
dimanche 29 juillet
En cette année de Coupe du monde de rugby, Marcoussis va en quelque sorte devenir le centre du monde de l’Ovalie puisque c’est sur ses terres que résidera l’équipe de France. Les Bleus ont préparé ce Mondial dans le Centre national du rugby, qui fait depuis cinq ans la réputation de la localité.
C’est ici, dans le domaine de Bellejame que se déroulent tous les stages des équipes de France, ainsi que les stages de formation nationale des cadres techniques. La Direction technique nationale y a aussi installé ses locaux et le CNR accueille par ailleurs l’essentiel des archives fédérales.
La résidence de l’équipe de France a été bâtie sur le site de l’ancien château de Bellejame et compte 85 chambres, plusieurs restaurants ouverts aux internationaux, aux stagiaires ou aux visiteurs, des salles de séminaires, une piscine et un bar. En marge du bâtiment principal, une enfilade de bâtiments annexes a été baptisée « le petit train ». S’y trouvent les hébergements des stagiaires, les salles de cours, la bibliothèque, la vidéothèque et des bureaux. Un centre de presse avec espace de travail et un amphithéâtre de 250 places permet également aux médias de travailler dans les meilleures conditions.
Les équipements sportifs sont, bien évidemment, nombreux. L’équipe de France dispose ainsi d’un terrain principal avec une tribune de mille places, un terrain couvert de 80m sur 50m avec pelouse synthétique et trois terrains d’entraînement. Entre le terrain principal et le terrain couvert sont installés le centre médical, les vestiaires et les salles de musculation et de relaxation.
Au cours du XIXe siècle, Marcoussis devint un lieu prisé de villégiature pour les riches Parisiens à la recherche de nature et d’air pur. Corot séjournait chez son élève Ernest Dumax, peintre de paysages, dont plusieurs tableaux évoquent Marcoussis. Un siècle plus tôt, Jean-Jacques Rousseau avait aimé lui aussi parcourir les bois de Marcoussis en compagnie de son ami Grimm et du vicaire Antoine Cordonnier de l'Etang, comme il le rapporte dans ses Confessions.
Les footballeurs Thierry Henry et Patrice Evra, qui s’affrontent désormais sur les pelouses anglaises, les anciens recordmen du monde du 4X100 m Daniel Sangouma et Jean-Charles Trouabal, le finaliste olympique du 4X100 m nage libre Laurent Neuville… tous sont originaires des Ulis, ville jeune et sportive, donc. Il faut dire que cette ville nouvelle, sortie de terre à la fin des années 60, fête cette année les 30 ans de son existence officielle.
Si l’on ajoute aux célébrités locales la chanteuse Diam’s, qui vient d’Orsay mais a lancé sa carrière aux côtés de Sinik, le grand rappeur du cru, ou la mannequin Noémie Lenoir, on comprendra que nous passons là dans la France des banlieues. La ville, conçue par l’architecte Robert Camelot, émule de Le Corbusier, compte six cités dites « sensibles ». La municipalité a été une pionnière en matière de police de proximité et de sécurité.
Tranquille bourgade un peu à l’écart de l’agitation du sud parisien, Gometz-la-ville fut en 1966 le théâtre d’une aventure technologique hors du commun avec l’expérimentation de l’aérotrain, qui se déplaçait, propulsé par des réacteurs d’avion sur un coussin d’air à 400 km/h. Une voie expérimentale entre Gometz la Ville et Limours fut construite entre la fin de l’année 1965 et le mois de février 1966 sur un tronçon désaffecté de l’ancienne voie ferrée Paris – Gaillardon – Chartres. Le premier essai eut lieu le 29 décembre 1965 avec un premier prototype. Le 22 janvier 1969, un deuxième prototype atteignait la vitesse record de 422 km/h. Les essais se sont achevés en 1978, faute de débouchés industriels.
Anne Boleyn, la deuxième des six femmes du roi d’Angleterre Henri VIII, y aurait, selon une tradition contestée par les historiens, passé les quinze premières années de sa vie, où elle avait pour précepteur Guillaume du Moulin. La jeune fille demeurait peut-être dans le château dont ne subsiste qu’un donjon carré, seul vestige d’un château du XIVe siècle détruit en 1772. Accusée, sans doute à tort, d’adultère et d’inceste, elle fut décapitée en 1536. Elle était la mère de la reine Elisabeth I.
Le Val Saint-Germain était la ville de Lino Ventura, qui y animait la fondation Perce-Neige. L’acteur repose dans le cimetière du Val depuis 1987. La ville a également eu pour maire Jean Tourane, le créateur à la télévision du canard Saturnin.
Durant les guerres de religion, pour protéger les faubourgs de la ville, une seconde muraille, flanquée de huit tourelles, est édifiée. Seigneurs et voyageurs s’arrêtent volontiers à Chevreuse. Les hostelleries et auberges y sont nombreuses et bien tenues. En 1661 Jean Racine, séjournant au château de La Madeleine et s’y ennuyant ferme, écrit à des amis : « Je vais au cabaret deux ou trois fois par jour ».
À la fin du XIXe siècle, la tannerie ayant à peu près disparu, Chevreuse vit essentiellement de cultures maraîchères. Au XXe siècle, grâce au Parc naturel de la haute vallée de Chevreuse, dont les infrastructures sont installées dans le château de la Madeleine, et à une urbanisation contrôlée, le village garde un caractère villageois à la limite de la banlieue parisienne, ce qui lui confère un attrait touristique.
À proximité du château de la Madeleine se trouve une plaque de marbre où sont gravés quatre vers que Jean Racine a dédiés à Chevreuse lors de son séjour de 1661 :
« Que je me plais sur ces montagnes
Qui s'élevant jusques aux cieux
D'un diadème gracieux
Couronnent ces belles campagnes. »
Connu par les Parisiens comme le terminus d’une ligne de RER, la ville doit son nom à Saint-Rémi, évêque de Reims vers 458. Depuis la gare du RER, le voyageur peut admirer le superbe château construit en 1696 par Jean Freddy de Coubertin. En 1973, Yvonne de Coubertin, nièce du refondateur des Jeux olympiques, et Jean Bernard, rénovateur du compagnonnage en France, y créèrent une fondation pour favoriser les métiers d’art et d’artisanat. Le domaine de Coubertin comporte des ateliers et des collections, comme le Jardin des bronzes qui, depuis 1980, rassemble des bronzes de l'école de sculpture française.
Saint-Rémy-les-Chevreuse a été la dernière demeure de l’humoriste Raymond Devos, où il habitait depuis 1963 et où il est mort le 15 juin 2006.
Saint-Quentin-en-Yvelines est l’un des meilleurs exemples de réussite du concept des villes nouvelles lancées dans les années 1970. Créée de toutes pièces au milieu des champs de betterave en 1972, la ville a obtenu récemment le label de « Ville d’art et d’histoire », alors qu’elle n’existe que depuis 35 ans. L’expérience urbaine exceptionnelle qu’ont constituée les villes nouvelles se trouve ainsi récompensée.
Certains bâtiments ont déjà fait date comme les Arcades du Lac de l’Argentin Ricardo Bofill. Plus de 80 œuvres d’art public jalonnent en outre les places, les jardins et les rues signées par des artistes internationaux comme Piotr Kowalski, Marta Pan, Dani Karavan ou Nissim Merkado.
En 2004, Saint-Quentin-en-Yvelines est devenue une communauté d'agglomérations constituée de sept communes : Élancourt, Guyancourt, Magny-les-Hameaux, Montigny-le-Bretonneux, Trappes, La Verrière et Voisins-le-Bretonneux. En 40 ans, la population du site, grâce à l’implantation de la ville nouvelle, a décuplé. Elle était d’environ 15 000 habitants en 1962 – essentiellement concentrée à Trappes – et a dépassé les 145 000 en 2003.
Magny les Hameaux, paisible et vaste localité agricole, a depuis toujours eu un étonnant rayonnement intellectuel. Ce fut d’abord l’attrait de l’abbaye Port-Royal des Champs, que fréquentèrent Boileau, Pascal, Racine ou Madame de Sévigné, et dont on peut visiter le musée à l’ouest du village. Ce fut plus récemment un lieu de visite prisé d’écrivains et de peintres grâce à la présence à Magny de personnalités du monde culturel.
Le stade de la ville porte le nom de Jacques Anquetil, quintuple vainqueur du Tour de France, qui remporta à neuf reprises le Grand Prix des Nations disputé dans la vallée de Chevreuse.
Sur la commune de Magny se trouve le musée national de Port-Royal des Champs, installé sur l’emplacement de l’ancienne abbaye qui fut, à la fin du XVIIe siècle, un bastion du jansénisme et un centre intellectuel au rayonnement exceptionnel.
Principal foyer de la pensée janséniste en France, Port-Royal apparaît comme un lieu de résistance au pouvoir royal. Centre intellectuel majeur du Grand siècle, Port-Royal exerce une réelle fascination sur plusieurs générations d’écrivains et de penseurs, dont Pascal, Racine, La Fontaine ou Madame de Sévigné.
De l'ancienne abbaye ont été conservés les bâtiments réutilisés pour l’exploitation agricole, principalement le pigeonnier et l'ancien moulin. Les fondations de l'abbatiale ont été remises à jour après la Révolution par le duc de Luynes. Un petit oratoire néo-gothique a été ajouté à la fin du XIXe siècle à l'emplacement du chevet, pour accueillir le premier musée.
En 1651, les Solitaires de Port-Royal avaient fait construire un logis d'une élégante simplicité destiné à abriter les « Petites écoles ». À la fin du XIXe siècle, les propriétaires du domaine firent construire une aile dans le même esprit. C'est dans ces bâtiments que fut installé le musée à partir de 1962.
Au carrefour des routes départementales 36 et 938, au sommet de la côte de la Trinité, une sculpture en bronze de Jacques Anquetil sur son vélo avait été érigée, en mars 1989, après la mort du quintuple vainqueur du Tour, survenue en novembre 1987. Cette statue a été dérobée, sans doute pour être revendue au prix du bronze. Elle est aujourd'hui remplacée par une stèle portant la plaque commémorative qui se trouvait sous la statue. Le mémorial a été installé sur l’ancien parcours du Grand Prix des Nations que Jacques Anquetil a remporté à neuf reprises.
Le village de Châteaufort est intimement lié à l'histoire de l'aviation. Le 19 août 1913, Adolphe Pégoud (1889-1915), un jeune pilote d'essai recruté par Louis Bleriot, décollait de l'aérodrome Borel, situé au nord du village, et sauta pour la première fois au monde en parachute depuis un avion. L'appareil alors livré à lui même réalisa un certain nombre de cabrioles acrobatiques au dessus de la vallée de la Mérantaise avant de s'écraser au sol.
Paisible commune agricole drainée pour alimenter en eau les bassins du parc de Versailles, Saclay a vu son destin basculer après la Guerre avec la création du Commissariat à l’énergie atomique (CEA), dont l’un des centres d’études, le premier et le plus important, a été installé sur son sol.
À 12 km au sud de Paris, Massy, berceau de l’historien Fustel de Coulanges dont les seigneurs étaient liés à la famille princière de Monaco, s’est développée depuis le début du XXe siècle en grande banlieue résidentielle de la capitale, passant d’un bourg de 1 400 habitants à une cité de 40 000 âmes aujourd’hui.
Troisième ville de l’Essonne, la première pour l’activité économique, Massy a subi toutes les mutations du développement urbain, des premiers pavillons dès années 1910 aux grands ensembles des années 1970.
Le destin de Massy est intimement lié à son histoire ferroviaire. Pendant la Seconde guerre mondiale, la gare de triage de Massy-Palaiseau représentait un nœud ferroviaire stratégique. Les bombardements de ces infrastructures ont fait 88 victimes et des dégâts matériels dans toute la ville.
L’implantation de la gare TGV en 1991 a été un atout majeur pour le développement économique de la ville.
Le réalisateur et comédien Alain Chabat ainsi que l’animateur de télévision Arthur ont passé leur enfance à Massy.
Le nom de Châtenay-Malabry est bien connu des coureurs cyclistes puisque s’y trouve le Centre national de recherche anti-dopage qui confirma malheureusement des contrôles positifs sur le Tour.
À l’origine, Lutèce (Île de la Cité) était occupée par les Parisii au IIIe siècle avant J.C. L’extension a débuté par la construction d’une ville gallo-romaine (8 000 habitants) sur la rive gauche de la Seine aux Ier et IIe siècles. L’agrandissement majeur des contours s’est ensuite produit sous Philippe-Auguste, aux XIIe et XIIIe siècles : les remparts de Paris renferment l’actuel quartier des Halles et de l’Hôtel de Ville. Paris s’étend plus tard à l’ouest, avec l’actuel quartier des Tuileries et de la Concorde (XVIe et XVIIe siècles). Viennent ensuite le mur des Fermiers Généraux englobant les Champs-Élysées, le Champs-de-Mars, le Faubourg Saint Jacques, le Faubourg Saint-Antoine, le Faubourg du Temple et le Faubourg Montmartre (1784-1791), puis les fortifications de Thiers sur les limites actuelles de Paris - ville (1841-1845). La modernisation a été entreprise par Haussmann, Belgrand et Alphand, à la demande de Napoléon III.
Le début de la construction du réseau métropolitain date de 1890.
Paris, capitale du royaume de Clovis (508). Résidence de François 1er (1804) à Notre Dame. Exécution de Louis XVI et de la Reine Marie-Antoinette (1793). Siège et occupation par les Prussiens. La Commune (1871). Exposition Universelle, construction de la Tour Eiffel, d’une hauteur de 300 m, puis de 320 m (1899). Mise en service du métro (1900). Occupation de Paris par les Allemands (juin 1940). Libération de Paris (26 août 1944). Siège de l’Unesco (1946).
Notre-Dame-de-Paris (XIIe-XIIIe siècles) Louvre - Tour Eiffel - Voie triomphale (Jardins des Tuileries, rue de Rivoli, place de la Concorde (ancienne place Louis XV), Champs-Élysées, Arc de Triomphe) - Quai de la Seine - Panthéon Centre Pompidou-Beaubourg.
Le Marais (hôtels, place des Vosges - ancienne place Royale) - Sainte Chapelle - Palais de Justice - Conciergerie - Musée Carnavalet - Invalides - École Militaire - Palais-Royal - Palais de Chaillot et Trocadéro - Place et église Saint-Sulpice.
Les hauts lieux de l’art et de la culture : Sorbonne - Bibliothèque Nationale - Institut de France - Opéra - Comédie Française - Musée d’Art Moderne - Musée de Cluny - Orangerie - Musée d’Histoire Naturelle - Palais de la Découverte - Conservatoire des Arts et Métiers - Manufacture des Gobelins - Cité des Sciences et Géode (La Villette) - Musée du quai Branly.
Artère centrale de Paris, reliant le Marais (Saint-Paul) à la Place de la Concorde. Principaux points desservis : Hôtel de Ville (ancienne Place de Grève), Place du Châtelet, Palais du Louvre et Place du Palais Royal (Comédie Française). La rue de Rivoli longe le Jardin des Tuileries.
Ancienne résidence royale, le Palais des Tuileries avait été construit sur l’ordre de Catherine de Médicis au XVIe siècle. Auparavant, l’endroit était occupé par une fabrique de tuiles. Pris d’assaut le 10 août 1792 par les Révolutionnaires, qui renversèrent la royauté, le palais fut incendié sous la Commune en 1871 et démoli en 1882. Seuls subsistent les jardins, dessinés par Le Nôtre.
Le nom de Rivoli commémore la victoire de Bonaparte sur les Autrichiens le 14 janvier 1797, au cours de la Campagne d’Italie.
La place de la Concorde, que longent les coureurs du Tour avant de s’engager sur les Champs-Élysées, est la plus vaste de Paris (84 000 m²). Elle est considérée comme l’une des plus belles du monde en raison de son étendue, de ses perspectives et de son architecture. Entre l’avenue des Champs-Élysées et la rue de Rivoli, la rue Royale et la Seine, le jardin des Tuileries et les espaces verts des « Champs », elle constitue un des grands carrefours de la capitale, desservi dès 1900 par la première ligne du Métropolitain. On a dit qu’elle était née d’une histoire d’amour : la déclaration d’amour du peuple à Louis XV, dit le « Bien-Aimé ». Sa cote de popularité s’étant effritée, l’inauguration de sa statue le représentant en cavalier, le 20 juin 1763, déchaîne les opposants. Le lendemain, le monument est orné d’une pancarte : « Oh ! La belle statue ! Oh ! Le Beau piédestal ! Les vertus sont à pied, le vice est à cheval ». Cet esprit frondeur prête à sourire, mais l’évènement préfigure de sombres tragédies. En 1770, le feu d’artifice, tiré à l’occasion du mariage de Marie-Antoinette avec le régent (futur Louis XVI), tourne au drame à la suite d’un incendie provoqué par un pétard. Bilan : 133 morts.
La Révolution fera davantage de victimes. La place Louis XV, rebaptisée précisément place de la Révolution en 1792 (le 11 août de la même année, la statue de l’ancien Roi est détruite) pourrait s’appeler place rouge. Plus de 1 300 personnes vont périr sur l’échafaud au cours des six premiers mois de la terrifiante année 1793. Au nombre des victimes de la guillotine, dressée le 21 janvier pour l’exécution de Louis XVI, figurent non seulement le Roi, la Reine Marie-Antoinette et les chefs révolutionnaires : Danton, Camille Desmoulins ou Robespierre, mais aussi la Comtesse du Barry, favorite de Louis XV, Charlotte Corday, meurtrière de Marat, le chimiste Lavoisier, et Madame Roland qui s’écria avant de mourir : « Liberté, que de crimes on commet en ton nom ! ».
La dénomination « place de la Concorde », symbole de réconciliation et d’espérance, fut adoptée sous le Directoire dans les dernières années du XVIIIe siècle, et c’est sous le règne de Louis-Philippe en 1836, que fut implantée l’obélisque, un monument sans couleur politique offert par le Vice-Roi d’Egypte, Mehemet Ali à Charles X en 1829. Ce vestige du temple de Louxor, haut de 23 mètres, pesant 220 tonnes et vieux de 33 siècles, n’arriva à Paris que quatre ans plus tard.
Sur l’emplacement des « Champs », il y avait autrefois des pâturages, à la lisière de la forêt de Rouvray (actuel Bois de Boulogne). Au XVIe siècle, Marie de Médicis fit tracer un chemin dans le prolongement de « son » Jardin des Tuileries. Élargie par Le Nôtre en 1676, et plantée d’arbres, cette voie royale fut prolongée jusqu’au Bois de Boulogne, au XVIIIe siècle.
Peuplés de guinguettes et de salles de jeux, les Champs-Élysées furent longtemps le repaire des rôdeurs et des filous. Mais en 1776, le restaurateur Le Doyen devint le rendez-vous de la haute société et les Champs subirent l’influence du Faubourg Saint-Honoré voisin. On vit alors apparaître les belles demeures et les hôtels particuliers.
Les journées de la Révolution marquèrent l’histoire de l’avenue. Le peuple de Paris l’emprunta le 5 octobre 1789 pour se rendre à Versailles et, après le Traité de Tilsitt, un gigantesque banquet y fut donné par la Mairie de Paris en l’honneur des 10 000 soldats de la Garde Impériale.
Parmi les grandes manifestations qui se déroulèrent sur les Champs-Élysées, il faut citer le retour des cendres de Napoléon en 1840, les obsèques nationales de Victor Hugo en 1885, le défilé de la victoire de 1918 et, enfin, l’arrivée triomphale du Général de Gaulle en 1944. Une apothéose qui pouvait faire oublier les heures douloureuses.
Malgré son ampleur, l’avenue des Champs-Élysées, large de 71 m, n’est pas l’artère la plus vaste de la capitale (avenue Foch : 120m), mais elle est assurément la plus prestigieuse. Si elle s’est démocratisée, « la plus belle avenue du monde », pour reprendre la formule consacrée, reste un centre d’affaires d’un caractère exceptionnel, avec ses boutiques de luxe, ses grandes salles de spectacle (Lido, cinémas d’exclusivités), ses galeries où s’expose le « chic parisien » et ses restaurants universellement réputés. Récemment rénovée, elle est le siège de l’Office de Tourisme de Paris. Depuis la démolition de la piste rose du Parc des Princes, le Tour de France a trouvé là un paysage à sa dimension. On rappellera, pour l’anecdote, que les Champs-Élysées avaient accueilli le premier Salon du Cycle en 1894.
Pour beaucoup de coureurs, arriver à Paris est déjà une victoire en soi. Mais gagner l’étape finale dans la capitale est bien sûr le rêve de beaucoup, une victoire qui enjolive sacrément un palmarès. Alors, Paris, paradis des sprinteurs ? Oui, le plus souvent, mais pas toujours et certains des grands vainqueurs de la Grande Boucle ont mis un point d’honneur à ponctuer leur succès d’un dernier exploit au Parc des Princes, à la Cipale ou sur les Champs-Élysées.
Les victoires finales le dernier jour de course sont rarissimes (3) et la plus célèbre est bien sûr celle remportée en 1989 par Greg LeMond aux dépens de Laurent Fignon, battu pour huit petites secondes par le revenant américain. L’idée de Jean-Marie Leblanc de terminer par un contre-la-montre est abandonnée. Comme les tirs au but au football, elle avait le mérite de donner lieu à un suspense haletant, mais était peut-être un peu injuste.
La même formule avait donné lieu au même résulta en 1968, où Jan Janssen était devenu le premier Néerlandais sacré dans le Tour dans le chrono final, battant Herman Van Springel de 38 secondes. Jean Robic s’était également imposé dans le Tour 1947 lors de l’ultime étape, mais sans la remporter.
D’autres vainqueurs du Tour ont tenu à finir en beauté alors que la messe était dite. À tout seigneur, tout honneur, Eddy Merckx fut bien sûr de ceux-là et le détenteur de quasiment tous les records du cyclisme est aussi celui des victoires à Paris puisqu’il s’y est imposé à quatre reprises, toujours à la Cipale. C’est en 1969 que Le Belge avait pour la première fois terminé son copieux menu de juillet d’une victoire au dessert, remportant tous les maillots distinctifs pour s’imposer avec une avance de plus de 17 minutes sur Roger Pingeon et gagner son surnom de « cannibale ».
Bernard Hinault fut aussi gourmand de victoires à Paris, histoire de montrer qu’il pouvait, quand il le souhaitait, rivaliser avec les meilleurs sprinters. En 1982, il mit tous les finisseurs d’accord en les humiliant au sprint. Mais l’un des plus beaux « finals » du Tour fut celui de 1979, où les deux meilleurs coureurs de l’édition, Hinault et Joop Zotemelk, jouèrent les prolongations pour terminer détachés sur les Champs-Élysées. Le Blaireau fut là encore sans pitié pour son rival.
Signalons encore les victoires au Parc des Princes, chaque fois contre la montre, de Jacques Anquetil en 1964, de Felice Gimondi en 1965, puis de Raymond Poulidor, qui restera le dernier vainqueur d’étape au Parc (1967) puisque le stade fut ensuite détruit.
Certains coureurs se sont offert une « petite boucle » en remportant la première et la dernière étape. Ce fut le cas de Maurice Garin en 1903, d’Ottavio Bottecchia en 1924 et 1925, de Nicolas Frantz en 1928, de Romain Maes en 1935, vainqueur détaché au Parc pour faire plaisir à sa maman, de Merckx en 1970 et 1974, d’Hinault en 1982 et l’an dernier de Thor Hushovd, vainqueur du prologue et du sprint ultime.
Un peu oubliée, la victoire la plus cocasse dans la capitale est peut-être celle de Jean Alavoine en 1909. Ce jour-là, la vedette lui fut volée par l’autre Alavoine, Henri, qui, accidenté, effectua les dix derniers kilomètres à pied, son vélo sur l’épaule. Les Alavoine furent les héros du dernier jour de ce Tour. Si Henri disparut à la Guerre en 1916, « le gars Jean » devait s’imposer à nouveau au Parc des Princes en 1912 et 1919, soit trois succès dans la capitale. Seul Merckx a fait mieux.