Le scenario annoncé, avec une nette domination de Bradley Wiggins dans l'exercice solitaire sur tous ses rivaux au classement général, a été respecté à la lettre.
L'injonction à l'attaque à outrance adressée entre les lignes par le tracé du Tour de France 2012 doit être suivie dans les plus brefs délais par tous ceux qui n'ont pas abdiqué. L'étape de Bellegarde-en-Valserine offre précisément un terrain propice à l'offensive, spécialement lors de l'ascension inédite vers le Grand Colombier. Si le train de montagnards de l'équipe Sky a su étouffer tous les éventuels gêneurs dans les 6 km de la montée de la Planche des Belles Filles, il n'est pas certain de rouler avec autant d'assurance pendant les 17,4 km de cette première ascension classée hors-catégorie.
La tradition incite à attendre des mouvements d'ampleur dans les montées les plus redoutables. Mais les exemples se multiplient d'initiatives prises dans les descentes. La route de Bellegarde-sur-Valserine pourrait tout à fait inspirer des déboulés de ce genre, avec une plongée finale de 20 kilomètres. Au total, à partir de Culoz, c'est-à-dire au km 133, il n'y aura pas un mètre de plat jusqu'à l'arrivée. Et il se trouve que Cadel Evans comme Vincenzo Nibali, les deux plus menaçants rivaux de Wiggins, peuvent se distinguer par leur rapidité et leur agilité dans les descentes. Il s'agit peut-être d'une des clés du Tour 2012.