
Bourg-en-Bresse
53.5 km
jeudi 7 juin
S’il s’est emparé du maillot jaune et bleu de leader depuis la première étape en ligne, Bradley Wiggins a distancé de façon beaucoup plus nette tous ses rivaux pour la défense de son titre sur le contre-la-montre de Bourg-en-Bresse. Le Britannique remporte l’étape avec une marge confortable de 34’’ sur Tony Martin, qui devient aussi son premier poursuivant au classement général, à 38’’. En affichant sa supériorité sur les chronos, Wiggins envoie également un message clair à ses adversaires du Tour, et notamment à Cadel Evans, qui est maintenant relégué en 5ème position de la hiérarchie, à 1’44’’.
« Turbo Durbo » place la barre haut
Le soleil brille et le vent souffle sur le parcours du contre-la-montre le plus long de la saison à ce jour. En début de programme, Travis Meyer ne compte pas ses efforts sur les 53 kilomètres qui le mènent à Bourg-en-Bresse avec le meilleur temps, après avoir dépassé les deux coureurs partis devant lui. Mais sa moyenne de 47,3 km/h ne résiste pas à Luke Durbridge, qui déboule en ville et place la barre bien plus haut : en 1h04’49’’, il relègue son coéquipier à 3 minutes, et boucle le parcours à 49,52 km/h de moyenne exactement. Bert Grabsch (OPQ) et Anthony Roux (FDJ) élèvent le niveau observé chez ceux qui terminent le chrono « pour la forme », mais le temps réalisé par l’Allemand reste nettement en retrait, à 1’32’’ de Durbridge.
Chute pour Andy Schleck
Pour l’ensemble des favoris du Tour de France, le contre-la-montre du Dauphiné a valeur de test. Andy Schleck trouvera difficilement des motifs de satisfaction après un chemin de croix sur lequel il a chuté, puis a perdu plus de 9 minutes sur le temps de Durbridge. Edvald Boasson Hagen, qui accuse une minute de retard sur le rouleur australien, occupe durablement la deuxième position dans la hiérarchie. Mais la réelle menace prend forme avec Wilco Kelderman, l’autre bébé-rouleur du peloton. Le jeune Néerlandais, également âgé de 21 ans, éclipse Durbridge de 12’’.
Rogers et Martin… en attendant Wiggins
Cette « séquence jeune » permet à Kelderman de s’emparer du maillot blanc, mais c’est ensuite une génération plus expérimentée qui s’affirme avec la prise de pouvoir de Michael Rogers. Si l’Australien impressionne en flirtant le premier avec les 50 km/h (49,85 km/h exactement), la sensation la plus forte est signée Bradley Wiggins. Même en y mettant toute sa puissance et en reléguant Rogers au rang de faire-valoir, Tony Martin ne parvient pas à entretenir le suspense. Car le temps intermédiaire de Wiggins observé au km 40,5 (36’’ de moins que Martin) prédit nécessairement l’avenir. A l’arrivée, la démonstration du Britannique ne souffre aucune contestation : avec 34’’ de moins que Martin, il remporte aisément la deuxième étape de sa carrière sur le Critérium du Dauphiné, après le prologue de 2007. Il creuse surtout un net avantage au classement général sur tous ses rivaux, puisqu’il a maintenant 38’’ d’avance sur Martin, et 1’20’’ sur Rogers. Cadel Evans pointe quant à lui en 5ème position, à 1’44’’.
« Pour moi ce contre-la-montre n’était pas un objectif mais un test. J’avais un peu perdu mes qualités en chrono, car ce n’était pas un point que je travaillais quand je roulais pour Cofidis. Mais j’ai fait un bon chrono sur le Tour de Bavière, et cela m’a mis en confiance. Je ne savais pas ce que cela donnerait sur 53 kilomètres, mais c’est bien. Je ne vise pas le classement général, donc on oublie le maillot blanc. En revanche, le vert me parait jouable. Si je passe correctement le col du Grand Colombier, il y aura peut-être une arrivée en petit comité. Samedi, je ne compte pas marquer de points, mais en revanche l’étape de dimanche peut me convenir. »
« Je ne pouvais même pas rêver de ce qui vient de se passer. Sur le contre-la-montre du Tour de Californie, j’ai terminé 27ème. Je ne pensais pas être si bon aujourd’hui. Je n’avais jamais roulé aussi longtemps, le plus long contre-la-montre de ma carrière mesurait 33 km. Aujourd’hui il y avait du vent de côté, c’était même dur de contrôler le vélo. J’espère garder le maillot blanc, et peut-être rentrer dans le Top 15 du classement général. »
« C’est mon truc, on travaille ça tout le temps. Alors aujourd’hui, je suis exactement dans mon style. J’étais très concentré, et quand j’ai vu que je revenais sur Cadel Evans, je n’ai pas voulu y faire attention, j’étais dans mon monde. Alors je suis resté concentré sur mon effort. Je connaissais les temps de passage, et donc je savais qu’il était à bloc aussi.
Nous sommes quasiment dans la même situation que l’année dernière, alors nous allons continuer de travailler. Les trois journées qui viennent seront très dures, mais je sais que mes coéquipiers sont préparés à cela, et qu’ils savant faire. Pour le Tour de France, je sais qu’il ne faut jamais oublier Cadel. D’ailleurs l’année dernière il n’était pas dominateur ici, mais il était quand même très fort sur le Tour. »
1. Bradley Wiggins
2. Tony Martin, à 37’’
3. Michael Rogers, à 1’11’’
4. Wilco Kelderman, à 1’25’’
5. Sylvain Chavanel, à 1’33’’
Le maillot jaune et bleu termine le parcours à une moyenne de 50,79 km/h, avec 34’’ d’avance sur Tony Martin.
Le champion du monde est le premier à franchir la barre des 50 km/h, il boucle le parcours avec 37’’ d’avance sur le temps de Rogers.
Après le passage de tous les coureurs, c’est Bradley Wiggins qui établit le meilleur temps intermédiaire, avec 36’’ d’avance sur Tony Martin. Cadel Evans est passé avec un retard de 1’37’’, et pourrait donc se faire rejoindre par Wiggins, parti 2’ après lui.
Interrogé après son chrono par le journal Néerlandais De Telegraaf, le coureur de Rabobank donne ses impressions : « C’est une très grosse surprise pour moi. Le plus long contre-la-montre que j’avais fait, c’était 33 km, mais je n’ai pas connu de problème pour garder mon rythme jusqu’au bout. Gagner le maillot blanc, c’est mon objectif sur ce Dauphiné »