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Journal de l'épreuve

Liège Ans 257.5 km dimanche 22 avril

Iglinskiy assomme Nibali

Les pronostiqueurs avaient peine à s’accorder avant le départ d’une édition promise à des surprises. Peu d’entre eux avaient imaginé la victoire de Maxim Iglinskiy, qui avait pourtant terminé 11ème de l’Amstel Gold Race et 13ème de la Flèche Wallonne cette semaine. Toujours au contact du groupe des favoris, qui a été bousculé par une attaque de Vincenzo Nibali au sommet de la côte de la Roche aux Faucons, le coureur kazakh est revenu sans complexe sur le vainqueur de la Vuelta 2010. C’est ensuite dans le dernier kilomètre qu’il a distancé son rival, pour aller chercher la première victoire de prestige de sa carrière. Il s’agit de la 3ème victoire du Kazakhstan sur Liège-Bastogne-Liège, après les succès de Vinokourov en 2005 et en 2010. Le bonheur de l’équipe Astana est complété par la 3ème place d’Enrico Gasparotto, déjà vainqueur de l’Amstel Gold Race dimanche dernier.

On part sans Anton !
Avant même le départ, la course perd un de ses outsiders avec la chute d’Igor Anton, qui quitte le peloton dans le défilé avec une fracture de la clavicule gauche. Les tentatives sont ensuite régulières pour s’échapper, mais ni Tomasz Marczynski (Pol-VCD), ni Perben Van Hecke (Bel-TSV) ne parviennent à creuser un écart significatif. Entre averses et éclaircies, un trio se détache avec Dario Cataldo (Ita-OPQ), Simon Geschke (All-ARG) et Kevin Ista (Bel-ACC). L’initiative est suivie par trois autres coureurs, Reinier Honig (Hol-LAN), Gregory Habeaux (Bel-ACC) et Alessandro Bazzana (Ita-TT1), qui rejoignent la tête de course au km 55.

Geschke quitte l’échappée sur chute
Le peloton ralentit brutalement, permettant aux 6 échappés de progresser rapidement jusqu’à une écart de 12’35’’ enregistré au km 79. C’est à ce moment que les coéquipiers de Joaquim Rodriguez chez Katusha jugent utile d’accélérer légèrement l’allure. Si au km 149, les hommes de tête bénéficient toujours d’une avance de 6’45’’, la configuration change radicalement à l’entrée dans la côte de Wanne. Au sommet, ils ont d’ailleurs lâché 2 minutes à leurs poursuivants. La marche du groupe est ensuite perturbée dans la descente par la chute de Simon Geschke, qui reprend la route mais ne revoit plus ses anciens compagnons de route.

Rolland lance une contre-attaque
Dans l’enchaînement des côtes de Stockeu et Haute-Levée, les frères Schleck sont aidés par leurs coéquipiers Bakelants et Horner pour durcir le ton. A ce stade de la partie, les cinq hommes restant en tête n’ont plus que 3’ d’avance. C’est ce moment que choisit Pierre Rolland (EUC) pour lancer une contre-attaque qui inspire également Vasil Kiryienka (MOV) et David Le Lay (SAU). 12 kilomètres plus loin, c’est-à-dire immédiatement avant d’atteindre le col du Rosier, ce trio rejoint l’avant de la course, où roule maintenant un groupe de huit.

Changement de vélo pour Valverde
Les forces commencent à manquer au sein de l’échappée dans les côtes du Maquisard et du Mont-Theux. A 50 kilomètres de l’arrivée, il ne reste donc plus que 5 hommes en tête. Kiryienka (MOV), Le Lay (SAU), Rolland (EUC), Bazzana (TT1) et Cataldo (OPQ) ne doivent d’ailleurs leur marge de 1’30’’ qu’à l’indulgence du peloton des favoris. Dans la côte de la Redoute, Rolland monte la pression pour se donner des chances de résister au peloton. Il mène le groupe tout au long de l’ascension et fait céder Bazzana. Derrière, l’équipe BMC veille au grain, avec Van Garderen et Gilbert en tête du peloton, qu’ils emmènent au sommet avec un retard réduit à 45’’. Après les ennuis mécaniques de Samuel Sanchez (EUS), un autre Espagnol, Alejandro Valverde, se retrouve contraint à un échange de vélo au beau milieu de ce passage délicat. 

Nibali creuse l’écart dans la descente
La côte de la Roche aux Faucons est utilisée comme tremplin par Vincenzo Nibali, qui reprend Pierre Rolland immédiatement avant le sommet. Il creuse l’écart à la bascule, puis passe à 12 km de l’arrivée avec 30’’ d’avance sur Iglinskiy et Rodriguez, et 37’’ sur un groupe composé de Gilbert, Gasparotto, Kiserlovski, Mollema, Voeckler, Rolland, Scarponi, Vanendert, Sanchez, Nocentini, Hesjedal et Martin.

Iglinskiy fond sur Nibali
L’ambiance tourne à la résignation parmi le groupe des principaux favoris. Mais pas dans le premier duo de poursuivants, qui rentre plein d’espoir dans la côte de Saint-Nicolas, avec 25’’ de retard. Maxim Iglinskiy y lâche contre toute attente le vainqueur de la Flèche Wallonne, et fond sur celui de la Vuelta 2010. Juste avant la Flamme Rouge, le Kazakh rejoint puis dépose Vincenzo Nibali. Il se dirige en solitaire vers la première victoire de prestige de sa carrière. 

 

Maxim Iglinskiy : « Je pensais plutôt à viser la 2ème place »

Je ne pensais pas reprendre Nibali quand j’ai quitté le groupe des favoris. Je pensais plutôt à viser la 2ème place. Mais je l’ai rattrapé, et là je me suis dit que je pouvais peut-être gagner. Je n’ai commencé à y croire qu’à ce moment-là. C’est bien sûr la plus grande victoire de ma carrière. J’adore les courses de ce pays, qu’il s’agisse de Gand-Wevelgem, du Tour des Flandres ou des Ardennaises. La première fois que j’ai regardé cette course, c’était en 2000, et ensuite j’y ai participé pour la première fois en 2005, quand Vinokourov a gagné.
Ce matin, j’ai parlé au téléphone avec Alexandre Vinokourov. Il m’a dit que je pouvais essayer d’attaquer, et surtout de bien surveiller Gilbert et Nibali. Il m’a aussi conseillé de rester cool, et de faire de mon mieux.
Cette année, je vais courir le Tour de France. Ce sera surtout pour aider Vinokourov à gagner une étape, mais aussi pour essayer d’en gagner une moi-même. Il faudra aussi soutenir Brajkovic, qui sera le leader de l’équipe pour le général.

 

Les dépêches

17:23 - Le Top 5 final

1. Maxim Iglinskiy (Kaz-AST)

2. Vincenzo Nibali (Ita-LIQ)

3. Enrico Gasparotto (Ita-AST)

4. Thomas Voeckler (Fra-EUC)

5. Dan Martin (Irl-GRM)

17:20 - Victoire de Maxim Iglinskiy

Le coureur kazakhe signe son premier succès sur une classique ardennaise.

17:19 - Sous la Flamme Rouge

Iglinskiy a rejoint Nibali, puis a immédiatement attaqué. L’Italien n’arrive pas à suivre.

17:18 - Une cinquantaine de mètres d’écart

Iglinskiy est sur le point de rejoindre Nibali

17:17 - 3 km de l’arrivée

Nibali se retourne et voit Iglinskiy revenir sur lui, à une centaine de mètres.