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Journal de l'épreuve

Liège Ans 255.5 km dimanche 24 avril

Gilbert, le Patron

Le grand favori de la course a assumé son statut à la perfection, en achevant une série de victoires inédites après ses succès sur la Flèche Brabançonne, l’Amstel Gold Race et la Flèche Wallonne. Le scénario de la course a d’abord été dicté par ses équipiers, qui ont contrôlé l’échappée du jour. C’est ensuite le patron en personne qui s’est chargé de l’animation : accompagné d’Andy, de Frank Schleck et de Greg Van Avermaet, il a durci le ton dans la côte de Saint-Nicolas, puis a réglé le cas des deux frères au sprint. Il devient le premier vainqueur belge de la Doyenne des classiques depuis Frank Vandenbroucke, et le premier Liégeois au palmarès depuis le succès de Joseph Bruyère en 1978, il y a 33 ans.

Dix hommes en tête
Sébastien Delfosse (LAN) quitte le peloton dès le kilomètre 3, suivi par Jesus Herrada Lopez (MOV) et David Le Lay (ALM). Le groupe s’étoffe avec les arrivées de Fredrik Kessiakoff (AST), Eduard Vorganov (KAT), Thomas De Gendt (VAC), Tony Gallopin (COF), Mickaël Delage (FDJ) et Yannick Talabardon (SAU) au km 13. Un dixième homme, Mathias Frank (BMC), complète la bande à partir du kilomètre 35. Leur avantage atteint rapidement 3’20’’, mais l’équipe Omega-Pharma Lotto se charge de maintenir une allure rassurante en tête du peloton.

De Gendt part en mission
Au franchissement de la côte de Saint-Roch, la situation reste sous contrôle, mais fait toutefois les affaires de Thomas De Gendt, qui part comme l’année dernière à la conquête du classement des grimpeurs. Au moment d’entamer le chemin du retour, l’écart est enregistré à 3’40’’, et bien qu’il monte jusqu’à 4’05’’ (km 150), l’emprise des coéquipiers de Philippe Gilbert est manifeste.

Leopard Trek passe à l’action
C’est pourtant l’équipe Leopard Trek qui donne le premier réel coup d’accélérateur dans la descente de la côte de Wanne. Les multiples offensives qui se déclarent dans les côtes de Stockeu puis de Haute-Levée aboutissent à la formation d’un groupe de contre attaque avec Gasparotto (AST), Sivtsov (THR), Garate, Ten Dam (RAB), Van Avermaet (BMC), Cataldo, Pineau (QST), Caruso (LIQ) et Kadri (ALM). Pendant ce temps, le groupe de tête se réduit de moitié, pour passer au col du Rosier avec Vorganov (KAT), Herrada Lopez (MOV), Frank (BMC), De Gendt (VAC) et Gallopin (COF). Leur avance n’y est plus que d’une trentaine de secondes, et la jonction est inévitable juste avant la montée vers le col du Maquisard.

Le calme à la Redoute
Une accalmie est observée dans le peloton, où les équipiers des principaux favoris se relaient pour maintenir l’écart avec le groupe de tête autour d’une minute. Les hostilités ne sont toujours pas déclarées dans la côte de la Redoute : au sommet, le groupe de tête a correctement résisté au tempo imprimé par Fuglsang, missionné par les frères Schleck, et suivi de près par Gilbert. Il reste alors 45’’ d’avance aux 7 derniers attaquants

Vino hors-jeu
C’est finalement dans la côte de la Roche aux Faucons que la sélection est opérée dans le groupe des favoris. Pendant que Gasparotto fait le vide dans le groupe de tête dès les premières pentes, Andy Schleck place une accélération à 21 km de l’arrivée. Il est uniquement suivi de son frère aîné, et de Philippe Gilbert. Ce trio reprend vite l’avant de la course, pendant qu’Alexandre Vinokourov subit un incident mécanique qui le place hors-jeu pour la gagne.

Gilbert lance le sprint
A 15 km de l’arrivée, quatre coureurs sont en position de l’emporter, avec 30’’ d’avance sur le peloton : les frères Schleck et Gilbert, accompagnés de Greg Van Avermaet. Dans la côte de Saint-Nicolas, à 6 km de l’arrivée, Philippe Gilbert passe à l’attaque à deux reprises : le premier coup distance Greg Avermaet, le deuxième lâche Andy Schleck, mais seulement provisoirement. Dans le final, il doit faire face à la menace d’Andy et de Frank Schleck. A deux cents mètres de la ligne, il lance le sprint et se détache avec autorité, laissant sans réaction les deux Luxembourgeois, qui complètent le podium.

 

Philippe Gilbert : « Je vais continuer à en rêver »

Par quelles sensations êtes-vous parcouru après cette victoire que vous attendiez depuis toujours ?

Je viens de vivre une journée exceptionnelle. C’est la course de mes rêves et j’ai réussi à <?xml :namespace prefix = st1 ns = "urn :schemas-microsoft-com :office :smarttags" />la gagner. C’est donc le plus beau jour de ma carrière sportive. J’ai eu quelques doutes dans la côte de Haute-Levée, parce que mon équipe n’était pas présente autour de moi. Du coup j’ai été attaqué de toutes parts, et un groupe de dix s’est créé, c’était inquiétant. Heureusement nous avons collaboré avec les Leopard-Trek, et nous avons pu contrôler à nouveau la course. Lorsque les frères Schleck sont partis, je ne voulais absolument pas commettre l’erreur d’il y a deux ans, alors j’ai décidé de suivre, et nous avons réussi à travailler ensemble jusqu’au final. C’était une course parfaite pour moi.

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Quelles étaient les réelles intentions des attaques face aux frères Schleck, dans la côte de Saint-Nicolas ?

C’était une situation délicate car j’étais seul face à deux coureurs, qui en plus sont des frères. Alors j’ai voulu me mettre à l’abri et ne pas avoir à subir des attaques à répétition de leur part. Du coup j’ai accéléré, ce qui m’a permis de lâcher momentanément Andy. Ensuite je savais qu’il allait revenir, mais je me trouvais dans une bonne configuration.

 

Vous avez réussi à tenir sur la durée lors de cette première partie de saison…

J’ai travaillé pendant des mois et des mois pour arriver à cette forme pendant cette semaine. Avec Milan San Remo, le Tour des Flandres, je me suis vu progresser. Et cela m’a donné beaucoup de confiance, cela aide à rester concentré aussi longtemps. Les derniers temps, j’ai aussi voulu rester à l’hôtel, passer beaucoup de temps avec mes équipiers. Nous avons réussi à créer une atmosphère.

 

Après avoir réussi à remporter toutes les classiques ardennaises, quelles sont maintenant vos rêves ?

Ce qui me fait avancer dans le vélo, c’est de remporter les classiques. Je sais que j’ai les capacités physiques pour les gagner toutes. Bien sûr, je peux faire mieux sur le Tour des Flandres, et si j’y gagne ce serait une grande réussite. En ce qui concerne Paris-Roubaix c’est très tentant, mais c’est une course très dangereuse. Et pour l’instant j’ai trop à gagner ailleurs pour prendre ce risque. J’irai certainement plus tard dans ma carrière, et d’ailleurs je pense que c’est une course qui peut se gagner avec de l’expérience. Ensuite, il me reste encore beaucoup de choses à faire dans le vélo. Un maillot de champion du monde, cela me fait rêver aussi, et je pense que les parcours de 2012 et de 2013 peuvent justement me correspondre. Je pense aussi évidemment au maillot jaune du Tour de France, que je n’ai encore jamais porté. C’est déjà un objectif pour cet été. Et pour Liège, je viens de gagner mais je ne serais pas contre une autre victoire. Je vais continuer à en rêver comme si je ne l’avais jamais gagnée.

 

Les dépêches

15:18 - j

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16:28 - Victoire de Philippe Gilbert

Le leader d’Omega Pharma - Lotto a lancé le sprint dans les deux cents derniers mètres, et distancé ses deux rivaux pour la victoire. Il remporte Liège-Bastogne-Liège, après avoir gagné la Flèche Brabançonne, l’Amstel Gold Race et la Flèche Wallonne

16:23 - Attaques de Gilbert dans la côte de la Roche aux -Faucons

Le Belge a attaqué à deux reprises, parvenant à faire céder Van Avermaet, mais pas les deux frères Schleck

16:09 - Quatre hommes en tête

A 15 kilomètres de l’arrivée, Philippe Gilbert, Andy et Frank Schleck, et Greg Van Avermaet, ont une trentaine de secondes d’avance sur le peloton. Vinokourov a été éliminé de la gagne par un incident mécanique à 20 km de l’arrivée

16:05 - Attaque d’Andy Schleck

Le vainqueur 2009 a placé son accélération à 21 km de l’arrivée, uniquement suivi de son frère Frank et de Philippe Gilbert