
Loudenvielle-Le Louron
196 km
lundi 23 juillet
Foix, chef-lieu de l’Ariège, est la plus petite préfecture de France avec 9 000 habitants, les Fuxéens. Dans bien d’autres départements de France, de nombreux chefs-lieux de cantons sont plus peuplés. Au commencement, le département s’appelait le pays de Foix. Situé entre Saint-Girons à l’ouest et Perpignan à l’est, Pamiers au nord et Andorre au sud, Foix est partie du duché d’Aquitaine, puis du comté de Carcassonne. La cité a été établie en comté au XIe siècle.
Bien que modeste, le département de l’Ariège est le seul à rouler… de l’or dans ses eaux ! Au Moyen Âge et jusqu’à la fin du XIXe siècle, les orpailleurs étaient nombreux à laver les sables pour en extraire les pépites. Certaines, pesant jusqu’à 15 grammes, ont été prélevées en aval de Foix, entre Varilhes et Pamiers.
Le château de Foix existait au moins en l’an 1200. Il était le point de commandement du comte de Foix, qui venait de naître et qui allait faire de ce lieu, à la fois la place forte et la résidence comtale.
Le musée de l’Ariège, installé dans le château de Foix, est riche d’éléments de la préhistoire grâce à une belle collection archéologique gallo-romaine témoignant d’une vie humaine dans les 300 grottes répertoriées de l’Ariège. Chaque été, le musée de l’Ariège offre un spectacle, « Il était une Foix l’Ariège », au cours duquel on embrase le château.
La grotte, découverte en 1906, offre des stalactites et des stalagmites. Les premières sont des concrétions calcaires pendantes sur le plafond des grottes, les secondes de même nature se distinguent par le fait qu’elles n’ont pas de canal central.
La grotte date de l’époque magdalenienne (il y a 15 000 ans !) et y figure une peinture d’un bison noir, authentifiée en 1906 précisément par l’abbé Henri Breuil.
Saurat, site préhistorique, a été identifié en 1034. Il y eut longtemps des forgerons et des charbonniers et le village participa à la guerre des Demoiselles. Elle a été ainsi nommée car elle mettait aux prises les propriétaires terriens et les pauvres paysans qui vivaient en autarcie dans les forêts et qui, de 1829 à 1872 s’élevaient contre Charles X, qui voulait reprendre le sol aux pauvres. Or pour tromper leurs victimes, les paysans se déguisaient en femmes, à robes longues, avec des foulards et des perruques…
Massat est le fief des Galy Gasparrou, qui ont tenu la mairie durant des années.
Georges Galy Gasparrouu (1896-1979) fut le premier magistrat de la commune de 1921 à 1977. Secrétaire d’état à l’information dans le cabinet Pierre Mendès France, il fut également secrétaire d’Etat à la présidence du Conseil dans le gouvernement Bougès Maunoury.
Engagé volontaire en 1914, il fut juge d’instruction à Senlis, mais refusa de prêter serment au maréchal Pétain.
Emprisonné, condamné à mort, il s’échappa. Il fut procureur général à la Haute cour de justice.
Saint-Girons, de l’occitan Sent Gironç a son histoire liée à Saint-Lizier, fondée par les Romains. Longtemps, le bourg ne fut qu’un entrepôt avant que le village ne soit érigé le long du Salat. Le blason de Saint-Girons est une cloche d’or, comme on en utilise dans les vélodromes pour signaler le dernier tour des sprints et chasses.
Ville natale de Sylvain Dispagne, le rugbyman international, de Gabriel Massat, poète surréaliste et de Roger Fauroux, ancien ministre de l’Industrie et du territoire dans le gouvernement de Michel Rocard.
Économiquement, Saint-Girons a longtemps vécu du textile avec ses moulins à fouler la laine, et la papeterie a connu un bel essor grâce à son eau limpide, idéale pour traiter la pâte à papier.
C’est à Saint-Girons que l’on produit encore le papier à cigarettes Job, des initiales du nom de son créateur, Jean Bardou.
Ce village, ouvert à l’agriculture, n’a pas d’autre curiosité que de porter le nom d’un excellent cru du Médoc.
Saint-Béat, appelé jadis Passus lupi, littéralement « le passage des loups », est connu pour ses carrières de marbre blanc. C’est là que se trouve la maison natale du maréchal Joseph Galliéni, Saint-cyrien en 1868, officier en 1870 contre les Prusses, nommé gouverneur militaire de Paris le 26 août 1914, à la veille de la Grande guerre. Il est mort à Versailles le 27 mai 1916.
Saint-Béat a ouvert un musée du Trésor qui renferme toutes les merveilles de son souterrain, autre forme de trésor… public !
Le col de Port, qui culmine à 1 249 m, est presque un classique des étapes pyrénéennes. Bien que découvert en 1910 (Lapize, 1er au sommet), il n’appartient pas à ces grands juges de paix que sont ses frères le Tourmalet, l’Aspin et l’Aubisque. Même s’il n’est pas classé parmi ceux de la « grande étape » des Pyrénées, ni escaladé chaque année, il a fourni au classement de la montagne quelques coureurs de renom dont… le champion du monde et recordman de classiques, le grand Rik Van Looy en 1965.
Après 21 ans sans Tour de France, c’est Laurent Brochard qui l’a vaincu en 1997 et la Grande boucle l’a emprunté pour la dernière fois en 2002 avec Laurent Jalabert à la première place.
Le département de la Haute-Garonne, en région Midi-Pyrénées, est situé à la limite des départements de l’Ariège, de l’Aude, du Tarn, des Hautes-Pyrénées et de l’Espagne (Val d’Aran en Catalogne et la province Huesca en Aragon).
Il compte 1 046 338 habitants répartis en trois arrondissements Toulouse, Muret et Saint-Girons 53 cantons 28 intercommunalités et 580 communes.
Économiquement, l’aérospatiale à Toulouse Blagnac est le fleuron du département, avec une importante activité dans le tertiaire et la recherche.
C’est après le sommet du col du Portet d’Aspet qu’est érigée la stèle à la mémoire de Fabio Casartelli. Elle rappelle aux passants que le champion olympique à Barcelone en 1992 a trouvé la mort en tombant lourdement dans la descente en 1995. Le Portet d’Aspet est un classique du Tour de France dont le dernier à être passé au sommet en vainqueur est Eric Dekker en 2005.
Le col de Menté est indissociable du grand malheur de Luis Ocana dans le Tour 1971. C’est dans ce col situé à 1 349 m d’altitude qu’en 1971 le Castillan est tombé sous un orage dantesque, alors qu’il était revêtu du maillot jaune depuis sa chevauchée fantastique au sommet d’Orcières-Merlette. Jeté à terre à cause de l’orage qui rendait hypothétique le freinage, Luis Ocana aurait pu se relever mais c’est en reprenant ses esprits et sa machine qu’il reçut Joachim Agostinho en pleine poitrine.
La « mort dans l’âme », le Castillan dut laisser le Tour de France alors qu’il conservait encore près de neuf minutes d’avance sur Eddy Merckx.
José Manuel Fuente gagna l’étape à Luchon (et le surlendemain dans la montée à Bagnères). Le Cannibale, en guise d’hommage à Luis Ocana, ne voulut pas porter le maillot de leader.
Le département des Hautes Pyrénées, en région Midi-Pyrénées, compte 222 368 habitants répartis dans 3 arrondissements : Tarbes, chef-lieu, Argelès Gazost et Bagnères de Bigorre, 34 cantons, 33 intercommunalités et 474 communes.
Avant de prendre son nom actuel, le département aurait pu s’appeler le Bigorre, étant sur l’ancienne province de Gascogne. Avec deux enclaves dans les Pyrénées atlantiques, les Hautes Pyrénées, délimitées par le Gers, la Haute Garonne et la province de Huesca, de l’autre côté des Pyrénées, le département offre des plaines entre le gave de Pau, Argelès Gazost et Lourdes.
Mauléon, du latin « malus » (mauvais) et « léo » (lion) devint Mauléon Soule, en basque, et prit son nom définitif quand le seigneur de Soude, de la seigneurie de Barousse, en fit l’acquisition.
Inédit sur la route du Tour, ce col impressionnant culmine à 1 750 m et relie la vallée de Barousse à celle de l’Oueil, du côté de l’ancien comté de Comminges.
Avec seulement 6 habitants au km², les 49 âmes de ce village doivent se sentir à l’aise comme les grimpeurs ailés quand le peloton s’est désintégré !
Sur la route de Saint-Jacques de Compostelle, Saint-Paul d’Oueil offre avec son chemin du Piedmont, un itinéraire « bis ».
Garin, dans la vallée du Larboust, n’a aucun lien avec Maurice, le vainqueur du premier tour. Cette commune comptait des consuls en 1344, qui ont fait bâtir une chapelle Saint-Pié en 1387. On y trouve encore 200 nécropoles de l’âge du bronze, d’après des fouilles de 1978.
La station thermale et touristique a été connue du grand public lorsque le Tour de France y a fait étape en 1991, quand Miguel Indurain a forgé la première de ses cinq victoires dans le Tour de France, en devançant sur la ligne à Le Louron son compagnon d’échappée, l’Italien Claudio Chiappucci.
Bien avant de recevoir les géants de la route, la commune de Loudenvielle était déjà une étape sur le chemin de Compostelle.
La commune compte une église du XVIe siècle, la chapelle d’Aranvielle, dotée de murs peints. Trois autres bâtiments religieux, toujours avec des murs peints, se trouvent répartis dans la vallée.
Aujourd’hui, le tourisme culturel a doté Loudenvielle d’un musée, l’Axiro, espace muséographique créé dans une vieille ferme, permettant ainsi, au moyen de techniques modernes, d’expliquer la flore, la faune, dans un lieu typique des Pyrénées.
Un espace est dédié à la valeur du bâti de la vallée du Louron, où l’on privilégie la pierre, le bois et l’ardoise. Par ailleurs, dans un petit théâtre italien, des marionnettes jouent les personnages d’une famille locale, parlant de la construction des barrages, sans lesquels la vallée n’aurait pas connu son formidable développement.
La station familiale du Louron, avec une clientèle essentiellement française, est dotée de 20 km de piste de descente et elle est le plus grand espace pour débutants de la chaîne des Pyrénées. Un canon à neige, particulièrement efficace, peut produire des paillettes de glace, paradoxalement jusqu’à 13°.
Sur l’ensemble du domaine, on pratique la raquette, le parapente « speed riding », sorte de parapente doté d’une petite voile. Le principe consiste en une descente à ski classique, mais qui permet, grâce à la voile, de quitter le sol à la première difficulté.
Le ski « air board » se pratique sur une luge allongée qui permet de dévaler, généralement le soir, les pentes des pistes lorsque les skieurs goûtent aux plaisirs de l’après-ski !