Accédez au
site du Tour de France

Édito

Comment charmer la Doyenne ?

Et dire que certains parlent encore du plat pays ! Ceux qui ont couru Liège-Bastogne-Liège, en conclusion d’une semaine particulièrement dense en raidillons et côtes de tous types, ne quittent pas la Belgique avec un souvenir aussi fade. L’ultime rendez-vous de la série ardennaise en est aussi le plus douloureux, le plus angoissant, le plus accidenté et le plus long. Avec avec 261 km au programme, les coureurs s’apprêtent à passer sept heures en selle : dans le meilleur des cas, l’ambiance est décontractée sur le trajet aller ; l’approche des débats décisifs la rend beaucoup plus tendue pour le retour.

Si les collines éparpillées sur le parcours font rarement office de tremplin, à moins qu’un aventurier s’inspire du long raid sous la neige de Bernard Hinault en 1980, elles opèrent sur un mode de sélection beaucoup plus insidieux. Dans le coup à Stockeu puis sur la Haute-Levée, toujours à l’aise pour la montée de la Vecquée, faut-il pour autant se montrer dans la Redoute ? Attendre Saint-Nicolas ?

La modification de parcours décidée cette année – la côte de la Roche aux Faucons, plus escarpée, remplace la côte de Tilff – donnera-t-elle une occasion supplémentaire de porter un coup gagnant dans les 15 derniers kilomètres ?

L’étude des scénarios écrits durant la longue histoire de la Doyenne des classiques ne fournit aucune recette miracle : certains ont été trahis par leurs sensations, d’autres ont mal jugé de l’état de la concurrence, puis ont ensuite appris de leurs erreurs. Elle invite en tout cas à l’humilité de rigueur avec laquelle on se présente devant les grandes dames.

Christian PRUDHOMME
Directeur du Tour de France

 

BOUTIQUE