Les grandes heures du Tour de France en Bretagne

Les routes vallonnées de Bretagne ont généralement donné lieu à des étapes nerveuses. Elles se sont souvent révélées décisives et elles ont parfois décidé de l’issue du Tour. Nous avons retenu quatre événements bretons qui ont fait date :
1947 Vannes – Saint-Brieuc : le Tour bascule
A trois jours de Paris, la traversée sud-nord de la Bretagne (139 km contre-la-montre entre Vannes et Saint-Brieuc) s’achève sur un coup de théâtre. René Vietto, leader depuis dix jours, perd son maillot jaune au profit de Pierre Brambilla. L’étape est remportée par le Belge Raymond Impanis. Mais Jean Robic se rapproche. Il gagnera le Tour de la reprise au cours de la dernière étape Caen–Paris.
1956 Lorient – Angers : l’apparition de Walkowiak
Une échappée au long cours, qui se dessine dès les premiers kilomètres, sélectionne 31 coureurs, parmi lesquels Roger Walkowiak. Ils relèguent le peloton et de nombreux favoris à 18’46’’. L’Italien Fantini gagne au sprint, mais Walko est le grand bénéficiaire de cette offensive inattendue. Il s’empare du maillot jaune et gagnera le Tour.
1958 Châteaulin : Gaul bat Anquetil contre-la-montre
Le grimpeur luxembourgeois, Charly Gaul, crée la surprise en battant Jacques Anquetil sur les 46 km contre-la-montre du Circuit de Châteaulin… Un sérieux avertissement. Gaul gagnera ce Tour de France en surclassant tous les adversaires dans l’infernale étape de la Chartreuse.
1960 Saint-Malo – Lorient : une fantastique échappée
Cette étape à travers la Bretagne joue un rôle décisif dans le déroulement de ce Tour de France disputé par des équipes nationales. Quatre coureurs représentant quatre pays différents, et non des moindres, Rivière (France), Nencini (Italie), Junkermann (Allemagne) et Adriaenssens (Belgique), s’échappent peu après le départ et creusent rapidement l’écart. C’est l’échappée idéale. Elle ne réunit que des leaders et bénéficie d’une protection importante en raison même de sa diversité. Les hommes de tête atteignent Lorient avec près d’un quart d’heure d’avance et le vainqueur du Tour est de toute évidence parmi eux. Rivière triomphe au sprint.
Une semaine plus tard, il est éliminé dans les Cévennes par une grave chute qui met fin à sa carrière et Nencini ramène le maillot jaune à Paris.

