
Pauillac - 52 km
samedi 24 juillet
Bordeaux et sa région vont bientôt disposer d’un des plus grands lasers au monde, le Laser Mégajoule, équipement de recherche exceptionnel, dont un seul équivalent existe dans le monde, en Californie. Installée au sein du Centre d’études scientifiques et techniques d’Aquitaine (CESTA), ce laser a d’abord des applications stratégiques et est placé sous l’autorité du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) mais il sera ouvert à la communauté scientifique, pour une part significative de son temps d'utilisation. Il permettra d'explorer de nouvelles voies de recherche pour l'étude des étoiles en laboratoire, des matériaux en milieu extrême.
Concentré de haute technologie, ce grand laser offre l'opportunité d'un développement industriel local en optique, en instrumentation scientifique.
Bordeaux et sa région vont ainsi rivaliser, en termes d'attractivité scientifique et technologique, avec d’autres grandes villes dans le monde. Le bâtiment qui abrite le laser, installé sur la commune du Barp,à 25 km de Bordeaux, a été achevé en 2008. Il mesure 300 mètres de long pour 100 de large et 50 mètres de hauteur. Le chantier du laser devrait être achevé en 2011.
L’investissement public dans la construction du Laser Mégajoule (LMJ) représente près de trois milliards d’euros sur 15 ans.
Il est moins connu que les deux autres grands penseurs de l’histoire bordelaise, Montaigne et Montesquieu, mais Etienne de la Boétie fut pourtant l’un des premiers chantres de la liberté individuelle dans son chef d’œuvre, le Discours de la servitude volontaire, écrit à 18 ans. Ce texte, rédigé en réaction à la répression aveugle du pouvoir royal contre la ville de Bordeaux, qui s’était révoltée en 1548 contre une fiscalité abusive, enthousiasme Montaigne, qui se lie avec ce jeune bourgeois périgourdin, élevé à Sarlat dans un milieu éclairé, d’une amitié indéfectible. Les idées développées dans ce Discours de la servitude volontaire sont d’une étonnante modernité. Il analyse les rapports de pouvoir et tente de comprendre comment le peuple peut accepter la domination des puissants. Quelques formules tirées de ce texte fondateur mérité d’être citées : « Soyez résolus de ne servir plus, et vous serez libres », ou « Les tyrans ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. »
Plus jeune membre du parlement de Bordeaux, La Boétie est aussi un poète inspiré et bon vivant : «J’aime ce qui me nourrit : le boire, le manger, les livres », dit-il. En 1560, il évolue dans la diplomatie, assurant des interventions en vue de négocier la paix dans les conflits de religion opposant Catholiques et Protestants. Au milieu de l'année 1563, il est emporté par une dysenterie fulgurante et meurt à 33 ans, une mort prématurée qui lui valut le surnom de « Rimbaud de la pensée ».
Bordeaux est, après Paris, la ville la plus souvent visitée par le Tour et, en raison de la présence du vélodrome où furent établis plusieurs records de l’heure, la préfecture de la Gironde peut se considérer comme l’autre capitale du cyclisme en France. Parmi les très nombreux coureurs originaires de Bordeaux et de sa région, les frères Lapébie (dont le cadet, Guy, nous a quitté le 8 mars dernier) tiennent une place à part. Roger devint immensément populaire en remportant le Tour 1937, le premier de l’après Henri Desgrange, avec lequel il ne s’entendait guère. Et dans ce Tour des coups de théâtre, c’est à Bordeaux que se joua sa victoire puisque c’est sur ses terres que le Belge Sylvère Maes, vainqueur l’année précédente, abandonna sous prétexte d’avoir été harcelé par les spectateurs français. Lapébie parcourut ainsi la Gironde de Bordeaux à Royan avec, sur le dos, un Maillot Jaune qu’il ne quitterait plus. Ce Bordeaux - Paris triomphal en annonçait malheureusement un autre, tragique. Disputant en 1939 la célèbre course d’endurance entre les deux villes, Roger Lapébie fut victime d’une blessure au genou qui mit fin à sa carrière.
Dix ans plus tard, c’est son frère Guy qui s’imposait à Bordeaux, au sprint, comme ce fut le cas le plus souvent lors des 79 arrivées jugées depuis 1903. Van Looy, Darrigade, Godefroot, Maertens, Van Poppel ou Zabel : les plus grands spécialistes de la dernière ligne droite l’ont emporté au vélodrome de Lescure ou sur les quais.
Le recordman des victoires d’étapes dans la ville girondine reste, là comme ailleurs, Eddy Merckx, qui s’y est imposé à quatre reprises, dont trois fois dans des contre la montre. La préfecture de la Gironde a en effet accueilli pas moins de six chronos dans les années 70, permettant aux rouleurs de faire la nique aux sprinters.
| 70 | Burdigala, fondée au Ve siècle avant JC par les Bituriges Vivisques, devient capitale de la province romaine d’Aquitaine. Les premiers plants de vigne à l’origine du vignoble bordelais sont plantés. |
| IVe siècle | La ville est christianisée par Saint Hilaire et Saint Martin. |
| 735 | La ville est pillée par l’émir Abd al-Rahman puis prise en 735 par Charles Martel. |
| 1154 | Bordeaux devient anglaise par le mariage d’Aliénor d’Aquitaine avec Henri de Plantagenêt. La Guyenne (nom anglais de l’Aquitaine) prospère grâce au négoce du vin. |
| 1453 | Bordeaux redevient française après la bataille de Castillon. |
| 1585 | Montaigne est élu maire de Bordeaux. |
| 1714 | Montesquieu devient président du Parlement de Bordeaux. |
| 1793 | Les Girondins forment le groupe majoritaire à la Convention nationale. |
| 1800 | Bordeaux devient le premier port négrier de France. |
| 1940 | La ville accueille le gouvernement de Paul Reynaud et prend le surnom de « capitale tragique ». |
| 1947 | Jacques Chaban-Delmas est élu maire de Bordeaux. |
Préfecture : Bordeaux
Sous-préfectures : Arcachon, Blaye, Langon, Lesparre-Médoc, Libourne
Population : 1 410 000 hab.
Site web : www.cg33.fr/
On identifie l'actuel territoire du département de la Gironde à celui qu'occupaient les peuples : Biturige, Vivisque, Vasate. A l'est de la Dordogne et de la Gironde s'étend une région de vallées fertiles, coupée de coteaux abrupts de formation calcaire (Blaye et Libourne). La Dordogne et la Garonne ont donné leur nom au vaste plateau d'Entre-Deux-Mers au paysage vallonné, qui se tient entre ces deux rivières. Enfin le troisième ensemble se tient entre la Garonne et l'océan, et se prolonge au sud par les « landes girondines » et le Bazadais. La bande océanique consiste en large plaine de landes échancrée par le bassin d'Arcachon. Le long de la Gironde, puis de la Garonne, se situent les célèbres terroirs du Médoc, des Graves et du Sauternais, dont le vin a fait le prestige mondial du département. Dépendant largement de Bordeaux et de son économie, la Gironde compte plus d’1,2 million d’habitants qui tirent profit de la prospérité bordelaise, de l’agriculture et notamment du vin, mais aussi du tourisme, largement développé sur le littoral (Arcachon, Lacanau-Océan, Carcans, Soulac).
Le Médoc est une région géographique en forme de presqu’île triangulaire de 85 kilomètres de long sur 40 km à sa base, qui s'étend du Bordeaux au Porge au Sud, jusqu’à la pointe de Grave au Nord, sur la rive gauche de la Gironde.
La presqu’île est bordée à l’Ouest par l’océan Atlantique et à l’est par la Gironde, le plus grand estuaire d’Europe. Cette situation entre deux eaux, et traversée par le 45ème parallèle, lui procure les bienfaits d’un micro climat tempéré. Autrefois marécage malfamé, repère des pirates, le Médoc a été asséché par les Hollandais au XVIIesiècle.
Aujourd’hui trois économies principales dominent en Médoc :
> Le vignoble, l’un des plus célèbres au monde
> Le tourisme avec ses stations balnéaires le long de l’atlantique (Soulac, Montalivet, Hourtin, Carcans, Lacanau, Le Porge) et l’oenotourisme dans le vignoble
> La sylviculture avec son massif forestier de pins maritimes
On trouvera aussi en Médoc de nombreux élevages de chevaux, bovins et ovins.
Les habitants sont des Médocains et Médocaines
Blanquefort est située au nord de l’agglomération bordelaise entre la côte océane et les vignobles du Médoc. La ville compte 15 300 habitants que l’on appelle les Blanquefortais. Blanquefort serait une forme dérivée du latin « Blanca fortis », « fort-blanc », impression laissée par la construction au XIe siècle d’un donjon de pierre. Ville de parcs et d’animaux notamment avec les grottes de Majolan qui ont été creusées par le propriétaire du château Dulamon, elles sont devenues le lieu de promenade et de jeux des bordelais.
Jadis Maqu'au en gascon, Macau est peut-être la contraction du latin malum cavum, mauvais lieu. En latin encore, le mot macallus, désignant une fosse, pourrait être à l'origine du nom de Macau.
En effet, en 1190, un canal séparant l'île de Machanina (qui devait se souder à la terre ferme) se nommait la Maqueline. Coïncidence sans doute, le bateau assurant le trafic de la moyenne et basse Garonne, au moyen-âge, s'appelait un « Macau ». Le bourg de Macau, détruit au IXe siècle par les Normands, existerait depuis l'époque gallo-romaine, comme semblent le prouver des traces de voies romaines à Gironville et d'autres vestiges, comme des médailles antiques trouvées en 1780.
Le village de Margaux connu sous son nom latin de Marojallia est très ancien. On y trouve des traces de culture de la vigne dès l´époque gallo-romaine. Au IVème siècle, Ausone, le poète et philosophe Romain venait dans ses terres de Marojallia. L’église Saint Michel de Margaux (XIXe siècle) est attestée par des documents écrits dès le XIVème siècle, cependant il est fort probable que son origine soit bien antérieure, et que dès l’époque romane un lieu de culte existait dans le village. Sûrement dédiée à l’archange Michel dès sa fondation, elle figure dans la première moitié du XIVe siècle dans les comptes de l’archevêché et en 1398 dans la nomenclature des paroisses du diocèse.
Le sorcier de Margaux
Le Chevalier de Rauzan fait de Rauzan-Gassies un modèle viticole, au point que les vignerons des environs l’accusent de sorcellerie. La suspicion grandit mais la coupe est pleine lorsqu’un énorme orage de grêle épargne singulièrement les vignes de Rauzan peu de jours avant les vendanges. Les coupeurs, gagnés par la psychose collective, ne veulent plus faire la récolte. Sentant le danger, M. de Rauzan les convoque et leur dit : « Vous croyez que je suis sorcier et qu’on a vu des vols de grands corbeaux couvrir mes vignes de leurs ailes pour les préserver de la grêle. Tout cela n’est que mensonge. Lorsque j’ai acheté ce vignoble, le propriétaire du Château Margaux a bien voulu me donner ses conseils. J’ai alors obtenu des résultats se rapprochant de ceux de mon noble suzerain. Maintenant, vous connaissez mon secret. Faites-en votre profit et toutes les vignes de Margaux feront les meilleurs vins du monde ».
Depuis lors, en souvenir de l’enchantement qui protégea les vignes de Rauzan- Gassies, l’étiquette est ornée de deux ailes magiques. Le chevalier de Rauzan s’embarque pour l’Angleterre avec ses barriques de vin afin de les vendre à un prix digne de leur valeur. Les offres ne s’élevant pas à la hauteur de ses prétentions, il fait publier qu’il jettera publiquement, chaque jour, une barrique dans la Tamise pour préserver la dignité de son cru. A la troisième barrique jetée à l’eau, Londres commence à s’intéresser à ce singulier vigneron qui obtient alors le prix qu’il demande. C’est ainsi que l’Angleterre découvrit les vins du Médoc… et fera leur fortune.
La commune abrite une tour féodale, la Tour de Bessan, vestige d’un château construit vers 1280, qui fut concédé au duc de Gloucester par le roi d’Angleterre car il permettait de surveiller le fleuve. Le fief fut constitué au XIe siècle. Il semble que la tour faisait partie d’un ensemble fortifié plus important, aujourd’hui disparu, construit à partir de 1252. Autre vestige de l’époque anglaise, le Château La Tour de Mons est une maison forte construite par Jehan Colomb, bourgeois de Bordeaux. Elle est dotée de quatre tours et joua un rôle militaire pendant les guerres contre les Anglais. Dans la chapelle se trouve le cercueil de la Dame Blanche, fille du seigneur.
La décision de construire le fort-Médoc a été prise par Louis XIV en 1689. Les travaux sont confiés à Vauban et commencés en 1690. Un an plus tard, ils sont suffisamment avancés pour permettre l’installation d’une première garnison, avant même l’achèvement de l’ouvrage. Le Fort offre l’aspect classique d’une fortification à la Vauban, avec ses remparts gazonnés, ses fossés, et ses larges espaces. De forme grossièrement rectangulaire. Le fronton de la porte royale s’orne d’un soleil, emblème de Louis XIV. Il devient la propriété de la commune de Cussac-Fort-Médoc en 1930.
Avec 75 km de long, jusqu'à 12 km de large et une superficie de 635 km2, l'estuaire de la Gironde est le plus vaste estuaire d'Europe.
L’estuaire a toujours été utilisé par l’homme comme voie de navigation, pour remonter de l’océan jusqu’au port de Bordeaux.
LES ILES DE L’ESTUAIRE
L’estuaire de la Gironde est parsemé de nombreuses îles :
> L'île de Patiras est la plus ancienne de l'estuaire. Elle abrite des parcelles de maïs et de vignes ainsi qu'un phare. Cette île servait de quarantaine pour les bateaux avant d'accoster dans les différents ports de l'estuaire.
> L'île Nouvelle est une réserve naturelle qui appartient au Conseil Général de Gironde
> L'île Paté abrite le fort Paté, un édifice fortifié construit par Vauban en 1690 afin de préserver le port de Bordeaux d'éventuelles attaques.
> L'île Verte, l'île du Nord et l'île Cazeau sont un groupe insulaire de 790 hectares. L'île Verte conserve les ruines d'un village. 40 hectares de l'île forment une réserve naturelle depuis 2001.
> L'île Margaux est une petite île de 25 hectares. Très proche de la rive du Médoc, on y cultive 14 hectares de vigne.
> L'île Macau.
Encore sauvage et particulièrement bien préservé, l’estuaire de la Gironde et ses îles se découvrent aujourd’hui en bateau au départ du port de plaisance de Pauillac.
Pauillac fut une ville prospère jusque dans les années 1980 grâce à l’industrie pétrolière. La dernière raffinerie ferma en 1985, laissant une situation économique et sociale difficile. Mais Pauillac est connue dans le monde entier pour son vignoble et pour rebondir elle fut l’une des premières communes à se lancer dans « l’oenotourisme » à une époque où tourisme ne se conjuguait qu’allongé sur une plage de sable fin. En moins de 30 ans, c’est toute une économie touristique qui a surgi, châteaux ouverts au public, port de plaisance, Maison du Tourisme et du Vin **** , hôtels, restaurant étoilé, chambres d’hôtes, gîtes, camping ****, commerces… qui font de Pauillac aujourd’hui une véritable « station viticole de tourisme ». Un grand projet d’aménagement de la ville débutera dès 2010. Mais Pauillac est aussi une cité développée sur l’estuaire de la Gironde. Extraordinairement préservé, il ouvre de nouvelles perspectives touristiques, avec l’activité de croisière et de découverte qui s’y développe, mais aussi résolument tournées vers l’avenir avec le développement depuis quelques années d'industries de développement durable (aéronautique, photovoltaïque, éolienne...).
Le vin a fait la renommé de Pauillac dans le monde entier mais aux Etats-Unis, le port sur l’estuaire de la Gironde est tout aussi célèbre pour avoir été le théâtre, en 1777, de l’embarquement du marquis de La Fayette pour le Nouveau monde. Motivé tout autant par sa haine de l’Angleterre, son soutien à une noble cause et la soif d’aventure, La Fayette conclut en février 1777 avec Silas Deane, l’un des commissaires américains officiels en France, un accord secret selon lequel il s’engage à servir les États-Unis en qualité de major général de l’armée américaine. Il équipa clandestinement un brick de 250 tonneaux, acquis sur ses propres deniers et le baptise du nom symbolique de La Victoire. Il embarque à Pauillac le 22 mars 1777 et fait escale en Espagne, à Los Pasajes. Le 20 avril, bravant l’interdiction royale, il fait voile vers l’Amérique et aborde à South-Inlet, en Caroline du Sud, le 13 juin 1777. Sa première rencontre avec George Washington a lieu le 1er août, à Philadelphie. Une stèle en bronze représentant « La Victoire » est érigée au bord du port de Pauillac, sur l'Esplanade de La Fayette. On peut y lire : « D'ici, le 25 mars 1777, s'est embarqué Marie Joseph Paul Yves Gilbert Motier, Marquis de Lafayette, avec l'espoir de rallier les Amériques à bord de la Victoire. » Une autre stèle en l’honneur de La Fayette et de l’amitié franco-américaine est visible à la Pointe de Grave. Elle rappelle l’existence d’un imposant monument baptisé Mémorial La Fayette qui y fut érigé en 1919 avant d’être dynamité par les Allemands en 1942.
Pour s’assurer que cette édition sera un grand cru, le Tour ne pouvait mieux choisir que Pauillac, l’une des plus prestigieuses appellations du Médoc. Cette édition 2010 perpétue ainsi la tradition des grands chronos dans les vignes après Santenay en 1988, Saint-Emilion en 1996 ou Mâcon en 2002, entre autres... Pauillac, aussi célèbre pour son agneau et sa magnifique vue sur l’embouchure de la Gironde, est la 12e ville de Gironde à accueillir le Tour et la deuxième du Médoc après Lacanau en 1976. Parmi les cyclistes originaires du Médoc, citons Yann Huguet, le coureur de la Skil Shimano.
| Epoque romaine | présence de la villa d’un certain Paullius. |
| 1777 | La Fayette embarque de Pauillac pour l’Amérique. |
| 1855 | Classement de 18 grands crus de Pauillac. |
| 1919 | Erection d’un Mémorial La Fayette à la Pointe de Grave, dynamité par les Allemands en 1942. |
| 1985 | Fermeture de la dernière raffinerie. |