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Journal de l'étape

étape 5 - Parc des Oiseaux - Villars-les-Dombes Les Gets 210 km
vendredi 10 juin

Kern, la plus belle

L’étape des Gets annonçait pour les coureurs du Dauphiné le début de la bataille des grimpeurs. Ce premier acte a été dominé dans le final par l’équipe Europcar, qui a multiplié les offensives et permis à Christophe Kern d’aller chercher au sommet sa plus belle victoire. Deux ans après avoir échoué sur le Tour de France dans des conditions similaires (2ème derrière Brice Feillu à Andorre-Arcalis), Kern a bénéficié du soutien de son coéquipier Pierre Rolland avant de placer son attaque décisive à 3 km de la ligne d’arrivée. Les principaux favoris de la course n’ont pas encore déclenché de réelle explication : Bradley Wiggins reste leader du classement général, devant Evans et Brajkovic.

Sortie interdite
Les candidats sont nombreux pour une échappée sur la route des Gets. Et la multiplication des attaques en début de course a tendance à provoquer la réaction systématique des équipes passées à côté. Vêtu du maillot à pois, Leonardo Duque tente sa chance à plusieurs reprises, tout comme Michael Buffaz (COF) et Amets Txurruka (EUS) au km 20, ou encore Thibault Pinot (km 60), puis Pierre Rolland (km 75). Aussi longtemps que le jeu des offensives et des répliques se poursuit, le peloton progresse à une allure soutenue Après une heure de course, la moyenne enregistrée atteint même 45,9 km/h, avec plus de 6 km d’ascension et sans aucune descente !

Un solo de McCartney
La situation n’offre aucun répit, mais profite tout de même à Duque, qui prend le maximum de points au sommet de la côte de Corlier (km 45,5). Dans la vallée que le peloton aborde entre deux ascensions, c’est au tour de Rémy Di Gregorio (AST) de se montrer à l’avant, sans plus de succès. La moyenne monte même à 48,1 km/h après deux heures de route. C’est exactement à ce moment que Jason McCartney (Usa-RSH) obtient l’unique bon de sortie de la journée, et se lance dans un raid solitaire. Avec 2’15’’ d’avance au kilomètre 100, il bénéficie d’un brutal ralentissement du peloton pour prendre le large : 10’ au km 120, puis un maximum de 12’30’’ au km 135.

Katusha relance la machine
La tendance s’inverse tout aussi soudainement à partir du moment où les coureurs de Katusha durcissent le ton. En tête du peloton, ils enclenchent une poursuite efficace. A 40 km de l’arrivée, McCartney conserve 7’ d’avance. Mais malgré les hésitations des rouleurs russes, qui souhaitent partager la responsabilité de la poursuite, ses chances d’atteindre les Gets en solitaire s’amenuisent. En effet, plusieurs équipes voient un intérêt à se rapprocher de l’homme de tête avant la montée finale, dont Garmin-Cervélo et Europcar.

Kern, avec Rolland
En abordant la montée des Gets, McCartney a déjà perdu ses illusions. Il est repris à 9 km de l’arrivée, après 105 km en tête, par un trio composé de T.Martin (THR), Rolland (EUC) et Paterski (LIQ), les premiers attaquants dans l’ascension finale. Ce petit groupe s’étoffe de quelques ambitieux, et notamment d’Olivier Zaugg (LEO), qui pousse l’effort jusqu’à passer 4 km en tête. Mais derrière lui, une nouvelle vague d’attaques est lancée, avec Joaquim Rodriguez à la manoeuvre. Parmi les prétendants, on voit se positionner David Moncoutié, Thomas Voeckler ou Dan Martin. C’est pourtant Christophe Kern, soutenu dans son offensive par son coéquipier Pierre Rolland, qui rejoint et dépose Zaugg, à 3 km de la ligne. Les tentatives de contre-attaque menées derrière lui ne l’empêchent pas de conserver une avance suffisante pour décrocher en solitaire la plus belle victoire de sa carrière.

 

Christophe Kern : « Aucune question à me poser »

Cela faisait longtemps que j’attendais une victoire. Six ans, c’est long. Et en plus cela m’arrive sur une course comme le Dauphiné, et une étape de montagne, c’est super ! J’avais déjà essayé sur la première étape, et j’avais été repris à 800 m de la ligne.
Ce matin nous avons parlé de l’étape d’aujourd’hui au briefing, et nous pensions plutôt à Thomas Voeckler, mais j’étais également protégé. Ensuite je me sentais très bien, et je me suis lancé à l’attaque dans la montée. J’ai bénéficié d’un très bon relais de Pierre Rolland, puis ensuite j’y suis allé tout seul. C’était une bosse plutôt roulante qui me convenait bien. Et à ce moment-là je n’avais aucune question à me poser, car même si j’étais repris, je savais que Thomas était plus rapide que les autres au sprint.
J’avais déjà raté une occasion comme celle-là à Arcalis sur le Tour de France, alors cette fois-ci je ne voulais pas la laisser passer. Pendant toute la fin, Jean-René Bernaudeau m’a encouragé dans l’oreillette, et je me suis accroché.
C’est génial car pour moi le Dauphiné est une des plus belles courses. Et j’espère que je pourrai garder cette forme-là durant le Tour de France.

 

Bradley Wiggins : « Je n’ai jamais été inquiet »

« Le départ a été très rapide, et mes équipiers ont fait un boulot incroyable pour contrôler toutes les attaques, notamment Boasson Hagen et Thomas. Même sur la dernière ascension, ils sont restés calmes. Je savais que plusieurs coureurs allaient tenter quelque chose pour la victoire d’étape. Et quelques-uns de mes rivaux au classement général ont tenté de me lâcher, mais pas Cadel. Rodriguez a aussi accéléré, mais c’était plus pour l’étape que pour gagner du temps sur moi. Je n’ai jamais été inquiet. Ce n’est que la première de trois journées difficiles. Et ce sera beaucoup plus compliqué demain et dimanche. Mais je me mettrai à plat ventre pour défendre le maillot jaune ».

 

Leonardo Duque : « Moncoutié m’a aidé »

« C’était très dur en début d’étape, et je n’ai pas réussi à provoquer une échappée. Mais ensuite j’ai tout de même réussi à prendre des points sur les ascensions, grâce à l’aide de David Moncoutié. Il a lancé avec moi les sprints sur la fin des ascensions, et j’ai pu prendre de l’avance. L’étape ne paraissait pas trop difficile, mais avec ce rythme c’est tout de même épuisant. Maintenant il faut que j’essaie d’aller chercher des points en anticipant, car sur les arrivées ce sera très difficile pour moi »

 

Les dépêches

16:35 - Le Top 5 de l’étape

1. Christophe Kern (EUC)

2. C.Sorensen (SBS)

3. Thomas Voeckler (EUC)

4. Joaquim Rodriguez (KAT)

5. Alexandre Vinokourov (AST)

 

16:35 - Victoire de Christophe Kern

Il remporte sa première victoire sur le Critérium du Dauphiné

16:34 - 500 m de la ligne

Christophe Kern s’accroche a son avantage

16:33 - Sous la Flamme Rouge

Kern est toujours seul en tête, avec 10’’ d’avance

16:31 - Plus qu’un homme en tête

Christophe Kern est le dernier résistant du groupe de tête, à 2 km de l’arrivée. Il a 7’’ d’avance sur ses premiers poursuivants, et notamment Dan Martin qui a accéléré, avec Moncoutié et Voeckler dans sa roue