Guide touristique

étape 14 - Plateau de Beille 197 km
dimanche 22 juillet

Le nez à la fenêtre

  • Mazamet. La ville où se trouve le musée cathare est aussi un bon point de départ pour la découverte de ces hérétiques du moyen-âge et de leurs châteaux, à commencer par celui d’Hautpoul.
  • Carcassonne. Bien que le date de l’embrasement de la Cité soit passée, la visite de la ville est chaudement recommandée.
 

Département de l'Aude (11)

Le département de l’Aude, en région Languedoc-Roussillon, est limitrophe de l’Hérault, de l’Ariège et des Pyrénées orientales. 309 707 habitants sont répartis dans 3 arrondissements : Carcassonne, Limoux et Narbonne. Trois zones agricoles et viticoles sont connues pour le tourisme : le Lauragais, le Carcassonnais, le Narbonnais. 35 cantons totalisent 30 intercommunalités et 438 communes.

L’Aude a considérablement développé la viticulture à partir de 1905, notamment grâce au grand mouvement viticole et la lutte des vignerons sous la houlette de Marcellin Albert. Après cette « révolution » le département a vu s’ouvrir de multiples coopératives viticoles.

 

Mazamet - km 0

Population : 11 000

Mazamet a été durant 150 ans la cité du délainage puis, dans une période plus courte, ville de mégisserie. Grâce à la laine, Mazamet, à l’origine Mas Aimat, le « mas aimé » a été connue jusqu’en Argentine, Australie et Afrique du Sud.

Pour les plus vieux amateurs de rugby, le SC Mazamet (Sporting club mazamétain), longtemps en Première division, a échoué une fois en finale en 1958 contre Lourdes, l’ennemi héréditaire, et ce malgré le capitaine Lucien Mias, médecin à la ville, et capitaine du XV de France victorieux des Springboks en 1958.

Plus près de nous, Mazamet retomba en deuxième division, remporta le championnat de France en 1985 avant un retour en fédéral, qui l’empêche de rencontrer son grand voisin le Castres olympique en pro D1.

Située à égale distance de Toulouse et de Béziers, (90 km) Mazamet fut un haut lieu de rassemblement à l’époque des Cathares et le château médiéval d’Hautpoul, à 4 km du centre de Mazamet, témoigne des origines de la cité.

Parmi les visites, on peut recommander celle de la Maison des Mémoires de Mazamet. Siège de l’Office de tourisme, la maison Fuzier est le lieu de plusieurs expositions comme le musée cathare, qui nous renseigne sur les « parfaits », comme ils se nommaient eux-mêmes, sur l’histoire des châteaux cathares.

Le Tour s’élance pour à la première fois depuis le Jardin des promenades joli nom, mais ô combien paradoxal pour une étape qui s’annonce difficile. Le départ est donné dans la ville natale des frères Jalabert, dont le nom est intimement lié à une cyclosportive, la Laurent (120 km) et la Nicolas (80).

Pourquoi tant de laine ?

L’histoire de Mazamet dont on retient qu’elle reste liée aux activités de délainage au milieu du XIXe siècle, continue de se distinguer par le tissu ! C’est en effet à Mazamet que François Girbaud, qui devint créateur et styliste de mode avec son épouse Marithé Bachellerie, créa une ligne de blue jeans dans les années soixante-dix avec comme motif la Goulue, de Toulouse-Lautrec.

Les Girbaud connurent le succès à Mazamet puis aux USA, où ils créèrent un vêtement porté par la star Jennifer Beals dans le film « Flashdance » en 1982. En 2005, ils firent scandale en reproduisant sur des affiches 4X4 la Cène de Léonard de Vinci avec, en guise d’apôtres, des femmes ! Interdit par le TGI, saisi par l’association « Croyances et liberté », les Girbaud obtinrent gain de cause devant la Cour de cassation.

Le canal du Midi

Le Canal du Midi, qui relie l’Atlantique à la Méditerranée, était déjà un projet à l’époque romaine. Bien plus tard, les études entreprises sous François Ier, Henri IV et Richelieu, ne permirent pas le début des travaux. Il fallut attendre Pierre-Paul Riquet, le baron de Bonrepos (1604-1680) pour que le projet se décide, sous l’autorité de Colbert, en 1666.

Initialement appelé Canal royal en Languedoc, puis Canal des Deux-Mers, il ne fut baptisé du Midi qu’en 1789 .

Long de 240 km, il compte 91 écluses. Au XIXe siècle, il fallait huit jours de voyage pour aller d’Agde à Toulouse avec une charge de 120 tonnes de fret. De nos jours, il est agréable de le longer à pied, à bicyclette, ou de l’emprunter sur une péniche de laquelle on peut apprécier la douceur de vivre.

En le remontant vers Toulouse ou en le descendant vers le Roussillon, ayez une pensée pour les 12 000 hommes qui le bâtirent durant 14 ans et pour l’initiateur, l’inventeur, le baron Riquet, mort six mois avant l’inauguration.

 

Carcassonne - km 46,5

Population : 43 950

Carcassonne, mondialement connue pour sa cité, accueille chaque année trois millions de visiteurs. D’après les historiens, la ville serait née au IIe siècle av. J.C. et les Romains la fortifièrent en 118 av. J.C. Le catharisme attira ses adeptes dans les murs car ils étaient protégés par Vincent Raimond Roger Trencavel. Le pape prit fait et cause pour les catholiques en affirmant que la cité était devenue terre d’hérésie. Après de nombreuses péripéties, dont le massacre des protestants en 1560, la cité se retrouva ruinée au XIXe siècle.

Soutenue par J-P. Cros Mayrevielle, lui-même aidé par Prosper Mérimée, inspecteur des monuments historiques, Carcassonne sera définitivement sauvée pour être inscrite au patrimoine de l’Unesco.

Carcassonne est la cité de personnages illustres. Philippe François Fabre d’Eglantine (1750-1794), dont on a conservé le refrain « Il pleut, il pleut bergère », qui avait voté la mort de Louis XVI, était lié à Danton.

Paul Sabatier (1854-1941) est un autre enfant de la cité. Normalien et polytechnicien, prix Nobel de chimie avec Victor Grignard en 1918 pour une « méthode d’hydrogénation de composés organiques en présence de métaux divisés », il fut l’un des assistants de Marcellin Berthelot au Collège de France.

 

Limoux - km 67,5

Population : 10 169

La blanquette de Limoux, AOC mondialement connue, a une histoire bien plus ancienne que le… champagne. La propriété effervescente de la blanquette fut découverte « par accident » en 1531 par dom Pérignon, lui-même (!) qui revenait d’Espagne. D’autres prétendent que le pétillant est apparu au XIVe siècle.

Limoux possède un très beau musée du piano et son pont neuf sur l’Aude fort de 6 arches date de 1327.

 

Quillan - km 94

Population : 3 600

Quillan, de l’occitan « Quilhan », fut érigée en 1223. Elle compte une forteresse wisigohtique du temps de « Killamen » et le château fut incendié par les Huguenots. Démantelé en 1575, le bâtiment fut à vendre à la révolution mais ne fut acquis qu’en 1950 !

Limoux est la ville de Félix Armand, à l’origine de la route de la Pierre-Lys, et celle du révérend père Louis Ormières, fondateur de la congrégation de l’Ange gardien.

 

Axat - km 110

Population : 832

Axat, en occitan Atsat offre trois fontaines abreuvoirs, pratiques pour la chasse à la cannette !

Certaines rues sont à passages couverts, et parmi les curiosités, on peut voir une tombe-mausolée de la famille Puig, ou une expo paléontologique.

 

Ax-les-Thermes - km 164

Population : 1 441

Ax-les-Thermes de l’occitan « Acs » est la ville de François Mansard. Station aux 80 sources, elle fut très fréquentée dès le moyen-âge et Saint-Louis fit construire en 1260 un hôpital avec un bassin dit des lâches pour les soldats ayant contracté la lèpre en Palestine !

Station touristique, elle fut un haut-lieu d’étape du Tour de France depuis 1933 et jusqu’en 1965. Depuis, le Tour à Ax s’est découvert une arrivée en altitude au Plateau de Bonsacre : victoire de Cardenas en 2003.

 

Plateau de Beille - km 133,5

Le Plateau de Beille, (1600-1800 m) porte bien son nom tant il est vrai qu’il est toujours question de plateau lorsque la route du cycliste s’élève. La montée de ce Plateau de Beille n’est d’ailleurs pas une mince affaire, même pour les meilleurs grimpeurs, si l’on en juge par l’étude du dénivelé : 7,9% sur 15,8 km, pour 7,7% sur 14,2 km pour l’Alpe d’Huez !

Pas étonnant, donc, qu’en 1998, à l’occasion de la première arrivée du Tour de France, ce soit Marco Pantani qui s’y est imposé avant de gagner définitivement le Tour dans les Alpes.

La station de Beille, qui ne comporte qu’un seul bâtiment, a été créée en 1990. La station du Plateau de Beille s’est fait un grand nom dans le ski de fond, c’est même le premier site des Pyrénées pour la pratique de cette activité, avec 70 km de pistes de fond, 7,7 Km pour les chiens de traîneaux et un bel espace luge.

Régulièrement le Plateau de Beille accueille de grandes épreuves telles que la « Pyréna », qui rassemble 450 chiens de traîneaux.

Au mois de mars, la Transpyrénéenne, course populaire de ski de fond, réunit 700 enfants et 500 adultes pour une épreuve aussi sportive que la Transjurassienne ou la Foulée blanche dans le Vercors en Isère et l’Etoile des Saisies en Savoie.

Les autres vecteurs économiques sont l’industrie, avec le talc de Luzenac (1er gisement européen), puis l’élevage de vaches gasconnes et de brebis tarasconaises.

Le plateau de Beille est un site remarquable de migration et le lieu de nidification de grand tetras dans un espace naturel protégé.

La forêt à pins à crochets est tout aussi remarquable sur ce Plateau formé à l’ère primaire et érodé à l’ère glaciaire puis lors du plissement pyrénéen.