
Jan JANSSEN© PresseSports
Coureur fin, racé, élégant, s’exprimant dans un français châtié, le hollandais Jan Janssen est le premier coureur de renom portant des lunettes de vue, des lunettes à la fine monture soulignant la délicatesse de ses traits.
La carrière professionnelle de ce francophile dure 10 ans, de 1962 à 1972. Durant les 9 premières années, il ne court que pour des équipes françaises (Pelforth et Bic) avec toujours le même directeur sportif : Maurice De Muer.
Agé de 24 ans, professionnel depuis deux ans seulement, il s’impose en 1964 dans Paris-Nice en prenant la tête du classement général dès le tiers du parcours. Bénéficiant de la chute et de l’abandon de Raymond Poulidor dans l’étape corse disputée contre la montre, Janssen conforte sa position et l’emporte à Nice en devançant en particulier Jacques Anquetil (6e du classement final). Cette année 64 est une belle année pour Janssen qui obtient en fin de saison le titre mondial.
Sa progression se poursuit avec en 66 la victoire dans Bordeaux-Paris et une deuxième place dans le Tour de France, en 67 le succès dans Paris-Roubaix et dans le Tour d’Espagne et enfin en 1968 il remporte lors de la dernière étape disputée contre la montre le Tour de France.
Cette victoire acquise dans un climat de contestation (les événements de mai 68 sont encore dans toutes les mémoires) est une récompense pour Janssen souvent présent parmi les meilleurs sur le Tour. Vainqueur du classement par points en 64 et classé 9e en 65, 2e en 66 et 5e en 67.
Paris-Nice 1979 - Eddy MERCKX© PresseSports
Paris-Nice - Eddy MERCKX© PresseSports
C’est l’incontestable numéro un du cyclisme mondial. Nommé à juste raison Cycliste du Siècle par l’Union Cycliste Internationale, il est le coureur qui a inscrit son nom une ou plusieurs fois à toutes les grandes courses du calendrier. Seule manque à son palmarès la classique d’automne Paris-Tours.
Ses qualités sont incommensurables mais à celles-ci, il a su ajouter une volonté inébranlable et une inextinguible soif de victoires.
Eddy Merckx n’a jamais manqué où expédié une séance d’entraînement. Eddy Merckx a toujours pédalé quelque soit le temps ; le soleil éclatant qui gêne la respiration, le froid qui provoque des morsures ou la pluie glaciale qui tétanise les muscles.
En compétition, Eddy Merckx a dès ses débuts démontré que son ambition est grande, à la hauteur de ses qualités.
Eddy Merckx prend le départ à 9 reprises à Paris-Nice. Il y totalise 15 victoires d’étapes ou de prologues. Il est au moins auteur d’un succès à chacune de ses participations.
En 1967, leader le 2e jour, il est surpris par une échappée-fleuve et favorise ensuite la victoire de son équipier Tom Simpson.
En 1968, leader le 3e jour, il abandonne le lendemain en raison d’un genou douloureux.
En 1969, leader le 3e jour, il conserve son bien jusqu’à l’arrivée et double dans la dernière étape (l’ascension du Col d’Eze contre la montre) Jacques Anquetil dont c’est la dernière participation.
En 1970, leader le 3e jour sous la neige de Saint-Étienne, il conserve son bien jusqu’à l’arrivée.
En 1971, il est leader du premier au dernier jour.
En 1972, il est battu le dernier jour par Raymond Poulidor. C’est la surprise de l’année.
En 1973, il est à nouveau battu par Raymond Poulidor et est de plus devancé par Joop Zoetemelk.
En 1974, souffrant d’une bronchite, il est devancé par Joop Zoetemelk et Alain Santy.
En 1975, pour sa dernière participation, il remporte le prologue et l’étape du Ventoux mais est devancé par Joop Zoetemelk dans le Mont Faron et dans le Col d’Eze. Il termine à la 2e place derrière Zoetemelk.
Paris-Nice 1995 - Laurent JALABERT© PresseSports / BOUTROUX
Paris-Nice 1997 - Laurent JALABERT© PresseSports / FABLET
Le cyclisme est sa passion. Dès son plus jeune âge, il tourne sur la place du village juché sur une bicyclette. Il se distingue à l’école de cyclisme et il est rapidement parmi les meilleurs amateurs de sa région ce qui lui permet de faire son service militaire au sein de l’élite sportive nationale à Fontainebleau avant de passer professionnel en 1989.
Au début de sa carrière, il est surtout sprinter. Ses nombreuses victoires sur des parcours plats ainsi que son succès au classement du maillot vert du Tour de France 92 l’attestent. En 1994, il remporte 7 étapes du Tour d’Espagne avant d’être, durant le Tour, au cours d’un sprint massif, victime d’une grave chute à Armentières. Durant de longs mois, il doit subir une pénible rééducation, le visage ayant été atteint et ne retrouve son intégrité physique que l’année suivante.
Son registre évolue. Le sprint n’est plus sa seule spécialité. En 1995, il remporte 36 victoires dont Paris-Nice, Milan-San Remo, le Criterium International, la Flèche Wallonne et le Tour d’Espagne. Il termine à la quatrième place du Tour de France. Depuis Bernard Hinault, le cyclisme français n’avait pas eu un représentant aussi brillant. Cette année-là, il est Vélo d’Or mondial et numéro un mondial. Il l’est jusqu’en 1997 et l’est encore en 1999.
Devenu coureur complet (champion du monde du contre la montre en 97) Laurent Jalabert pense avec sérieux à une victoire dans le Tour de France mais seuls deux succès dans le classement des grimpeurs (2001 et 2002) couronneront ses efforts en ce domaine.
Laurent Jalabert accomplit la plus grande totalité de sa carrière à l’étranger (3 ans en France, 9 ans en Espagne et 3 ans au Danemark). Il accuse ainsi un déficit de notoriété en France qu’il comble rapidement à l’arrêt de sa carrière en devenant dès 2003 un consultant apprécié de France Télévisions et de la station de radio RTL.
Laurent Jalabert ne pratique plus la compétition pour gagner. Pour son plaisir et pour son bien-être il participe à des marathons (Paris, New-York, Barcelone) et à des triathlons dont le redoutable Ironman d’Hawaï.
Paris-Nice 1977 - Freddy MAERTENS© PresseSports
Doté d’immenses qualités, Freddy Maertens n’a pas su trouver les conseillers qui lui auraient permis de mieux construire sa carrière et son après-carrière.
2e du championnat du monde amateur en 1971 derrière Régis Ovion, il passe professionnel tout de suite après les Jeux de Munich. Il a tout juste 20 ans. Durant deux ans, il ne se distingue que dans des courses de seconde zone (14 victoires en 73 et 34 en 74). En 75, il passe à l’échelon supérieur, s’octroie 7 étapes du Critérium de Dauphiné Libéré et une classique internationale : Tours-Versailles.
Puis viennent deux années de fulgurance. 5 étapes de Paris-Nice (4e au classement final), et 7 étapes du Tour de France (8e au classement final) avant de s’adjuger fin 76 le titre mondial. L’année 77 est aussi brillante avec une victoire dans Paris-Nice (4 étapes sur 11), 6 étapes du Tour d’Italie et 12 étapes du Tour d’Espagne.
Freddy Maertens paye aussitôt cette débauche d’efforts, cette quête continuelle du succès. Son palmarès est pratiquement vierge en 79 et 80. Il revient ensuite dans les pelotons. Est champion du monde en 81 après avoir remporté 5 étapes du Tour de France.
Le corps ne suit plus. Mal conseillé, Maertens s’enfonce dans l’anonymat. Pendant huit ans il trouve encore des constructeurs qui font appel à lui et il ne se produit plus que dans des courses de moindre renommée. En 88, il se retire définitivement des pelotons. On lui trouve un emploi dans un musée du cycle en Belgique.
Paris-Nice 1966 - Jacques ANQUETIL et Raymond POULIDOR© PresseSports
Paris-Nice 1972 - Raymond POULIDOR© PresseSports
Il est le coureur cycliste français dont la popularité est sans égal. Jamais le public ne lui a tenu rigueur du fait qu’il n’ait jamais remporté le Tour de France ou porter le maillot jaune au moins une journée. Sa longévité est remarquable. 18 ans de carrière professionnelle effectuée sous la même marque car sa fidélité est sans faille. Ses principaux rivaux ont été tour à tour Van Steenbergen, Van Looy, Anquetil, Merckx et Hinault. À ses débuts, il a même couru aux côtés de Bobet et de Coppi.
Classé par la presse l’éternel second en raison de ses nombreuses deuxièmes places, cette appellation qui fait maintenant partie du langage commun, ne reflète pas la réalité car elle occulte la diversité du palmarès de Poulidor : Champion de France, vainqueur de Milan-San Remo, de la Flèche Wallonne, du Grand Prix des Nations, de Paris-Nice, du Tour d’Espagne et du Critérium du Dauphiné Libéré pour n’en retenir que quelques succès.
Ses duels avec Jacques Anquetil sont restés légendaires. Tout oppose ces deux champions d’exception. Anquetil d’une timidité maladive, a peur du public, Poulidor ne se plaît qu’au contact du public. Anquetil veut toujours gagner, Poulidor n’est pas poursuivi par la rage de vaincre. Lorsqu’ils sont au départ de la même épreuve, même la plus grande sous le maillot national, leur but est de ne pas aider l’autre. Leurs rapports sont tendus malgré les nombreuses tentatives de rapprochement de leurs proches. Dès la carrière d’Anquetil terminée, ils deviennent de grands amis et passent de longues soirées ensemble.
Le fait marquant de sa carrière se situe en 1972 lorsque contre toute attente, à l’âge de 36 ans, il devance Eddy Merckx et s’octroie Paris-Nice. La surprise est totale et met toute la presse en ébullition. L’année suivante Poulidor récidive mais les retombées médiatiques sont moindres alors que l’exploit est similaire. En 1974, âgé de 36 ans, Poulidor étonne encore en remportant la difficile étape du Tour de France au Plat d’Adet. Eddy Merckx battu n’a que des paroles d’admiration pour son vainqueur.
Après avoir longtemps vendu les cycles de sa propre marque, Raymond Poulidor est maintenant directeur de course de plusieurs épreuves et garde le contact avec son public en signant les ouvrages retraçant sa carrière ou son art de vivre.
1991 - Miguel INDURAIN© PresseSports / CLEMENT
1991 - Miguel INDURAIN© PresseSports / CLEMENT
Après un titre national chez les amateurs, Miguel Indurain passe professionnel à l’âge de 20 ans. Ses débuts sont laborieux. Deux abandons dans le Tour de France en 85 et 86, année où il remporte le Tour de l’Avenir. Incorporé dans la redoutable formation Reynolds qui devient un plus tard Banesto, Indurain sans s’en rendre compte voit son éclosion retardée par la présence de son chef de file Pedro Delgado. À son contact, Indurain progresse mais tarde à voler de ses propres ailes. Deux autres participations au Tour de France, en 87 et 88, ne lui donnent aucune satisfaction avec la 97e et la 47e place.
Ce n’est qu’en 1989, à l’âge de 25 ans, qu’il devient véritablement le champion que l’on devine. Sa première grande victoire c’est Paris-Nice 89. Au cours de cette édition de l’épreuve, sans gagner d’étape, il se montre le plus régulier de tous. 2e du prologue, il est 2e au sommet du Mont Faron, 2e à Saint-Tropez après l’escalade des côtes du pays varois, 2e à Nice après la traversée de l’arrière pays niçois et enfin 2e de la dernière étape (l’ascension chronométrée du Col d’Eze).
Pedro Delgado assure alors qu’Indurain est désormais mûr pour prendre sa place de leader chez Banesto.
L’année suivante, en 90, Indurain est le favori sur la ligne de départ de Paris-Nice. Le 2e jour de course, à Lyon, Indurain est déjà leader. Il accroît son avance au cours de l’étape du Mont Faron et remporte pour la deuxième année consécutive Paris-Nice.
Quelques semaines plus tard, il s’impose dans le premier de ses cinq Tours de France et un an plus tard dans le premier de ses deux Tours d’Italie.
Paris-Nice est donc la course qui a contribué à révéler à Miguel Indurain l’étendue de ses possibilités.
Louison BOBET© PresseSports
Critérium - Louison BOBET© PresseSports
Issu d’une génération dont l’adolescence est marquée par la guerre et l’Occupation, Louison Bobet vient au cyclisme par vocation. Il inaugure son palmarès professionnel en remportant à 22 ans les Boucles de la Seine. Il sort aussitôt d’un anonymat qui ne le quittera jamais car Bobet est l’homme adulé par ses supporters avant d’être chaleureusement soutenu par les plus grands hommes de notre pays en raison de sa réussite sociale.
Louison Bobet laisse le souvenir du coureur perfectionniste qui donne au cyclisme de son époque un caractère rationnel. Il est le premier par exemple à utiliser les services d’un masseur personnel, Raymond Le Bert. Ses nombreux succès furent toujours acquis à l’issue d’exploits où le courage le dispute au panache. Il remporte sa première étape du Tour de France en 1947 et doit attendre 1953 pour remporter le premier de ses trois Tours consécutifs en obtenant deux victoires d’étape à Briançon après l’escalade de l’Izoard. Champion du monde en 1954, en Allemagne, il apprécie et le fait savoir, la Marseillaise jouée en son honneur, lui l’ancien résistant, devant une troupe allemande au garde à vous. Il dispute son dernier Tour de France en 1959. Sans forces, il quitte l’épreuve non pas dans une plaine mais au sommet de l’Iseran, le col le plus haut d’Europe. Il s’engouffre dans une voiture de presse et demande au journaliste de lui prêter sa casquette afin que le public ne voit pas sa détresse, car le nom de Bobet est le plus crié sur les routes du Tour.
Il ne conçoit pas une participation dans une course à étapes sans succès journaliers. Ainsi, il participe dix fois au Tour et obtient 12 victoires d’étapes. Vainqueur de Paris-Côte d’Azur en 52 (l’ancien nom de Paris-Nice), il remporte 4 des 7 étapes.
Une fois sa carrière terminée, il devient le numéro 1 de la thalassothérapie en France et s’apprête à l’introduire en Espagne lorsque la maladie l’emporte.
Paris-Nice - Joop ZOETEMELK© PresseSports
Paris-Nice - Joop ZOETEMELK© PresseSports
Parce qu’il a épousé une Française, vit en France depuis la nuit des temps, Joop Zoetemelk a toujours été considéré comme le plus français des coureurs hollandais.
Sa progression est rapide. À 22 ans, il est champion olympique à Mexico des 100 kilomètres contre la montre avec la formation hollandaise. L’année suivante, il s’adjuge le Tour de l’Avenir et passe professionnel en 1970, année ou pour sa première participation au Tour de France, il termine à la deuxième place derrière Eddy Merckx.
Quoique étoffé, la palmarès de Zoetemelk aurait pu être plus fourni s’il n’avait pas couru à l’époque d’Eddy Merckx dont il fut souvent le dauphin. Une fois Merckx retiré, c’est Bernard Hinault qui occupe le rang laissé vacant par le belge.
En 1980 toutefois, profitant de l’abandon d'Hinault pour cause de genou douloureux, Zoetemelk s’impose enfin alors qu’il vient de fêter son 34e anniversaire.
Auparavant, il avait été deux fois lauréat de Paris-Nice en 74 et en 75.
En 74, Zoetemelk construit sa victoire sur les pentes du Mont Faron puis sur celles du Col d’Eze (Merckx est 3e et Poulidor 5e).
En 75, sa victoire dans Paris-Nice est une formidable récompense pour celui qui à la suite d’une grave chute lors du Grand Prix du Midi Libre n’était pas certain de redevenir coureur cycliste. Il triomphe cette année-là de Merckx, classé 2e et de Knetemann, classé 3e.
La carrière de Zoetemelk est d’une exceptionnelle longueur – 21 ans –. À l’âge de 38 ans il devient champion du monde sur route.
Longtemps hôtelier dans la région parisienne, il a été ensuite directeur sportif de la formation hollandaise Rabobank.
Paris-Nice 1986 - Sean KELLY© PresseSports
Paris-Nice 1988 - Sean KELLY© PresseSports
Sean Kelly n’aurait jamais dû être coureur professionnel. Exclu à vie de sa Fédération pour avoir participé à des épreuves en Afrique du Sud (c’est l’époque du boycott de ce pays en raison de sa politique d’apartheid), Sean Kelly ne signe une licence professionnelle qu’en 1977 après la visite dans sa ferme irlandaise de Jean De Gribaldy, directeur sportif incontournable du cyclisme des années 70-80.
Sean Kelly se révèle très vite comme étant un coureur sérieux, généreux en course et à l’entraînement, ne commettant aucun écart dans sa vie quotidienne. Sa seule passion, c’est le cyclisme.
Sean Kelly est d’abord un sprinter. Il est employé au sein de la formation Flandria pour préparer les sprints de Freddy Maertens. L’expérience tourne court car Kelly va trop vite et désormais roule pour lui seul. En huit ans de carrière, il se bâtit un palmarès considérable. Son nom figure sur le livre d’or des grandes classiques : 2 fois Milan-San Remo, 2 fois Paris-Roubaix, 2 fois Liège-Bastogne-Liège, 3 fois le Tour de Lombardie, 1 fois Blois-Chaville.
Au fil du temps, il s’améliore dans les courses à étapes. Il remporte ainsi à sept reprises consécutives Paris-Nice en s’octroyant 13 victoires d’étapes. Sa domination dans cette épreuve est totale. Chaque victoire est la résultante d’une course parfaite.
En 85, il est désigné comme le grand favori du Tour de France tant ses progrès sont considérables. Au final, il termine ce Tour à la 4e place tout en s’octroyant le classement par points.
Un grand Tour figure à son palmarès, celui d’Espagne, épreuve dont il remporte au total 12 étapes.
Il quitte la carrière au cours de la saison 94 acceptant même de ne pas être payé au cours de ses six derniers mois de coureur tant sa passion du cyclisme est encore intacte. Il est actuellement commentateur sur la chaîne Eurosport en langue anglaise sur toutes les grandes épreuves du calendrier cycliste.
Paris-Nice 1966 - Jacques ANQUETIL© PresseSports
Paris-Nice 1966 - Raymond POULIDOR et Jacques ANQUETIL© PresseSports
C’est d’abord le champion de la précocité. Vainqueur à 17 ans de la Finale du Maillot des As de Paris-Normandie, médaillé olympique et champion de France des amateurs à 18 ans. Il a tout juste 19 ans lorsqu’il remporte le premier de ses huit Grand Prix des Nations et 23 lorsqu’il s’adjuge le premier de ses cinq Tours de France.
C’est ensuite l’homme des défis. Celui qui marque sa carrière et l’histoire du cyclisme est celui réalisé en 1965 où il termine vainqueur d’un difficile Critérium du Dauphiné Libéré et enchaîne moins de 24 heures plus tard par une retentissante victoire dans Bordeaux-Paris.
Ses duels avec Raymond Poulidor parce qu’ils étaient d’une grande sincérité, ont partagé la France du cyclisme en deux parties : les Anquetilistes et les Poulidoristes. C’était la grande époque du cyclisme avec une télévision omniprésente, une presse quotidienne abondante et une riche presse spécialisée. Le Tour 64 en particulier, remporté par Anquetil, fut le sommet de leur rivalité ainsi que Paris-Nice 1966, une épreuve qu’il remporte à cinq reprises.
C’est enfin le coureur qui a obtenu les plus grands succès en semblant se moquer des normes diététiques habituelles imposées par les Anciens. Un bon repas la veille d’une course ne l’a jamais troublé. L’hiver venu, nombreux étaient ses amis qui venaient le rejoindre dans son manoir normand pour faire honneur à sa cave toujours emplie des vins les meilleurs et des plus fines liqueurs.
Il arrête sa carrière en 1969, 18 ans après ses débuts. Il devient consultant pour la radio et la télévision, directeur de course dans diverses épreuves et surtout dans Paris-Nice où il assiste médusé et heureux, aux deux victoires de son ennemi devenu son meilleur ami Poulidor. Il est également directeur technique de l’équipe de France et à ce titre sélectionne Poulidor pour les Championnats du Monde.
Jacques Anquetil décède à la fin de l’année 87. La cathédrale de Rouen est bien trop petite pour réunir ceux qui viennent lui dire au revoir.