
Morzine-Avoriaz - 189 km
dimanche 11 juillet
Les Rousses peuvent revendiquer plus de la moitié des médailles remportées par la France aux Jeux de Vancouver. D’abord parce que le champion olympique du combiné nordique au petit tremplin, Jason Lamy-Chapuis, réside à Bois d’Amont, l’un des quatre villages de la station. Mais aussi parce que se trouve à Prémanon, où passe la huitième étape, le pôle France de ski nordique où s’entraînent la plupart des bi athlètes qui ont ramené du Canada six médailles. Installés au sein du Centre national du ski nordique qui forme depuis 1969 les moniteurs de ce sport, le pôle France et le centre de préparation des équipes de France sont devenus de véritables fabriques à médailles. C’est ici, par exemple que le champion olympique de combiné nordique d’Albertville, Fabrice Guy, a effectué son premier saut, avant de passer le relais et la flamme à Jason Lamy-Chappuis C’est ici encore que s’entraînent tous les hivers pour les grands rendez-vous annuels les équipes de France de biathlon sous la houlette de Patrice Bailly-Salins, le premier champion du monde de la discipline.
La station des Rousses s‘enorgueillit d’être le berceau du ski en France et elle le démontre amplement. Des origines, en 1899, subsiste une histoire devenue légende : la rencontre, entre le maire Félix Péclet et un officier de l’armée des Indes qui fit découvrir tout l’intérêt de ce moyen de déplacement original.
En tout cas, on fabrique des skis dans la station depuis de très longues années, comme en atteste le musée du ski créé par Roger Tinquely au sous-sol du gîte le Grand Tétras. Et la station abrite la dernière fabrique de skis nordiques en France, l’usine Vandel, installée à Bois d’Amont, le village de Jason Lamy-Chappuis.
La plus grande course de ski de fond de France, la Transjurassienne, s’élance également du village de Lamoura, l’une des quatre communes qui constituent la station. Autre course classique organisée dans la station, la Traversée du Massacre, qui doit son nom à la forêt qui borde les Rousses. C’est aussi aux Rousses que l’explorateur Paul-Emile Victor s’initia à la pratique du ski.
Mais, le ski alpin n’est pas oublié dans la station du Haut-Jura. Bois d’Amont est d’ailleurs également le village natal de Léo Lacroix, l‘un des plus grands champions de l’histoire du ski français, médaillé d’argent en descente aux Jeux d’Innsbruck en 1964 et double dauphin de Jean-Claude Killy en 1966 aux championnats du monde de Portillo au Chili.
Autre première que cette arrivée aux Rousses, joli village du Haut Jura devenu, avec trois autres communes environnantes – Bois d’Amont, Lamoura, Prémanon -, une station familiale, de sports d’hiver comme d’été. Berceau du ski en France, la station est pourtant bien connue des coureurs puisque la côte des Rousses (1.140 m, 3e ou 2e catégorie), qui conduit ensuite au col de la Faucille, a été franchie à plus de 40 reprises depuis 1911. Le peloton poursuivait alors sa route, souvent jusqu’à Divonne-les-Bains, Belfort ou Besançon.
Le Col de la Faucille, au-dessus des Rousses, fut aussi l’un des premiers cols du Tour, gravi dès 1911. À partir de 1957, le Grand Prix de la montagne fut souvent jugé au sommet de la Côte des Rousses. Les noms d’Ottavio Bottecchia, de Gino Bartali ou de Federico Bahamontes restent liés à cette montée, empruntée pour la dernière fois en 2004. Un homme est passé en tête de la Faucille et de la montée d’Avoriaz : Lucien Van Impe.
| XVIe siècle | Fondation du village des Rousses. |
| 1796 | Un cloutier de Morez fabrique des bésicles en fil de fer. C’est le début de l’industrie de la lunetterie dans la région. |
| 1848 | Construction du Fort des Rousses aujourd’hui utilisé comme cave d’affinage de Comté. |
| 1962 | Les pourparlers en vue des accords d’Evian se tiennent aux Rousses. |
| 1969 | Fondation du centre national du ski nordique. |
| 1992 | Fabrice Guy devient champion olympique du combiné nordique. |
| 1993 | Création de la Communauté de communes de la Station des Rousses. |
| 2002 | Création de la Société de gestion de la station des Rousses. La Sogestar est le premier employeur touristique du département. |
| 2010 | Jason Lamy-Chappuis devient champion olympique de combiné nordique. Vincent Gauthier triple médaillé en ski alpin aux jeux paralympiques. |
LE FORT DES ROUSSES.
Construit à partir de 1848 et achevé en 1862 pour faire face à une invasion par la Suisse, le fort des Rousses ne connut guère d’application militaire. A 1150 m d'altitude, le fort des Rousses est la deuxième forteresse française par la superficie (après le Mont-Valérien). C’était un camp retranché, base de manœuvre pour brigade de montagne pouvant recevoir de 2500 à 3000 hommes. Abandonné en 1919, il abrite des colonies de vacances, puis plus tard un centre d'entraînement des forces command. En 1997, l'Etat le vend à la commune. Depuis sa reconversion il abrite la plus grande cave d’affinage de Comté d’Europe (60000 meules de Comté d’altitude) et offre de multiples activités pour découvrir les sensations avec le parc Fort Aventure.
CENTRE POLAIRE PAUL-EMILE VICTOR.
Jurassien, l’explorateur Paul-Emile Victor était très attaché à la station des Rousses, où il s’était initié au ski. Il a tenu à installer dans la station un musée consacré à la conquête des pôles. Situé au cœur du village de Prémanon, le Centre Polaire est un espace de connaissance dans lequel se mêlent intimement la mémoire des premières investigations polaires à l'actualité des travaux scientifiques et des explorations d'aujourd'hui.
Préfecture : Lons-le-Saunier
Sous-préfectures : Dole, Saint-Claude
Population : 258 900 habitants
Site web : www.cg39.fr
Formé de la partie méridionale de la Franche-Comté, le département, fort de 258 900 habitants, tire son nom de la chaîne de montagnes qui le traverse. Par sa situation géographique, le Jura a été, depuis son annexion, mêlé à toutes les guerres auxquelles la France a participé. Ce fut la patrie de Jean de Carondelet, chancelier de l'empereur Maximilien, de Rouget de l'Isle, de Jules Grévy et de Louis Pasteur. L’agriculture est à dominante forestière et pastorale. L'élevage bovin fournit du lait et du fromage (comté) produit par des coopératives laitières (les fruitières). L'industrie, peu développée, s'est orientée vers la métallurgie, le textile, l'optique et l'industrie du bois. Saint-Claude demeure le centre de la fabrication des pipes.
Bois d’Amont fait partie des 4 villages qui constituent la station des Rousses. À 1 050 m d’altitude, ce village frontalier sur les méandres de l’Orbe compte de nombreux champions qui font partie de l’équipe de FRANCE de ski. Il est l’un des plus longs villages de France par rapport à son nombre d'habitants. L’Eglise de la nativité de la bienheureuse Vierge Marie possède le seul clocher Comtois à dôme à impériale qui soit totalement cylindrique, alors que les 664 autres clochers comtois sont à 4 faces.
Les habitants sont appelés les Bois d'Amoniers. Les deux plus célèbres sont
Léo Lacroix (1937). Médaille d’argent en descente des JO de 1964 à Innsbruck (Autriche) entre autres, il participa à l'essor du ski en France dans les années 1960 avec Jean-Claude Killy (1943), Guy Périllat (1940), Marielle Goitschel (1945), Annie Famose (1944), etc.
Jason Lamy-Chappuis (1986). Né aux ÉTATS-UNIS, il est arrivé dans ce village à l’âge de 4 ans. Il s'impose en combiné nordique dans la première épreuve de la saison 2007 à Kuusamo (Finlande) et prend d'entrée la tête du classement général, ce qui n'était plus arrivé à un Français depuis Fabrice Guy. Il réédite cette performance lors de la saison 2009-2010. Le 15 février 2010, il devient champion olympique aux JO de Vancouver.
Sur le territoire de Prémanon, se trouve une grande partie des pistes de ski alpin de la station des Rousses. Tout comme un important réseau de pistes de ski de fond dans le bois de Ban et la forêt du Massacre, emprunté par de nombreuses compétitions telles que la Transjurassienne ou la Traversée du Massacre.
On trouve également des tremplins sur le massif des Tuffes, point culminant de la commune. En 1926, un concours était organisé au lieu-dit Les Berthets, et tous se firent en ce lieu jusqu’en 1939. Un deuxième tremplin y fut construit en 1934-35 et vécut son dernier concours en 1947. Le tremplin de l’Omnibus serait d’avant la guerre de 1939-1945, quant aux Tuffes, on y sautait déjà en 1953 (son premier concours daterait d’un an plus tard, en 1954). À l'époque, il n'y avait qu'un tremplin de 65-70 m. Le site, tel qu'on le connaît actuellement, fut créé en 1976. Le stade de saut est géré et entretenu par le Centre National de Ski Nordique.
La commune abrite également le Centre Polaire Paul-Emile Victor, consacré à l’explorateur polaire qui effectuait de nombreux séjours dans la Station des Rousses. Paul-Emile Victor était originaire de Saint-Claude, où son père dirigeait une usine de pipes. Une de ses formules s’applique parfaitement aux coureurs du Tour de France : « La seule chose qu'on est sûr de ne pas réussir, c'est celle qu'on ne tente pas. »
Le village a la particularité d’être situé à cheval sur les départements sud Jura et de l’Ain
Préfecture : Bourg-en-Bresse
Sous-préfectures : Belley, Gex, Nantua
Population : 575 000 hab.
Site web : www.ain.fr
Frontalier de la Suisse et proche de l'Italie, le département de l'Ain bénéficie d'une position stratégique entre Lyon et Genève, sur l'axe européen nord/sud. Servi par d'importantes infrastructures de communication, l'Ain s'ouvre sur la région Rhône-Alpes, la France, l'Europe et le monde. L'esprit entreprenant d'une population jeune et dynamique est à l'origine d'une économie active et saine.
Troisième département le plus industrialisé de France, l'Ain est maillé par de nombreuses zones d'activités et équipé de technopôles industriels et logistiques performants dans les domaines tels que l'agroalimentaire et la plasturgie.
Par ailleurs, respectueux de ses valeurs mais également tourné vers l'avenir, le département de l'Ain préserve harmonieusement une qualité de vie reconnue, grâce à un remarquable sens de l'équilibre entre authenticité et modernité. Riche d'un environnement naturel d'exception valorisé par chacun de ses quatre pays, la Bresse, la Dombes, le Bugey et le Pays de Gex, l'Ain est également un département séduisant pour les touristes par la richesse de son patrimoine culturel et la diversité de ses loisirs.
Mijoux est une station de sports d'hiver de la vallée de la Valserine. Elle est située au pied des plus hauts sommets du Jura, et au pied du col de la Faucille. Son domaine skiable fait partie depuis 1999 de la station Monts Jura, dont les remontées unissent Mijoux au col de la Faucille et au Mont Rond. Le ski de fond est pratiqué au domaine nordique de la Vattay.
Lélex est le vilage natal d’Edgar Grospiron, le premier champion olympique de bosses en 1992 à Albertville, trois fois champion du monde de la discipline.
Situé au confluent du la Valserine et du Rhône, Bellegarde n’était à l’origine qu’un hameau de la commune de Musinens. La présence du Rhône a fait la prospérité de la ville au cours du XIXe siècle, où plusieurs usines s’installent sur le site pour utiliser l’énergie du fleuve. En août 1884, l'usine électrique Louis Dumont, avec sa retenue d'eau, fit de Bellegarde-sur-Valserine la première ville électrifiée de France, juste avant La Roche-sur-Foron en 1885 et Bourganeuf en 1886. L'un des moteurs du développement de la commune fut la présence de lignes de chemin de fer et notamment la ligne Lyon-Genève dès 1858.
Aujourd'hui, la ville de Bellegarde tend à s'agrandir, notamment grâce à des investissements à caractère commercial. La ville industrielle et vétuste se transforme petit à petit en cœur économique rutilant et palpitant de l'engouement de ses citoyens. En 2010 se terminera la construction d'une nouvelle gare de TGV.
Fort l'Écluse est un ouvrage militaire fortifié construit à flanc de montagne pour contrôler le défilé de l'Écluse, passage du Rhône en sortie ouest du bassin genevois. C'est un site classé, s'étendant sur 1.844 hectares et qui offre les vestiges de plusieurs siècles d'architectures militaires (tours, tourelles de guets, meurtrières, échauguettes, casemates, chambres à munitions).
Préfecture : Annecy
Sous-préfectures : Bonneville, Saint-Julien-en-Genevois, Thonon-les-Bains
Population : 706 000 hab.
Site web : www.cg74.fr
Partie intégrante du Duché de Savoie jusqu'à son rattachement à la France en 1860, la Haute-Savoie a conservé de ce passé historique et frontalier un particularisme vivace et des liens très forts avec la Suisse romande et le Val d'Aoste voisins.
Sa géographie est celle d'une zone montagneuse (massifs élevés dont celui du Mont-Blanc) et de vallées actives, dont les localités s'étalent au bord des lacs Léman, qui forme la frontière avec la Suisse, et d'Annecy, la préfecture.
Département très attractif par son potentiel économique lié à son aspect frontalier et à ses nombreux atouts touristiques, la Haute-Savoie voit sa population croître et a dépassé aujourd'hui les 700.000 habitants. La candidature d'Annecy et du département aux Jeux olympiques d'hiver de 2018 devrait encore contribuer à ce dynamisme.
Sous-préfecture de la Haute-Savoie, Saint-Julien-en-Genevois a vu son histoire rythmée par sa position géographique stratégique et par les conflits entre Genève et les Ducs de Savoie. Son histoire reste d’ailleurs dominée par la signature, le 21 juillet 1603, du Traité de Saint-Julien, traité de paix qui mit fin aux guerres entre Genève et la Savoie. Sa situation frontalière fait aujourd’hui sa force puisque sa population a décuplé en un siècle. Pierre Mazeaud fut maire et député de la commune. L’ancien président du conseil constitutionnel et ancien secrétaire d’Etat à la Jeunesse et aux Sports fut aussi le chef de la première expédition française ayant conquis l’Everest. La commune fut, en 1987, la ville départ d’une étape remportée à Dijon par Régis Clère.
La localité est placée sous le signe de la musique puisque la ville, d’où est originaire la famille du compositeur Maurice Ravel, vit se marier en secret en 1859 Giuseppe Verdi et la cantatrice Giuseppina Strepponi.
Luis Ocana y avait remporté l’une de ses six victoires d’étape en 1973.
Annemasse est située à la frontière franco-suisse, au sud du Lac Léman et dans l’agglomération de Genève. La région a notamment été peuplée par les Allobroges vers 300 av. J-C et on trouve un site archéologique sur le Mont-Salève.
Au VIe siècle, une église y est consacrée par Maxime, évêque de Genève, et par saint Avit, évêque de Vienne. Située en Savoie, Annemasse a été française de 1792 à 1815, dans le département du Mont-Blanc puis le département du Léman, avant d'être rendue à la Restauration. Elle est redevenue française en 1860 lors de l'annexion de la Savoie. Comme l’ensemble des villes françaises frontalières avec la Suisse, Annemasse a connu depuis un siècle un accroissement spectaculaire de sa population.
Elle fut en 2004 le départ d’une étape s’achevant à Lons-le-Saulnier. Annemasse est également la ville de Philippe Chevalier, vainqueur en 1983 de l’étape Bordeaux-Pau.
Aux alentours de l’an mil, des Bénédictins se sont installés à l'emplacement du village, où ils ont élevé une petite chapelle placée sous le vocable de Saint-Georges, qui a donné son nom au village.
Le château de Beauregard a été bâti à partir du XIIIe siècle, par une famille probablement originaire d’Écosse, les De la Fléchère. Son histoire est liée à ces derniers, à celle du Faucigny et des États de Savoie. Au début, un simple donjon rectangulaire aux murs de 1,20 m d’épaisseur est devenu, à présent, le corps principal du château. Il a été pillé et incendié maintes fois. Les autres parties du bâtiment y furent ajoutées au fur et à mesure de l'histoire, dont les murs d’enceinte (abattus au cours du XIXe pour laisser passer la lumière) et les 4 tours situées aux angles. La terrasse crénelée et munie de tourelles (XVIIe siècle), située au sud du château, face au bourg, n'a jamais eu aucune fonction militaire. La bande de peinture blanche, située sous les toitures, commémore la participation d'un comte De la Fléchère à la ‘‘croisade’’ du Comte vert Amédée VI de Savoie (1334-1383), en 1366. Le château est resté au sein de la famille jusqu’en 2004 où son propriétaire en fit don au diocèse d’Annecy qui le confia à une communauté religieuse.
La principale activité des Gets, avant de devenir un village touristique et une station de ski des Portes du Soleil, était l'agro-pastoralisme ainsi que la valorisation du bois utilisé comme matériau de construction et combustible. Depuis l’après Guerre, le ski fait la fortune du village installé au col des Gets et dont sont originaires plusieurs skieurs de renom comme Danielle Debernard ou Deborah et Nicolas Anthonioz. La station était aussi le refuge du réalisateur Roger Vadim, qui s’y était installé avec sa mère après la mort de son père à Morzine en 1938 alors qu’il était âgé de 10 ans. Les Gets est également un haut lieu du VTT. La station a accueilli les championnats du monde en 2004.
Décidément l’air de Morzine et d’Avoriaz doit favoriser le succès. Si Jean Vuarnet ou Gérard Brémond sont partis de cette vallée pour atteindre les sommets, Annie Famose a fait aussi bien, qui est aujourd’hui à la tête d’un petit empire. Pourtant attachée à ses racines pyrénéennes, l’ancienne championne du monde a trouvé à Avoriaz, où elle s’est installée une fois sa carrière terminée, en 1974, le tremplin idéal pour les entreprises qui lui tenaient à cœur. Ce fut d’abord, en 1975, le Village des enfants, qu’elle crée avec sa copine de l’équipe de France Isabelle Mir, mettant au point une méthode d’enseignement du ski permettant aux tous petits de se lancer sans crainte. En même temps, elle ouvrit dans la station une boutique de location de skis qui allait, logiquement, faire des petits. Aujourd’hui, la triple médaillée des Jeux de Grenoble est à la tête de Skiset, une enseigne qui fédère 250 magasins et est devenu le leader de la location de skis en Europe. Par ailleurs présidente de l’Office du tourisme d’Avoriaz, Annie Famose est très engagée dans la candidature d’Annecy pour les Jeux de 2018. Pas seulement parce qu’on ne manquerait pas de fêter, à cette occasion, le cinquantenaire de ses exploits de jeunesse, mais surtout parce qu’elle est très attachée au respect de l’environnement, une des valeurs clefs du dossier d’Annecy. Avoriaz, qui a proscrit la voiture dès sa création, a été en la matière un précurseur.
L'histoire d'Avoriaz, c'est avant tout une histoire d'hommes que le hasard a fait se rencontrer et qui a permis à ces terres d'alpage exploitées depuis le XIIe siècle de devenir l'une des plus fameuses stations de ski internationales. Comment Jean Vuarnet, alors jeune champion olympique, prit-il en main la destinée de ces champs de neige, au début avec le soutien de Louison Bobet ? Comment son chemin croisa-t-il alors celui de Gérard Bremond qui, grâce à Avoriaz, deviendra le PDG de Pierre & Vacances, l'un des plus grands groupes d'immobilier de loisirs en Europe ? Comment de jeunes architectes, comme Jacques Labro, allaient-ils avoir autant de liberté pour créer en site vierge une station à l'architecture aussi singulière ? Comment ce décor naturel allié à autant de fantaisie architecturale allait-il composer une alchimie fantastique et donner naissance à un festival qui marquera à jamais la renommée de la station ? Les réponses à cette énigme dressent la fresque émouvante de cette station unique en son genre.
Bernard Hinault n’a jamais caché son peu de goût pour les pavés même s’il s’est fait un point d’honneur de remporter Paris-Roubaix en 1981. Dans ce Tour 1979, les pavés lui ont joué des tours dans la neuvième étape qui conduisit le peloton d’Amiens à Roubaix. Le Maillot Jaune conquis en première semaine passa alors sur les épaules de Joop Zoetemelk, qui a mieux négocié ce passage dans l’Enfer du Nord. Le Blaireau, petit à petit, s’emploie à ronger l’avance du Néerlandais. De 2’08” au sortir des pavés elle n’est plus que de 49 secondes au matin de ce contre la montre de 54 km entre Evian et Avoriaz, une distance et un terrain tout à fait à sa convenance. Hinault se montre sans pitié pour ses adversaires. Zoetemelk est relégué à 2’37”. Le Tour est joué.
En cette fin des années 70, Avoriaz, qui n’avait pas dix ans, s’était fait une spécialité des contre-la-montre en côte, sacrant à deux reprises Lucien Van Impe roi de la montée depuis Morzine. Sur des distances plus longues, Bernard Hinault, donc, en 1979 puis Piotr Ugrumov en 1994 y domptèrent aussi le chrono et l’altitude de 1.800 mètres. En 1985, c’est Lucho Herrera qui aperçut le premier les « portes du Soleil », lâchant Bernard Hinault et Pedro Delgado dans une étape en ligne comme celle qui attend le peloton 2010. Lance Armstrong connaît bien cette montée puisqu’il remporta en 2002 une étape du Critérium du Dauphiné Libéré.
| 1961 | Construction du téléphérique de Nyon et de celui d’Avoriaz. |
| 1966 | Inauguration de la station, entièrement piétonne. Construction de l’hôtel les Dromonts. |
| 1967 | Gérard Brémond, créateur de la station avec Jean Vuarnet, fonde le groupe Pierre & Vacances. |
| 1973 | Création du festival du film fantastique d’Avoriaz. Il durera jusqu’en 1993. |
| 1993 | Installation du Télésiège du Tour, premier télésiège débrayable à six places au monde. |
| 2003 | Grâce à son architecture intemporelle en bois, Avoriaz reçoit le label de grande réalisation du patrimoine du XXe siècle. |
| 2009 | Inauguration de la place Jean Vuarnet. |
LA CHAPELLE DES PRISONNIERS.
Née de la volonté de déportés et de prisonniers revenus au pays d’ériger un monument du souvenir, la chapelle, conçue par l’architecte René Faublée, fut construite par les anciens prisonniers eux-mêmes et inaugurée en août 1959.