
Saint-Brieuc
164.5 km
dimanche 6 juillet
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Né en 1945 à Saint-Brieuc, Christian Prigent est poète, romancier et critique littéraire. Fondateur de la revue TXT et connu pour son exigence et ses « coups de gueule », cet amoureux du vélo a obtenu en 2007 le prix Louis Guilloux décerné par le Conseil général des Côtes d’Armor.
« J’ai passé toute ma jeunesse à Saint-Brieuc et viens de m’y réinstaller en retraite. C’est la ville de mon enfance, celle dont mon père fut le maire, celle où vécurent quelques écrivains chers à mon cœur (Villiers, Jarry, Corbière, Louis Guilloux), celle de quelques épisodes politiques épiques (l’affaire des « Douze » lors de la guerre d’Indochine, la première municipalité d’union de la gauche, la grande grève du « Joint français »…), celle de quelques-uns de mes héros cyclistes (André Ruffet, le malheureux Tom Simpson, Bernard Hinault évidemment), celle où j’ai vu à plusieurs reprises arriver les Tours de France et de l’Ouest sur l’ex-vélodrome de Beaufeuillage, etc !
Le Tour est pour moi une passion d’enfance, définitivement non éteinte. Les éditions des années 50, avec Bobet, Gaul et Bahamontes, m’ont marqué. Sans doute parce que c’était avant la télévision et qu’il fallait imaginer beaucoup, d’une course qu’on ne voyait à peu près jamais. J’ai précisément en mémoire Ferdi Kübler gagnant au sprint à Saint-Brieuc en 54 et Louison Bobet en jaune dans le peloton, derrière. Charly Gaul en maillot de champion du Luxembourg, papotant au départ, sur le Champ de Mars à Saint-Brieuc, en 1958. Ou encore Raymond Poulidor en tête du peloton dans la côte d’Yffiniac, écartant la foule en criant, et Greg LeMond en arc-en-ciel dans la montée des Aravis. Puis l’affaire Festina, qui faillit me casser mon jouet. Il me fallut alors dégorger ma rage dans une page « Rebonds » de Libération… »