
Gueugnon - 227.5 km
vendredi 9 juillet
Un parcours touristique inattendu rappelle un épisode méconnu de l’histoire de Montargis : la Venise du Gâtinais fut, sans le savoir, un des berceaux de la révolution communiste en Chine. Dans les années 1910 et 1920, de jeunes Chinois vinrent ainsi travailler et étudier en ville. Ils avaient pour nom Zhou Enlai, Li Fuchun, Li Weihan, Chen Yi ou encore Deng Xiaoping, futur leader du parti communiste chinois. Entre 1912 et 1927, ils seront ainsi quelque 400 jeunes Chinois à faire leurs humanités dans le Loiret. Et c’est même au contact des ouvriers et des syndicalistes locaux que naîtra leur fibre marxiste. Deng Xiaoping, par exemple, travailla dans l’usine Hutchinson de Langlée, où il n’impressionna guère ses employeurs. Le 13 août 1920, Cai Hesen, le mentor de cette petite communauté, posta de Montargis à son ami Mao Zedong une lettre proposant la création d'une formation politique qui allait s'appeler le Parti communiste chinois. Un parcours touristique, mis en place depuis 2005 par l’association Amitié Chine-Montargis, permet de retrouver les logements ou les collèges que fréquentèrent ces étranges touristes. L’objectif est aussi d’attirer à Montargis, l’un des plus « beaux détours de France », des touristes chinois de plus en plus nombreux dans l’Hexagone.
L’origine des pralines est des plus controversées, mais Montargis joue un rôle important dans l’hypothèse la plus souvent admise. Cette friandise à base d’amande et de sucre qui fait le bonheur des petits et des grands aurait été inventée par un certain Clément Lassagne (d’autres l’appellent Jaluzot), cuisinier du Maréchal de Plessis-Praslin. Coureur de jupons, ce dernier lui aurait demandé de créer un bonbon à offrir à ses conquêtes afin de s’attirer leurs faveurs. Une variante de l’histoire assure que c’est un des commis de Lassagne qui aurait inventé la praline en faisant tomber par mégarde une amande dans du miel du Gâtinais. On assure enfin que le maréchal aurait utilisé ces friandises pour amadouer des insurgés bordelais avec lesquels il avait été chargé de négocier une trêve. Installé dans la forteresse de Blaye, il leur aurait servi des pralines à dîner. Blaye revendique ainsi également la paternité de ce mets. A la fin de sa carrière, Lassagne serait rentré à Montargis, dont il était originaire, avec la recette des fameuses pralines, dont la vogue a gagné le monde entier.
De nos jours, la confiserie Mazet, qui se présente toujours à l’enseigne au Duc de Praslin, perpétue cette tradition et commercialise les fameuses pralines de Montargis, d’après la recette secrète de leur créateur. La confiserie Mazet se trouve dans l’immeuble même où Clément Lassagne avait installé au 17e siècle sa Confiserie du Roy. Rachetée en 1902 par Léon Mazet, la bâtisse a été reconstituée sur le modèle de la confiserie d’origine d’après des documents d’époque, en 1920.
Montargis et le Tour, c’est une vieille histoire, puisque la ville figurait sur le parcours de la première étape du Tour 1903 entre Paris et Lyon. Ville étape lors de trois éditions, la Venise du Gâtinais a toujours fait honneur aux grands finisseurs. Hermann van Springel avait été le premier à s’y imposer en 1969. En 1976, où la ville servait de départ à une étape jugée à Créteil, c’est un autre Belge, Freddy Maertens, qui l’avait emporté. Pour la dernière venue du peloton, en 2005, la victoire était revenue au plus Belge des Australiens, Robbie McEwen. Si dans le Tour, Montargis fut souvent placée en toute fin de parcours, en raison de sa proximité avec Paris, la ville a vu Paris-Nice s’élancer pendant trois ans dans la localité voisine d’Amilly. Une arrivée de la Course au Soleil avait également eu lieu à Montargis en 2004. L’Espagnol Pedro Horrillo s’était alors imposé.
Originaire du Loiret, Geoffroy Lequatre est un peu le régional de l’étape.
| 1170 | Pierre de Courtenay, quatrième fils de Louis Le Gros, reçoit la ville en dot et y accorde de nombreux privilèges aux habitants. Il la cède à Philippe Auguste en 1188. |
| 1427 | Les habitants de Montargis s’illustrent dans la Guerre de Cent Ans contre les Anglais. Charles VII récompense la ville. |
| 1525 | Un incendie ravage la ville. Construction du magnifique chœur de l’église Sainte-Madeleine. |
| 1528 | François 1er engage la ville à sa belle-sœur Renée de France, protestante, puis à sa fille Anne d’Este. |
| 1612 | Marie de Médicis rachète la ville aux héritiers d’Anne d’Este. |
| 1627 | Montargis revient à la maison d’Orléans, qui la conserve jusqu’à la Révolution. |
| 1749 | Naissance de Mirabeau au château de Bignon. |
| 1767 | Naissance du peintre Girodet. |
| 1870 | Sculpture par Debrie du Chien de Montargis, rappelant la légende selon laquelle un chien, au XVe siècle, aurait confondu le meurtrier de son maître. |
LE CHATEAU ROYAL DE MONTARGIS
Il reste du château la tour carrée dite « poterne », une tour d'angle qui domine la ville et des vestiges dont certains se visitent : la crypte du XIIe siècle de l'église Sainte Marie, les caves du jardin royal (XIIIe siècle). Les remparts face à la ville sont en cours de restauration. On recrée aussi une partie des jardins médiévaux-Renaissance du château, dits jardins d'agrément.
EGLISE SAINTE-MADELEINE
Construite à partir du XIIe siècle, elle fut restaurée et complétée sous la direction de Viollet-le-Duc à partir de 1863. Elle est classée au titre des monuments historiques depuis 1909. La nef, construite à la fin du XIIe siècle, est le reste de la première église paroissiale indépendante du château, probablement fondée par Philippe Auguste. Les chapelles du flanc gauche ont été ajoutées à la fin du XVe siècle ou au début du XVIe siècle. Le chœur est la partie la plus remarquable. Il a été construit après l'incendie du 25 juillet 1525, qui détruisit presque toute la ville.
Préfecture : Orléans
Sous-préfectures : Montargis, Pithiviers
Population : 648 000 hab
Site web : www.loiret.fr
Le Loiret occupe la majeure partie de l’ancien Orléanais, mais son territoire a été complété d'autres unités qui en font une véritable mosaïque : le Dunois, la Beauce au nord, le Gâtinais au nord-est, la Sologne au sud ainsi qu'une fraction de la Puisaye et du bas- Berry). Il occupe à la fois une position stratégique et un des noeuds de communications naturelles les plus importants de France. Les contrastes de la géographie se retrouvent dans la nature, qui justifie également la convoitise que suscita le département tout au long de l’Histoire. L'économie du département est avant tout agricole (exploitation forestière généralisée, élevage bovin, produits de basse-cour, apiculture). Hormis quelques fabrications de mécanique lourde dans le Val de Loire, l'industrie légère se diversifie avec les produits chimiques, la métallurgie, les petites unités textiles (Orléans, Montargis), les jouets (Briare). Les spécialités gastronomiques régionales sont légion (vinaigre et volailles d'Orléans, pâté d'alouette et gâteau de Pithiviers, gibier et pâtés de Sologne, saumons de la Loire, pralines de Montargis, vins de la Loire, miel du Gâtinais).
En 1190, Étienne Ier de Sancerre fit construire à la place d’un ancien oppidum le donjon que l'on aperçoit toujours aujourd'hui. En 1359, la ville fut assiégée et détruite entièrement par les Anglais. Reconstruite dans la vallée, elle fut canalisée et fortifiée à partir de 1376 de belles murailles percées de trois portes et flanquées de cinq tours dont on voit encore les vestiges. En 1437, Châtillon entre dans la Maison des Coligny et en 1464, Jean III de Coligny fils aîné de Guillaume II, s’établit à Châtillon-sur-Loing et fit construire les grandes terrasses. Tour à tour, les seigneurs de Coligny embellirent le château et le fortifièrent. En 1854, le dernier descendant des Coligny fit construire le château actuel. Appelée Châtillon-Coligny depuis 1896 à la place de Châtillon-sur-Loing, la ville conserve encore aujourd’hui son cachet de ville médiévale. Ville des physiciens Antoine et Henri Bécquerel, Châtillon-Coligny eut également pour hôte Colette, qui y vécut et s’y maria avec Willy.
Préfecture : Auxerre
Sous-préfectures : Avallon, Sens
Population : 352 000 hab
Site web : www.cg89.fr
Le département est traversé, du sud vers le nord, par la rivière qui lui a donné son nom, l'Yonne, affluent de la Seine, qui la rejoint à Montereau-Fault-Yonne (Seine-et-Marne). L’Yonne fait partie des départements attractifs où les arrivées de population l’emportent sur les départs. C'est ainsi le département le plus dynamique de la Bourgogne avec une croissance démographique de 0,41 % par an, qui porte sa population actuelle à 352 000 habitants.
Les nombreux châteaux et le tourisme rural (Parc naturel du Morvan) contribuent à son attractivité, mais c'est aussi par son vignoble que l'Yonne se distingue : Chablis, Irancy, Vézelay, sont quelques une des appellations prestigieuses du département.
L'AJ Auxerre, club phare de la plus grande ville du département (40.000 habitants) a également contribué à son rayonnement.
Les suiveurs du Tour de France n’ignorent rien de Saint-Fargeau depuis que le Tour y fit étape l’an dernier, devant le château. Ce dernier, d’abord relais de chasse de l’évêque d’Auxerre Héribert, fils naturel d’Hugues Capet, accueillit nombre d’hôtes prestigieux au cours de son histoire. Acquis en 1450 par Jacques Cœur, il fut la demeure de Madame de Montpensier, la Grande Mademoiselle, qui y vécut cinq ans en exil à partir de 1652 en raison de ses prises de position pendant la Fronde. En 1713, la famille Le Pelletier fit l’acquisition du château. Célèbre conventionnel, Louis-Michel Lepelletier fut assassiné la veille de l’exécution de Louis XVI le 20 janvier 1793. David peignit une toile de cet assassinat, aujourd’hui disparue. C’est enfin Jean d’Ormesson qui passa sa jeunesse au château, qu’il évoque dans son roman Au plaisir de Dieu, paru en 1974.
Préfecture : Nevers
Sous-préfectures : Château-Chinon, Clamecy, Cosne-sur-Loire
Population : 229 000 hab
Site web : www.cg58.fr
Au contact du Bassin parisien et du Massif Central, le département jouit d’une situation exceptionnelle à la jonction des régions Bourgogne, Centre et Auvergne. Longé par la Loire et bordé par le massif du Morvan, il se distingue par trois zones géographiques principales: la zone morvandelle à l’Est, région de petite montagne à dominante rurale et à vocation touristique (Parc naturel régional du Morvan), la zone centrale, de bocage et de cultures, très agricole, et enfin la zone occidentale plus dense et plus urbanisée, organisée le long d’un axe Nord-Sud formé par le Val de Loire.
Ses 229 000 habitants se répartissent d'abord dans le Val de Loire (Nevers, Cosne-Cours-sur-Loire, Decize), mais aussi pour près de la moitié dans l'espace à dominante rurale, d'où l'importance dans le département du secteur agricole et, parallèlement, de la gastronomie. La Nièvre est ainsi le royaume de la race bovine charolaise. Mais les fromages (crottin de Chavignol) ou les vins de Pouilly contribuent également à sa renommée.
Le passé minier du département pourrait refaire surface, des initiatives envisageant de le relancer.
Le château de Saint-Amand-en-Puisaye est un des plus importants châteaux de la Renaissance dans le Nivernais. Il fut reconstruit vers 1530 par Antoine de Rochechouart, fils d'un chambellan du Roi François Ier, sur l'emplacement d'une forteresse féodale probablement détruite par le Duc de Bourgogne quand celui-ci, en 1402, envahit l'Auxerrois. Le château abrite aujourd'hui un musée consacré à la céramique, activité qui fait la renommée de la ville et de ses environs.
Le Château de Corbelin se trouve sur la commune. Il se compose d’une orgueilleuse sentinelle flanquée de ses 4 tours rondes et massives (XIVe), d’un corps de logis (XVIe) de deux étages entre les tours Sud-Est et Sud-Ouest, d’un bâtiment utilitaire (XVIIIe, adossé au corps de logis), et d’un commun plus récent (XIXe). On sait qu’au XIIe siècle, un château existait déjà à cet emplacement. Situé entre le Comté de Nevers et la Baronnie de Donzy, placé le long de la rivière de Corbelin, il avait un rôle important dans les activités du flottage du bois et la production sidérurgique (jusqu’au milieu du XIXe siècle). On peut également y admirer les ruines d'un haut-fourneau, du XIXe siècle.
L’ancienne chapelle de Corbelin demeure le témoignage lui aussi, d’une intense activité sidérurgique, à présent disparue. Utilisée de 1240 à 1800, elle devient ensuite un bâtiment agricole, en 1863. Tombant en ruine, elle est restaurée entre 1995 et 1998 par la Caisse Départementale des Monuments et des Sites de la Nièvre (CAMOSINE). Bien que particulièrement remaniée dans un style très dépouillé, elle a conservé quelques témoignages architecturaux caractéristiques du XIIIe siècle. Son clocher robuste mais simple, est coiffé d’un toit à 4 pans.
Le château de Brinon est cerné de larges douves flanquées de quatre tours d’angles. Le pavillon central (XVème siècle) et le bâtiment principal (XVIème siècle) sont ornés de fenêtres élégantes et des blasons de leurs illustres occupants : les Rabutin et les Jaucourt. Au cours du XVIIIème siècle, le chevalier Louis de Jaucourt fut le collaborateur le plus important de Diderot pour l’écriture et le financement de son encyclopédie. Louis de Jaucourt écrivit pas moins de 17 266 articles à Brinon. Visites extérieures et visites du parc de juillet à septembre.
Le village possède un château, dont l’histoire remonte à plus de dix siècles. Un seigneur lui est connu à partir de l’an 900. La première lignée des sirs de Châtillon y demeura jusqu’en l’an 1360. À l’origine forteresse médiévale, il est construit sur un éperon calcaire. La rivière Aron, qui coulait 20 m en contre bas des murailles, le défendait en formant des douves naturelles. Longtemps considérée comme imprenable cette forteresse est pourtant mise à mal trois fois, au cours des guerres entre Louis XI (1423-1483) et Charles le Téméraire (1433-1477). Fortement endommagé, il est reconstruisit, fin XV°, sur les restes du donjon. Les familles (de Châtillon, Rochefort, Chandiou, Pontailleraerssens, Somelvick, Bethune-Chabris, Pracomtal Sribny et Moreau Sribny) qui se succèdent le transforment au fur et à mesure, lui donnant son charme actuel. La fille de Robert Sribny poursuit l’oeuvre de son père qui restaura ce château avec amour et sacrifices. Il est à présent château d’hôtes, on y donne même des cours de ‘’haute cuisine’’. Les jardins et le parc sont inscrits aux Monuments Historiques et sont labellisés « jardins remarquables de France » par le ministère de la Culture.
Ce canal, de 174 km sur 2,60 m, relie le bassin de la Loire (à Saint-Léger-des-Vignes) à celui de la Seine par l’intermédiaire de l’Yonne. Il traverse le département de la Nièvre, les Vaux d’Yonne et termine sa course à Auxerre. Il possède 2 ponts-canaux et 116 écluses (35 sur la Loire et 81 sur la Seine). Commencé en 1784, il a été inauguré en 1842. Construit au départ pour faciliter le flottage du bois de Clamecy vers Paris, le canal du Nivernais fut un important axe de communication qui contribua au développement économique des Vaux d’Yonne et de sa région jusqu’à l’arrivée du chemin de fer au XIXe siècle. Aujourd’hui il est réservé à la navigation de plaisance, et considéré comme l’un des plus beaux d’Europe.
Jules César et ses troupes ont découvert des sources chaudes dans la localité. La ville devient alors Aquae Nisinaeï, et les thermes sont en activité jusqu'à leur destruction en 373. Les invasions de peuples germaniques mettent fin à cette prospérité, et les thermes sont inutilisés.
En 1106, Hugues de Châtillon crée un prieuré appelé Saint-Honoré. En 1789, les vertus thérapeutiques de l'eau de Saint-Honoré-Les-Bains sont mises à jour par le docteur Regnault de Lormes. Une première tentative d'exploitation commerciale de l'eau a lieu en 1812. Le marquis Antoine Théodore d'Espeuilles fait construire des thermes qui ouvrent en 1855, et les sources sont déclarées d'utilité publique en 1860. La période 1855-1930 voit une clientèle bourgeoise fréquenter l'établissement thermal. Cette vogue entraîne la construction d'un casino, d'un théâtre, de courts de tennis, d'un centre équestre, du golf, de la piscine, et d'un kiosque à musique. La Seconde Guerre mondiale met un terme à cette période faste, puis l'activité reprend avec la fin des hostilités, mais la clientèle change et vient désormais pour de courts séjours.
On peut encore admirer sur la commune le Château de la Montagne, bastion stratégique depuis l’antiquité, qui appartint au marquis d’Espeuilles, fondateur de la station thermale.
Pour l’amateur de cyclisme, Luzy est avant tout la ville natale de Jean-François Bernard, troisième du Tour 1987, où il remporta une fantastique étape contre-la-montre au Ventoux, confirmée, toujours contre le chrono, dans l’avant-dernière étape à Dijon. Révélé l’année précédente par sa victoire en solitaire à Gap, « Jeff », aujourd’hui consultant respecté et pronostiqueur redouté, a garni son palmarès d’une victoire dans Paris-Nice, du Critérium International et de victoires d’étape dans le Giro et la Vuelta. Attaché à son département de la Nièvre, il y créa en 2005 une cyclosportive à son nom.
Préfecture : Mâcon
Sous-préfectures : Autun, Châlons-sur-Saône, Charolles, Louhans
Population : 571 000 hab
Site web : www.cg71.fr
Avec une superficie de 8 575 km2, la Saône-et-Loire se place au 7ème rang des départements français. Elle compte 551 842 habitants (64 habitants au km2). Elle se situe au sud de la région Bourgogne, limitrophe avec quatre autres grandes régions : la Saône-et-Loire est en effet entourée des départements de Côte-d’Or et de la Nièvre (Bourgogne), de l’Allier et de la Loire (Centre), du Jura (Franche-Comté), de l’Ain et du Rhône (Rhône-Alpes). Le département est d'une grande richesse en ressources agricoles : la vigne avec des vins de renommée mondiale ; l'élevage de bovins charolais et de volaille de Bresse. Les ressources industrielles sont également importantes et variées : bassin houiller de Blanzy/Montceau-les-Mines; métallurgie au Creusot, à Gueugnon, à Chalon; céramique à Digoin, Paray-le-Monial, Charolles ; industries textiles et chimiques.
Capitale mondiale de l’inox, Gueugnon a su utiliser le matériau qui a fait sa renommée et sa fortune pour embellir ses rues. Entre 1987 et 1991 dans le cadre d’un Symposium de sculptures monumentales, 23 artistes de renommée internationale ont réalisé des œuvres en acier inoxydable qui forment un véritable musée contemporain en plain air. Ces créations, dont certaines atteignent cinq mètres de haut, sont réparties un peu partout dans la ville, et notamment dans le Parc de la Maison pour tous, devant le château d’Aux, qui est situé près de l’arrivée de cette 6e étape. Les Portes de Bourgogne de Pierre Hemery, la Marelle de Bernard Thimonnier, le Totem de Momcilo Milovanovic, l’Arbre d’Acier de Dietrich Mohr, Inox et Bois d’Hervé Bourdin, Bois et Acier de Roland Cognet, Les Portes d’Ivan Avoscan, Tiphereth ou la Porte des Hommes de Michel Makuchowski, Adam et Eve ou la Colère de Dieu de François Noël, Rainbow Cow de Karen Gudlen, Dérive Boréale de Jean Suzanne, Les Portes du Soleil de Bernard Morot-Gaudry, Fantaisie Métallique III d’Alain Bourgeon, Dialogue Projection I de Gérard Lardeur, les Trois Eléments d’Ariel Moscovici, Inox d'Eléonore Straub, Trois Fauteuils de Jean-Claude Mattei, Inox et Pierre de Nicolae Fleisig et la Grande Marelle de Jean-Marie Chupin… Toutes ces œuvres démontrent qu’art et industrie peuvent faire bon ménage.
L’histoire de Gueugnon se confond avec celle de ses forges, créées en 1724 et qui, 250 ans plus tard, devinrent le numéro un mondial de l’acier inoxydable. C’est à un marquis de la Tour Maubourg, Jean Hector de Fay, que l’on doit la création d’une forge et d’une fonderie qui fournissaient de la fonte et du fer pour les cloutiers. Plusieurs grandes familles prirent ensuite le relais pour développer cette industrie. La famille Perrot dirigea les forges de 1788 à 1845, avant de les céder à la famille Campionnet, qui les fera passer dans l’ère industrielle. La production se concentre alors sur le fer blanc et enrichit la ville ainsi que les Campionnet, qui gèrent leur entreprise d’une main de fer. A l’été 1899, une grève dure est tout aussi durement réprimée et marquera la mémoire ouvrière de Gueugnon. En 1919, les Gueugnonnais éliront à la mairie Jean Laville, ancien sidérurgiste licencié par les Campionnet en 1899. Il laissera son nom au stade de la ville. La modernisation se poursuit à partir de 1931, où les Wendel prennent la direction des forges et conserveront des parts dans l’entreprise même après la reprise de la sidérurgie par l’Etat en 1977. Gueugnon devient la capitale mondiale de l’inox à la fin des années 60 alors que les forges emploient près de 4 000 personnes et produisent jusqu’à 300 000 tonnes. Passées sous la coupe du groupe Ugine SA, puis Arcelor, les forges voient leur production continuer à croître, même si les progrès technologiques compriment l’emploi. En 2006, les forges passent sous le contrôle du milliardaire indien Lakshmi Mittal. Le géant Arcelor Mittal est né et devient le premier groupe sidérurgique au monde.
Gueugnon est la première arrivée inédite de cette édition. La cité des Forges, plutôt terre de football avec les fameux Forgerons vainqueurs de la Coupe de la Ligue 2000, s’ouvre de plus en plus à la petite reine. En août 2008, elle avait accueilli la Route de France féminine. Mais même si Gueugnon n’est pas encore une grande ville de cyclisme, on ne peut pas dire autant du département et de la région. La ville a accueilli à plusieurs reprises des étapes du Circuit de Saône-et-Loire, organisé par le puissant club du Creusot Cyclisme, où est licencié le champion de France du contre-la- montre Jean-Christophe Péraud. Cette épreuve a fêté cette année ses 45 ans et peut s’enorgueillir d’un passé prestigieux puisque Jean-François Bernard, Franck Pineau, Hennie Kuiper, mais aussi Vincent Lavenu ont inscrit leur nom à son palmarès.
| 876 | Mention d’un petit village du nom de Quinium. |
| 1724 | Création des Forges de Gueugnon. |
| 1784 à 1787 | Construction par Emiland Gauthey du pont sur l’Arroux. |
| 1849 | Les Forges reviennent à la famille Campionnet. |
| 1899 | Grande grève aux Forges. |
| 1910-1920 | Développement des Forges. Le village devient une ville. |
| 1919 | Jean Laville devient maire de Gueugnon. |
| 1931 | Les Wendel dirigent les Forges. |
| 1960 | La ville devient la capitale mondiale de l’inox. |
| 1987 | Début du Symposium de sculptures monumentales en inox. |
| 2000 | Gueugnon remporte la Coupe de la Ligue de football. |
MUSEE DU PATRIMOINE GUEUGNONNAIS
On peut y découvrir les différentes productions gueugnonnaises ainsi que plusieurs facettes de l'histoire locale : géologie, archéologie, histoire contemporaine et mémoire ouvrière. L’exposition permanente « les empreintes de l'histoire en Pays gueugnonnais », emmène à travers le passé de Gueugnon. Au fil de la visite se dévoile la transformation de la cité de l'Inox et de la vie quotidienne en milieu rural.
LA PIROGUE MONOXYLE
Découverte fortuitement au sud de Gueugnon sur la rive droite de l’Arroux à l’occasion de l’étiage estival de 1984, la pirogue monoxyle (taillée dans une seule pièce de bois), longue d’environ 9 mètres fut datée de l’époque carolingienne (datation C14 : 810+- 60 ans après JC). Gorgée d’eau et restaurée par l’atelier ARC-Nucléart de Grenoble, elle devrait être exposée au musée du patrimoine.