Guide touristique

étape 17 - Pau Castelsarrasin 188.5 km
jeudi 26 juillet

Le nez à la fenêtre

  • Pau. Le château où naquit Henri IV mérite une visite. De quoi occuper la journée de repos.
  • Mauvezin. Village typique dans le plus pur style gascon. Roger Couderc a choisi d’y reposer pour l’éternité.
  • Castelsarrasin. L’Église Saint-Sauveur, l’Église Saint-Jean et la chapelle Notre-Dame d’Alem ont résisté aux guerres de religion du moyen-âge. À voir.
 

Pau - km 0

Population : 79 000

Pau a probablement été aménagée au Xe ou XIIe siècle pour contrôler un gué du Gave servant de passage aux bergers des transhumances, entre Ossau et les pâturages de la plaine du Pont-Long. Un château fut bâti à mi-distance de Lescar, siège des évêques à Morlaas et capitale des vicomtes du Béarn. En 1450, Pau devient officiellement capitale du Béarn. En 1592, la cité devient la capitale des rois de Navarre. En 1527, Henri d’Albret de Navarre, seigneur du Béarn, épouse Margueritte d’Angoulême, sœur de François 1er, qui fait transformer le château dans un style Renaissance, et fait aménager de splendides jardins. En 1553, 400 ans avant le premier sacre de Louison Bobet dans le Tour, Jeanne d’Albret accouche de Henri de Navarre en chantant en Béarnais afin que le petit génie qui arrive ne soit « ni peureux, ni rechigné ». Le nouveau-né, futur Henri IV, est aussitôt baptisé avec du jurançon sur les lèvres et de l’ail !

Entre 1830 et 1914, Pau devient station climatique et sportive. En 1856, la ville, qui compte déjà 28 908 habitants, accueille d’ailleurs le premier golf d’Europe continentale, qui attire les Anglais, également amateurs des chasses au renard et des courses de chevaux sur l’hippodrome à Pont-long.

Un siècle plus tard, en 1957, Pau vit d’une immense richesse : le gaz de Lacq et devient troisième pôle économique du Sud-Ouest avec la pétrochimie, la chimie, l’agroalimentaire, la mécanique, l’aéronautique.

Aujourd’hui, la ville d’Henry IV s’est considérablement développée avec une Cité des nouvelles technologies, un aéroport agrandi, de nouvelles lignes internationales régulières avec Amsterdam et Londres, le centre TotalFina et Turbomeca (moteurs pour l’aéronautique).

Dans le monde de l’hippisme, Pau est reconnu comme le berceau de la race anglo-arabe. Le Haras de Pau est installé à Gelos dans l’agglomération.

Pau-Orthez, basket

On ne présente plus Pau-Orthez en basket, pas plus que l’on ne présente Coarraze-Nay en rugby. Les deux cités sont intimement liées au succès de ce club, parmi les plus importants de France. Bien que fondé en 1908, l’Élan béarnais n’a créé sa section basket qu’en 1931. Le club accéda à la première division, aujourd’hui Pro A, en 1973. Depuis, Pau-Orthez a été sacré 9 fois champion de France, avec de grands joueurs comme Mathieu Bissini, Alain Larrouquin, Frédéric Hufnagel, Konrad mac Rae, Orlando Philipps, Didier Gadou, Gheorghe Muresan…

Mastrotto et Duclos Lasalle

Raymond Mastrotto, qui est né en 1934 à Auch (Gers), et qui a trouvé la mort à vélo sur ses routes du Béarn en 1984, n’a jamais quitté la région de Pau, et plus exactement le village de Nay où il résidait. De fait, on l’a appelé le « taureau du Béarn » à cause de sa force et de son physique de troisième ligne. Vainqueur de l’étape Luchon-Pau du Tour 1967, sous le maillot de l’équipe de France B, Raymond Mastrotto, qui avait toujours un mot pittoresque pour les journalistes, leur dit à sa descente de machine : « Je suais tellement que je graissais la chaîne ! »

Le Béarn est aussi la région natale de Gilbert Duclos-Lasalle, né en 1954 à Lembeyre. Deux fois vainqueur de Paris-Roubaix, il a été un modèle de longévité et un exemple de courage pour son fils Hervé, aujourd’hui professionnel sous les couleurs de Cofidis.

 

Morlàas - km 2

Morlàas, à la sortie de Pau, est situé juste après le départ réel. L’ancienne capitale du Béarn, de 1080 à 1260, était le fief de Guillaume Snacho, duc de Gascogne, vainqueur des normands en 848. Il aurait ordonné à Loup Fort, un de ses vassaux, de ramener le Vicomte Centulle II à la raison. Loup Fort fit bien plus de zèle : il poignarda le Vicomte, faisant couler le sang sur la « césarée », ainsi appelait-on la voie qu’emprunta César, et qui reliait Lescar à Auch. C’est de ce crime de sang que vient le nom de Morlàas, qui signifiait « est mort là ».

 

Vic-en-Bigorre - km 35,5

Population : 4 788

Fondée en 1151, la cité a été une grande ville puisqu'elle a compté jusqu’à 2 000 habitants vers 1300, quand Tarbes n’en totalisait que 1 500.

Vic-en-Bigorre est la ville natale du rugbyman Jean Dupuy, né en 1934. L’ancien sociétaire du Stadoceste tarbais fut un excellent international dans les années soixante. Avec Michel Crauste, Jacky Bouquet, Michel Rancoule et Alfred Roques, il gagna quatre fois le Tournoi des V nations, la Tournée en Afrique du Sud en 1964, et fit une excellente prestation en Australie et Nouvelle-Zélande. À Vic, Jean Dupuy fut un bon clarinettiste à l’Orphéon municipal. Il devint naturellement un excellent chanteur lors des mémorables troisièmes mi-temps, au temps de la gonfle en cuir !

 

Rabastens-de-Bigorre - km 44,5

Population : 1 337

En traversant cette petite commune, la caravane pensera à Yvette Horner, la grande accordéoniste du Tour de France, au temps des Robic et Coppi. C’est dans ce village que venait se reposer la championne de l’accordéon, née à Tarbes en 1922.

 

Département du Gers (32)

Le département du Gers est l’un des moins peuplés de France, avec 172 335 habitants. Il est situé dans l’ancienne province de Gascogne. Entouré des Pyrénées-Atlantiques, des Hautes-Pyrénées, du Tarn-et-Garonne et du Lot-et-Garonne, il compte 3 arrondissements : Auch, chef-lieu, Condom et Mirande, 31 cantons et 463 communes.

C’est le haut-lieu des palmipèdes gras, canards et oies.

 

Mielan - km 59,5

Population : 1 642

Située entre Auch et Tarbes, la commune est dotée d’une bastide de 1284 construite par le sénéchal du roi Eustache de Beaumarchés. Le nom de Mielan, comme d'autres communes riches en bastides gasconnes, est emprunté à l’italien (Milan). Le village, en ruines jusqu’au XVIIIe siècle, a beaucoup gagné avec la route royale Auch-Tarbes. Mielan est la cité de Jean-Paul David. Le fondateur du mouvement anticommuniste « Paix et Liberté » fut par ailleurs secrétaire général du Rassemblement des Gauches Républicaines, puis créa enfin le Parti libéral européen.

 

Mauvezin - km 136,5

Population : 1 753

C’est un charmant village avec une poste style gascon dans une bâtisse Henri IV, une mairie construite au XIXe siècle, une halle du XIVe. C’est tellement beau, dit-on, que « le ciel est identique à celui de Toscane ».

C’est dans le cimetière communal qu’est inhumé Roger Couderc, né en 1918 à Souillac, et décédé en 1984. Journaliste de télévision au temps de l’ORTF, il vulgarisa et valorisa le rugby en France notamment avec les retransmissions, extraordinaires et uniques à l’époque, des matchs du Tournoi des 5 nations et des premiers test-matchs.

Il est le dépositaire, pour toujours, de l’expression « allez les petits » qu’il lançait depuis son écran de contrôle.

Quand il fut renvoyé de l’ORTF avec Robert Chapatte et d’autres, Roger Couderc couvrit les matches de rugby pour Europe 1. Un jour, il débuta la retransmission en direct par cette belle formule demeurée célèbre : « À gauche du transistor, les Anglais, à droite les Français ! »

 

Département du Tarn et Garonne (82)

Le département du Tarn-et-Garonne est situé dans la région Midi-Pyrénées. D’après les historiens, il aurait été dessiné à partir de Napoléon, qui apposa sa main sur une carte de France. À partir du trait laissé par le pourtour, et qui rappelle vaguement une main droite, vue de la paume, avec l’index en l’air, on décida de la forme du Tarn et Garonne !

Situé à la limite des départements de l’Aveyron, du Tarn, du Lot, du Lot-et-Garonne, de la Haute-Garonne et du Gers, le Tarn-et-Garonne compte 206 034 habitants, répartis sur 2 arrondissements, Montauban et Castelsarrasin, 30 cantons, 14 intercommunalités et 195 communes.

 

Beaumont-de-Lomagne - km 156,5

Population : 3 959

À quelques kilomètres de l’arrivée à Castelsarrasin, il eut été inconcevable de ne pas évoquer l’hippodrome de Borde-Vieille de Beaumont, classé national pour le trot et le plat.

C’est sur cette piste que s’entraînent courent et gagnent les meilleurs pur-sang élevés dans la région.

Beaumont est la patrie du mathématicien Pierre de Fermat et son agriculture produit un excellent ail.

 

Castelsarrasin - km 186

Population : 11 355

Castelsarrasin a subi les guerres de religions contre les Anglais jusqu’à la fin du XIIe siècle, puis la croisade des Albigeois jusqu’à la première moitié du XIIIe siècle.

À la fin du XVIIIe siècle, Antoine Launet, dit Lamothe Cadillac, né à Saint-Nicolas de la Gave, non loin du chef-lieu, est envoyé par le roi aux Amériques, où il fonde la grande ville de Détroit ! L’énergique bâtisseur n’a pas été oublié dans la capitale mondiale de l’automobile, puisque c’est en son hommage qu’a été adopté le nom de Cadillac pour les célèbres voitures de prestige. Tous les deux ans, un grand rendez-vous de Cadillac a d’ailleurs lieu à Castelsarrasin.

Aujourd’hui, Castelssarasin est le deuxième pôle économique du Tarn-et-Garonne.

Parmi les beaux édifices religieux, Castelsarrasin compte l’église Saint-Sauveur située place de la Raison. Construite entièrement en briques dans le plus pur style gothique, elle possède un clocher-four octogonal à deux étages et un mobilier des XVIIe et XVIIIe siècle classé Monument historique.

Castelsarrasin est la ville natale de Pierre Perret, chanteur-compositeur et fin cuisinier.

Les sportifs font aussi honneur à la ville avec 37 associations représentant 2 000 licenciés. Le cyclisme est bien présent avec Didier Rous, Christophe Rinero, qui a donné la cyclosportive « La Christophe Rinero », et surtout la multiple championne du monde de cyclisme sur piste Marion Clignet.

Hommage à Gaston Benac

Castelsarrasin est la ville natale de Gaston Benac, qui y a vu le jour en 1881, année de la très visible loi d’« interdiction d’afficher du 29 juillet 1881 », inscrite sur les murs des édifices publics et qui contient les principes de la liberté de la presse par son article 1 : « La librairie et l’imprimerie sont libres ». Pour un futur journaliste, c’était déjà un signe !

Après des études de droit, le jeune Gaston Benac entre dans un petit quotidien, « La Petite Gironde bordelaise », où il s’initie comme ses confrères à la pratique du journalisme local.

Puis il « monte » à Paris, à « L’Auto », le journal d’Henri Desgrange, le père du Tour. Il collabore aussi pour « L’Intransigeant » ou « Paris Midi » , et devient chef des sports de « Paris Soir » à l’époque de l’incroyable succès de ce quotidien.

Avec son confrère Albert Baker d’Isy, il fonde le Critérium national et le Grand Prix des Nations en 1930.