comme l’un des grands moments de cette course printanière qui fait parfois durer les rigueurs de l’hiver comme, par exemple, en 1919, quand seuls neuf coureurs atteignirent Liège après dix heures de course ou, en 1957, quand Louison Bobet avoua avoir vécu le moment le plus dur de sa carrière.

La Doyenne tue à petit feu, le long de ces côtes devenues légendaires, le Stockeu cher à Eddy Merckx, les Forges ou La Redoute, où se jouèrent les éditions des années 80, jusqu’à Saint-Nicolas, le nouveau test ultime.

Mais « Liège », comme disent les Anglo-Saxons, ce sont ses bosses bien sûr, qui battent en brèche la réputation du plat pays et font des grimpeurs des postulants légitimes, mais surtout des hommes. Et pas n’importe lesquels… L’inévitable « Cannibale », quintuple vainqueur de l’épreuve et qu’une stèle honore au sommet du Stockeu, et tous ces Belges que la Doyenne ensorcela, du triple premier vainqueur Léon Houa à Fred De Bruyne ou Joseph Bruyère et Philippe Gilbert. Et le maudit Raymond Impanis, à qui elle se refusa toujours, ne lui concédant que quatre deuxièmes places. Mais aussi les Italiens, si présents dans la Province de Liège et qui ont fait honneur à cette terre d’accueil en s’y imposant à douze reprises. Enfin, des personnages du peloton du calibre de Ferdi Kübler, « le Fou pédalant » des années 50 et double lauréat, ou Sean Kelly, qui inspira le dernier vainqueur en date, Daniel Martin. Une belle galerie de portraits dans les vitrines de cette infatigable collectionneuse d’exploits.

Jean-François Pescheux (Amaury Sport Organisation) :

« Un clin d'oeil aux cotes historiques »

« Pour cette 100e, nous avons voulu conserver un parcours moderne avec un clin d’oeil à toutes les grandes côtes de l’histoire de Liège-Bastogne-Liège. C’est ainsi que nous avons réintégré les Forges, introduite en 1960 et si décisive dans les années 80 puisqu’elle était la dernière diffi culté avant l’arrivée à Liège et le lieu d’attaques ou de regroupements décisifs. Nous avons remis la Haute-Levée, qui faisait partie du trio classique lancé en 1952 avec la côte de Wanne et le col du Rosier. Nous avons évidemment le Stockeu, intégré dans le parcours en 1964 et qui devint le terrain de prédilection d’Eddy Merckx. Puis il y a La Redoute, bien sûr, qui ne joue plus le rôle qui était le sien depuis que nous n’arrivons plus à Liège mais à Ans. Mais La Redoute empruntée depuis 1974, c’est La Redoute. Elle reste un monument et un lieu de ralliement pour le public. Depuis 1998, c’est la côte de Saint-Nicolas, la dernière avant l’arrivée, qui a souvent fait offi ce de juge de paix. Même si, en 2009, pour la victoire d’Andy Schleck, la Roche-aux-Faucons, inaugurée l’année précédente, avait permis de faire la différence. L’histoire de Liège-Bastogne- Liège, c’est aussi cela. Un parcours presque plat en 1892 et des côtes parsemées au cours du temps et du parcours. »


Profil

Le profil de la course

Les cotes

Km 70
Côte de la Roche-en-Ardenne
Montée de 2,8 km à 6,2%

Km 123
Côte de Saint-Roch
Montée de 1 km à 11,1 %

Km 167
Côte de Wanne
Montée de 2,8 km à 7,2 %

Km 173,5
Côte de Stockeu
Montée de 1 km à 12,4 %

Km 179
Côte de la Haute-Levée
Montée de 3,6 km à 5,6 %

Km 201
Col de la Vecquée
Montée de 3,1 km à 6,4 %

Km 218,5
Côte de La Redoute
Montée de 2 km à 8,9 %

Km 231,5
Côte des Forges
Montée de 1,9 km à 5,9 %

Km 243,5
Côte de la Roche-aux-Faucons
Montée de 1,5 km à 9,3 %

Km 257,5
Côte de Saint-Nicolas
Montée de 1,2 km à 8,6 %

Livre d'or

1892 - Léon Houa (Bel)

1892 - Léon Houa © A.S.O. 1952 - Ferdi Kübler © A.S.O. 1966 - Jacques Anquetil © A.S.O. 1975 - Eddy Merckx © A.S.O. 1980 - Bernard Hinault © Forestier Yves 1991 - Moreno Argentin © Clement 2009 - Andy Schleck © Papon 2011 - Philippe Gilbert © Papon

Le premier vainqueur de Liège-Bastogne-Liège, membre de l’un des clubs fondateurs de la course, s’est imposé trois fois consécutivement. Il est l’un des trois seuls cyclistes, avec Merckx et Argentin, à l’avoir fait à ce jour. Lors de son troisième succès en 1894, il était devenu le premier professionnel du cyclisme belge.

1952 - Ferdi Kübler (Sui)

Rapidement après la création de La Flèche Wallonne, le week-end ardennais devient une spécialité suisse. En 1951 comme en 1952, Kübler, vainqueur du Tour 1950 et champion du monde l’année suivante, fait carton plein. Plus personne n’a réussi le doublé « Flèche-Liège » deux fois de suite depuis « le Fou pédalant ».

1966 - Jacques Anquetil (Fra)

Le Normand apprécie peu les courses d’un jour, où il n’a remporté jusqu’ici que Gand-Wevelgem. Mais son orgueil l’incite à participer à la Doyenne pour mater la concurrence (Poulidor, Gimondi…). À son avantage dans la chaleur torride du jour, il se détache dans le Mont-Theux et remporte la plus belle classique de son palmarès.

1975 - Eddy Merckx (Bel)

À Liège comme ailleurs, le maître s’appelle Eddy. Il est l’unique quintuple vainqueur de l’épreuve. La légende lui accorderait même un sixième sacre, dont il aurait été privé en 1970 par les frères De Vlaeminck, sur un douteux guet-apens dans le tunnel précédant l’arrivée. Cette dernière victoire, « le Cannibale » l’arrache en reprenant Bernard Thévenet dans les derniers hectomètres.

1980 - Bernard Hinault (Fra)

Le deuxième succès liégeois d’Hinault reste un des chefs-d’oeuvre de sa carrière. Par un froid extrême et sous la neige, il roule 80 kilomètres en solitaire avant de s’imposer dans une édition qui a marqué l’histoire : seuls 21 coureurs ont franchi la ligne. Et loin derrière « le Blaireau » puisque Hennie Kuiper, son second, termine à neuf minutes !

1991 - Moreno Argentin (Ita)

Le puncheur installe l’Italie comme une des nations majeures dans le palmarès. Vainqueur à quatre reprises, il fait barrage à des avaleurs de classiques comme Claude Criquielion ou Stephen Roche. Spécialiste des Ardennaises, il enlève également trois fois La Flèche Wallonne.

2009 - Andy Schleck (Lux)

Le frère aîné a montré la voie en montant deux fois sur la troisième marche du podium. Dans l’édition 2009, c’est encore une composition familiale qui est écrite « à quatre roues », avec Andy à la finition. Le cadet des Schleck, qui a attaqué dans la Roche-aux-Faucons, terminera à quatre reprises dans les cinq premiers de la Doyenne entre 2008 et 2011.

2011 - Philippe Gilbert (Bel)

Intenable sur les courses d’un jour depuis le début de la saison, le chouchou du public achève un Grand Chelem historique en remportant la course de ses rêves, juste après ses succès sur La Flèche Brabançonne, l’Amstel Gold Race et La Flèche Wallonne. Il devient ainsi, après l’Italien Rebellin, le deuxième coureur à remporter les trois manches du « Triptyque ardennais ». Ne lui manque cette année-là que le maillot arc-en-ciel qu’il va conquérir l’année suivante.

Les témoignages

Jacques Anquetil (vainqueur 1966)

Jacques Anquetil (vainqueur 1966) © A.S.O. Eddy Merckx (vainqueur 1969, 1971, 1972, 1973 et 1975) © Forestier Yves Joseph Bruyère (vainqueur 1976 et 1978) © A.S.O. Bernard Hinault (vainqueur 1977 et 1980) © A.S.O. Sean Kelly (vainqueur 1984 et 1989) © Caron Philippe Andy Schleck (vainqueur 2009) © Mons Philippe Gilbert (vainqueur 2011) © Reix Stephane

« J’entre dans les faubourgs de Liège. Je tiens ma course pure, ma victoire exemplaire dans la plus belle des classiques - moi, le coureur de courses par étapes. »

Eddy Merckx (vainqueur 1969, 1971, 1972, 1973 et 1975)

« La première est la plus belle des cinq, même si la dernière, avec le maillot de champion du monde, me laisse un grand souvenir, car j’avais battu Thévenet ! »

Joseph Bruyère (vainqueur 1976 et 1978)

« J’entretiens avec la Doyenne une espèce de relation affective. Chaque fois que je la disputais, c’était devant mon public et sur des routes qui avaient bercé toute mon enfance. Mes deux victoires restent mes plus beaux souvenirs. »

Bernard Hinault (vainqueur 1977 et 1980)

« La neige ? Bien sûr, il neigeait, bien sûr il faisait froid. Mais j’étais payé pour pédaler ! »

Sean Kelly (vainqueur 1984 et 1989)

« C’est l’un des monuments de la saison. C’est une course fantastique à gagner et je suis très fier de l’avoir fait deux fois. »

Andy Schleck (vainqueur 2009)

« Pour moi, c’est la plus belle. C’est la course que j’aime le plus de toute l’année. Même lors de la reconnaissance du parcours, j’y prends énormément de plaisir. »

Philippe Gilbert (vainqueur 2011)

« Avant, Liège-Bastogne-Liège était la course de mes rêves, aujourd’hui je l’ai gagnée. Remporter Liège-Bastogne-Liège c’est extraordinaire, mais la gagner encore une fois ne me dérangerait pas non plus. Cette course me fait toujours rêver. »

Une 100e, ça se fête...

© ASO/G.Demouveaux Côte de Saint Roch © PAPON

La Doyenne est une vieille dame gâtée et, afin de célébrer comme il se doit sa 100e édition, de nombreuses animations seront proposées avant, pendant et même, pour certaines d’entre elles, après dimanche 27 avril, jour de l’épreuve :

■ Lancement vendredi 17 janvier de décompteurs « À cent jours de la 100e » à Bastogne et à Liège.

■ Séquences rétrospectives et vidéoclips sur l’histoire de la course avec la participation d’Eddy Merckx et Bernard Hinault diffusés à partir du vendredi 17 janvier et jusqu’au dimanche 27 avril sur les antennes de la RTBF.

■ Mise en vente à partir du début du mois d’avril d’un maillot spécial 100e édition.

■ Une exposition sur l’histoire de la course proposée par le Musée de la Vie wallonne se tiendra à l’Espace Atrium de la SPI du mardi 15 avril au jeudi 15 mai.

■ Présence de Jean-François Pescheux, directeur des compétitions chez Amaury Sport Organisation, à l’occasion de Liège- Bastogne-Liège-Espoirs, samedi 19 avril. Il officiera comme directeur de course à bord d’une voiture officielle A.S.O.

■ Départ de La Flèche Wallonne mercredi 23 avril de Bastogne.

■ Randonnée Liège-Bastogne-Liège Challenge samedi 26 avril.

■ Une Caravane publicitaire aux accents « rétro » précédera la course dimanche 27 avril.

■ Une démonstration de trial sera organisée dimanche 27 avril sur la ligne d’arrivée à Ans.

■ Un sprint sera disputé au kilomètre 100 de la course, devant l’Hôtel de ville de Bastogne. Une prime de 5 000 € récompensera le vainqueur de ce sprint.

■ Parution d’un ouvrage retraçant l’histoire de Liège-Bastogne-Liège.

Tableau d'honneur 2013

Les équipes

Règlement

Qu’est-ce qu’on gagne ?

Le règlement, c’est le document maître d’une compétition sportive. Par son équilibre et sa finesse, il doit à la fois garantir l’égalité, donner des sources de motivation aux coureurs et fournir des clés de compréhension aux spectateurs et téléspectateurs. Tour d’horizon des principaux points à retenir.

Télécharger le règlement (pdf, 1 page, 54 ko)

Voir le règlement

S'abonner

Recevez des informations exclusives sur le Liège Bastogne Liège

Partenaires de Liège-Bastogne-Liège