
Il reste toujours des sommets à conquérir. À vélo, les ascensions ont une vie à travers les âges, selon l’état de la concurrence ou les enjeux ponctuels de la course. Monter au sommet du col du Galibier ou à l’Alpe-d’Huez n’a jamais la même saveur. Et les confrontations qui se tiennent chaque année sur le Critérium du Dauphiné depuis 1947 rappellent justement que le spectacle cycliste saisit et surprend quasiment à tout coup, lorsqu’il se joue sur les scènes du massif alpin. En matière de montagne, nous sommes ici au cœur du royaume des grimpeurs. Les repères pris par les meilleurs d’entre eux sont toujours précieux à quelques semaines du Tour de France.
Dans la perspective du rendez-vous de juillet, il y aura donc des enseignements à tirer, pour les coureurs comme pour les spectateurs, de cette édition 2012. Inédite sur le Tour, l’ascension vers le col du Grand Colombier revient sur le parcours du Dauphiné après vingt-quatre ans d’absence. La question des forces et faiblesses comparées sur les chronos, qui tient particulièrement en haleine les observateurs cette année, sera également largement débattue, entre le prologue de Grenoble et le contre-la-montre de 53 kilomètres entre Villié-Morgon et Bourg-en-Bresse. La Région Rhône-Alpes offrant une palette extra-large de reliefs, les coureurs pourront aussi bien se tester sur les routes souvent casse-pattes du département de l’Ardèche que sur les montées menant aux cols de Joux-Plane ou de la Colombière. C’est peut-être là que Bradley Wiggins, attendu pour défendre son titre, aura à subir les assauts de Cadel Evans, deuxième de l’épreuve à quatre reprises, mais vainqueur du Tour de France en 2011.
Christian PRUDHOMME