
La Chapelle-Saint-Ursin
195.5 km
lundi 9 mars
HAUSSLER Heinrich (CTT)© Presse Sports
La tradition a été respectée puisque la première étape en ligne de Paris-Nice s’est achevée sur un sprint massif, contrariant les projets de Piet Rooijakkers (Hol – SKS), Aitor Hernandez (Esp – EUS), Aleksandr Kuschynski (Blr – LIQ) et Christophe Laurent (Fra – AGR), qui constituaient l’échappée du jour. Dans l’emballage final, perturbé en queue de peloton par une chute dans laquelle Alberto Contador a été ralenti, l’Allemand Heinrich Haussler s’est montré le plus puissant. Après deux succès en début de saison sur le Tour d’Algarve, il remporte sa première victoire sur Paris-Nice et endosse le maillot vert du classement par points.
Quatre hommes en tĂŞte
Sur la ligne du kilomètre zéro, Piet Rooijakkers (Hol – SKS) a été le premier à se déclarer. Son initiative a inspiré Aitor Hernandez (Esp – EUS), Aleksandr Kuschynski (Blr – LIQ) et Christophe Laurent (Fra – AGR), qui l’ont rejoint au km 3,5. Si les coéquipiers d’Alberto Contador se sont rapidement placés en tête du peloton, le rythme imprimé n’a pas empêché l’échappée de gagner du terrain : 3’55’’ d’avance au km 10, 5’25’’ au km 28, puis un maximum de 7’35’’ au passage sur la ligne du premier sprint intermédiaire (km 59).
Les pois pour Hernandez
Sans précipitation, l’équipe Astana continue d’assumer son rôle en maintenant l’écart dans des proportions acceptables, autour de 6’. Ce statu quo provisoire fait notamment les affaires d’Aitor Hernandez, qui s’assure la conquête du maillot à pois dans les deux ascensions classées du jour.
Française des Jeux lance la poursuite
La situation se complique au moment où la formation Française des Jeux accélère l’allure en tête du peloton, pour tenter de favoriser une arrivée au sprint. La hausse du rythme a pour conséquence immédiate de réduire l’écart, mais quelques coureurs, dont Efimkin, Arrietta (ALM), De Weert (QST) et Gomez Marchante (CTT) se font aussi surprendre dans une chute en queue de peloton, à 55 kilomètres de l’arrivée. L’incident désorganise la progression du peloton et provoque une cassure dans laquelle un groupe conséquent, avec par exemple Evans (SIL), Pereiro (GCE), Moncoutié (COF), Karpets (KAT) et Vogondy (AGR), se trouve momentanément piégé.
Les échappés repris à 23 km de l’arrivée
Au premier passage sur la ligne d’arrivée, les quatre attaquants du jour n’ont plus que 4’25’’ d’avance, sur un peloton où les prétendants se montrent de plus en plus nombreux. Les formations Columbia et Cervelo participent de plus en plus activement à la poursuite. Rooijakkers, Hernandez, Kuschynski et Laurent se montrent rapidement résignés et réintègrent le peloton à 23 km de l’arrivée, après 172 km d’échappée pour le premier d’entre eux.
Une frayeur pour Contador
La préparation du sprint final s’organise sur un scénario classique, tout juste animé par la tentative en solitaire de Pierre Rolland, à 17 km de l’arrivée. Le rythme s’accélère progressivement, jusqu’à ce qu’une chute entraîne une vingtaine de coureurs à terre. Coincé dans la masse, le maillot jaune Alberto Contador pose pied à terre avant de repartir. La frayeur ne s’accompagne d’aucune sanction, puisque l’incident s’est produit dans les trois derniers kilomètres. Pendant ce temps, l’explication se joue entre les costauds, mais l’Allemand Heinrich Haussler met rapidement un terme aux débats. Son accélération à 300 mètres de la ligne se révèle imparable. Il franchit la ligne avec trois longueurs d’avance sur Renshaw et Lorenzetto.
HAUSSLER Heinrich (CTT)© Presse Sports
C’est vraiment un rĂŞve devenu rĂ©alitĂ©. Nous savions qu’il y allait avoir du vent de cĂ´tĂ© et des bordures, mais les gars (de Cervelo) ont fait un super boulot. C’est dĂ©jĂ une superbe saison avec mes trois victoires. MĂŞme si elle s’arrĂŞtait lĂ , ce serait dĂ©jĂ Ă©norme. Mais il reste encore de très belles courses Ă venir, comme le Tour des Flandres et Paris-Roubaix, qui sont mes principaux objectifs de la saison.
Le coureur allemand de l’Ă©quipe Cervelo a accĂ©lĂ©rĂ© Ă 300 mètres de la ligne. Il remporte son premier succès sur Paris-Nice
Le peloton a été désorganisé, mais il se présente tout de même pour un sprint, avec Columbia en tête...
Après le dernier virage, sur la gauche, il reste 1,2 km à parcourir, en légère descente. Le peloton devrait atteindre une vitesse extrêmement élevée…
Chute Ă l’arrière du peloton, avec une vingtaine de coureurs, dont Contador...
Le rythme est de plus en plus rapide, Ă 4 km de l’arrivĂ©e...
Chaque matin avant le départ, Bernard Hinault donne son sentiment sur les enjeux du jour, les coureurs à observer sur l’étape, etc.
Je suis surpris que Contador se soit autant donnĂ© dans le contre-la-montre. A mon avis, il doit se sentir très fort et il se dit « j’en profite ». En tout cas il parait heureux, dĂ©contractĂ© et je crois qu’il prend du plaisir sur le vĂ©lo en ce moment. Cela veut dire que lui et son Ă©quipe peuvent tout Ă fait laisser partir une Ă©chappĂ©e dès demain, en contrĂ´lant lĂ©gèrement l’écart.
Si j’étais à sa place, cela ne me poserait pas de problème de céder le maillot jaune à un coureur, à condition qu’il ne soit pas un excellent grimpeur. Car même avec trois ou quatre minutes de retard, Contador sera capable de le reprendre en fin de semaine, spécialement dans la Montagne de Lure. Ce qu’il a montré aujourd’hui prouve qu’il en a les moyens.
J’ai été surpris par Tony Martin, que je ne connaissais pas et qui a pris le maillot de meilleur jeune. Il a un physique impressionnant, on dirait un pistard. Lorsque qu’on voit un cycliste taillé comme lui, on se demande bien sûr ce qu’il va donner quand la route s’élève.