
mercredi 18 juillet
Montagnarde au nord, maritime au sud, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, forte de 4,7 millions d’habitants est à la fois extrêmement homogène par sa culture, sa gastronomie et ses traditions et d’une extraordinaire diversité dans ses paysages, sa flore et son économie. Rurale dans les deux départements alpins et dans l’arrière-pays, c’est une région agricole – huile d’olive, vins rosés, mais aussi rouges et blancs, fruits –, qui abrite trois villes de plus de 200 000 habitants – Maseille, Nice et Toulon –, autour desquelles se concentre l’activité industrielle et portuaire. Formée des anciens comtés de Provence et du Dauphiné, c’est une région d’histoire et de patrimoine avec les grandes villes d’art et de culture que sont Aix, Arles ou Avignon. Tous ces atouts font de PACA une terre de festivals l’été, la première destination touristique des Français et la deuxième au monde après Paris.
Ancien bastion des princes d’Orange surveillant la vallée de la Durance, Tallard s’étend sereinement au pied de son château médiéval, combinant avec bonne humeur son passé terrien et son goût actuel des cimes et des airs.
Passé aux mains de nombreuses familles tout au long de son histoire, le château a notamment connu un incendie, et a finalement été vendu en 1957 à la commune. La mairie a depuis entrepris une restauration exemplaire. L'entrée s'ouvre sur une vaste cour, dévoilant la chapelle de style gothique flamboyant, le corps de garde et le logis seigneurial. Marbres, vitraux, blasons, statues, plafonds à la française, fenêtres à meneaux, cheminées agrémentent l'architecture étonnante de cet édifice, qui abrite désormais un festival de musique.
Mais la ville, sportive, a le goût des grands espaces et ce n’est pas un hasard si Tallard signifie « ville haute ». Les mordus d’escalade connaissent bien la majestueuse falaise rocheuse de Céüse, qui surplombe le village de Sigoyer. Toujours plus haut, les amateurs d’émotions fortes et de sports aériens trouveront à Tallard un terrain idéal. L’aérodrome Gap-Tallard est un véritable paradis pour les amateurs d’aviation, de planeur, de parachutisme, de vol libre, de vol relatif, de sky surf, de vol à voile, de montgolfière ou d’ULM. Tallard a ainsi accueilli en 1995 le championnat du monde de vol relatif, le Mondial de l’Air en 1998 et 1999 et le premier mondial de parachutisme en 2003.
Si Tallard n’a jamais été ville étape du Tour, la Grande boucle y est souvent passée, pas plus tard qu’en 2006, où elle se situait peu avant l’arrivée à Gap. La région est bien sûr un fief de la Grande boucle et la grande voisine gapençaise, située à une quinzaine de kilomètres, a été ville étape à 19 reprises.
Préfecture : Digne-les-Bains. Ancien département des Basses Alpes, qui a changé de nom en 1970 pour une appellation qui illustre bien à la fois sa tradition montagnarde avec des stations de ski et d’altitude (Barcelonnette, Pra Loup, le Sauze) et sa position en Haute Provence, où se trouvent les plus grandes villes du département, Digne et Manosque, et l’essentiel des activités non touristiques. La jolie petite ville de Castellane est la plus petite sous-préfecture de France. Si les agricultures alpestre et provençale demeurent des ressources essentielles, le tourisme est l’un des atouts majeurs de ce département qui sait concilier montagne et soleil, tourisme naturel (Gorges du Verdon, parc naturel du Mercantour), sportif et familial.
Chefs-lieux d’arrondissement : Barcelonnette, Castellane, Forcalquier.
« Porte de la Provence » pour qui arrive des Alpes, Sisteron était à l’inverse, pour les comtes de Provence, la limite nord de leur comté. Le Segustéro des Romains a conservé ce rôle de passage entre montagnes et vallée. Perchée à 485 m d’altitude sur les rives de la Durance, Sisteron est célèbre pour son agneau goûteux, mais aussi et surtout pour sa citadelle, qui fait face au spectaculaire rocher de la Baume.
Sa situation exceptionnelle a valu à Sisteron une occupation humaine permanente, du village préhistorique à la ville touristique actuelle, en passant par l’importante station sur la Via Domitia romaine qui reliait l’Italie à l’Espagne. La deuxième moitié du XVIe siècle voit Sisteron, comme toute la France, déchirée par les guerres de Religion. C’est à cette période qu’est édifiée la citadelle actuelle sur l’emplacement d’une forteresse plus ancienne. Les fortifications sont dues à Jean Erard, ingénieur d’Henri IV et précurseur de Vauban. De la citadelle, endommagée par les bombardements pendant la Deuxième Guerre mondiale, on découvre un superbe panorama sur la vallée de la Durance.
En passant sur la commune des Mées, les coureurs apercevront de surprenants supporters sur le bord de la route, les Pénitents. Le nom provient de la forme d'une masse rocheuse très découpée, à côté du village, qui évoque un groupe de moines coiffés de capuches pointues. Celle-ci est le résultat de l'érosion sur le substrat rocheux, qui possède des irrégularités de cohésion, et conduit donc à des zones proéminentes et à d'autres creusées. Bien que la façade des Pénitents évoque des formes rocheuses plus ou moins coniques, il s'agit d'un ensemble de crêtes et de minuscules canyons, s'interrompant simultanément sur un plan vertical. Cette formation s'étire sur environ un kilomètre, et la falaise la plus haute atteint 114 mètres.
Après 1789, le château fut vendu comme bien national puis surélevé d'un étage pour être transformé en magnanerie. Pasteur vint y étudier la maladie du magnan (ver à soie en provençal) : la pébrine.
En 1888, s'acheva la construction du pont à 7 arches de 285 mètres entre les villages de La Brillanne et d’Oraison. Sous les yeux de Frédéric Mistral, venu inaugurer l’ouvrage, la Durance fut enfin vaincue et le pays d'Oraison désenclavé.
À noter en ville le Café du Commerce, magnifique bistrot de style 1900. Vous y dégusterez peut-être la spécialité locale, le gratin d’Oraison, à moins que vous n’y discutiez des résultats des courses disputées au cynodrome et à l’hippodrome locaux.
Chef-lieu : Toulon. Le Var a la particularité bien connue de porter le nom d’un fleuve qui ne coule pas sur ses terres puisqu’il déroule son cours dans les Alpes maritimes. Département de villégiature, il oscille entre la vocation agricole et de tourisme vert de son arrière-pays, le Haut Var, et la vocation balnéaire de son littoral de 420 km, parsemé de quelques-unes des stations les plus connues au monde, comme Saint-Tropez, Le Lavandou, Saint-Raphaël ou Bandol. Sa préfecture, Toulon, est un cas particulier, ayant bâti sa fortune et sa renommée autour de son arsenal et de sa rade, qui est l’un des hauts lieux de la Marine nationale.
Chefs-lieux d’arrondissement : Brignoles, Draguignan.
À l’extrémité ouest des gorges du Verdon, au carrefour de quatre départements – Var, Vaucluse, Bouches du Rhône et Alpes de Haute-Provence, Vinon sur Verdon bénéficie d’une situation privilégiée.
Vinon tire aujourd’hui parti de la présence des fameuses gorges du Verdon qui attirent touristes, randonneurs et amateurs de sports de rivière.
Gigantesques falaises de roches calcaires creusées par le Verdon, elles ne furent réellement découvertes qu'au début du XXe siècle, où les promeneurs se rendirent compte à quel point le spectacle était grandiose et les panoramas vertigineux. Le Verdon termine son cours à Vinon, où il se jette dans la Durance après avoir parcouru 178 km depuis le Col d’Allos.
Même si la ville tient son nom du modeste Maximin, l’un des 72 disciples du Christ dont les reliques sont entreposées dans la crypte de la Basilique, c’est à Marie-Madeleine que Saint-Maximin doit l’essentiel de sa renommée, puisqu’elle a fait de sa basilique le troisième tombeau de la Chrétienté. Marie-Madeleine étant la sainte patronne des compagnons du Tour de France, il était logique que notre course y passe.
La présence des reliques d’une des plus proches disciples du Christ, déposées dans cette crypte en 716 pour les protéger des raids sarrasins, convainc le pape Boniface VIII d’autoriser l’édification d’une basilique et d’un couvent, qui subsistent aujourd’hui dans un remarquable état de conservation.
Visible de très loin par le voyageur arrivant de Marseille ou des Alpes, la Basilique est le plus grand édifice gothique du Sud-Est de la France. Sa construction dura environ trois siècles. Au début du XVIe siècle, les travaux sont arrêtés et la Basilique reste inachevée : le portail de l'entrée principale est manquant et le clocher n'a jamais été édifié. D’une longueur de 73 mètres pour une largeur de 37 mètres et une hauteur de 29 mètres, la basilique est de loin la plus imposante de la région.
Le massif de la Sainte Baume (grotte en provençal) doit son nom à la grotte où, selon la tradition, vivait Marie-Madeleine. Orienté d’Est en Ouest, il s’étire sur 12 kilomètres et culmine à 1 147 mètres. Cette masse rocheuse se caractérise par un versant Sud en pente douce avec une végétation rabougrie et au Nord un abrupt de près de 300 mètres par endroits, à l'abri duquel une forêt unique a pu se développer. Elle bénéficie d'un microclimat qui explique la présence d'espèces typiques de régions plus septentrionales.
La région était déjà un centre religieux voilà 3 000 ans. Une immense réserve d'eau, où prennent leur source les rivières de la région, explique que, depuis les temps préhistoriques, des cultes païens dédiés aux déesses de la fécondité s'y soient développés. Certains historiens pensent que la forêt a été fréquentée par les « druides » à l'époque de la présence des Celtes à partir du IVe siècle avant notre ère.
Situé au pied du massif de la Sainte Baume, à égale distance de Marseille, Aix-en-Provence et Brignoles (35 km), Saint Zacharie est un agréable village, qui dut sa fortune et son charme à la présence sur son sol de nombreuses sources. Le « village aux 16 fontaines » vit ainsi se développer au début du XXe siècle l’industrie de la céramique qui a donné son nom à l’une des places de la ville.
Chef-lieu : Marseille. Le département tient son nom de l’embouchure du Rhône, qui a donné à l’ouest du département son aspect si particulier de marais et d’étangs, à la flore et la faune typiques : la Camargue. Le littoral est écrasé par la présence du premier port de France, Marseille, dont l’agglomération concentre plus de la moitié de la population. Aix-en-Provence, à une trentaine de kilomètres au nord de Marseille, n’est plus la préfecture du département, mais a conservé les facultés de Lettres et de Droit, ainsi que la Cour d’Assises. La rivalité des trois grandes villes du département, Marseille la portuaire, Aix la ville d’art et d’eaux et Arles, ville romaine au cœur de la Camargue, a façonné l’histoire des Bouches-du-Rhône et perdure aujourd’hui.
Chefs-lieux d’arrondissement : Aix, Arles, Istres.
Auriol remonte à la plus haute antiquité, comme en témoigne la présence sur son sol du « Trésor d’Auriol », un amas de monnaies grecques enterré vers 480 avant JC et connu des numismates du monde entier. Après l’invasion de la Gaule, Jules César offrit des terres de la localité à des vétérans de son armée. Clin d’œil de l’histoire ? La ville accueille aujourd’hui une maison de retraite de la Légion étrangère.
Avec pour horizon les collines qui inspirèrent Pagnol, la commune de Roquevaire, composée d’un village principal et de trois hameaux, Lascours, Pont de Joux et Pont de l’Étoile, doit son nom au rocher qui la surplombe. Aux portes de Marseille, ce gros village a su préserver son caractère provençal avec son dédale de ruelles tortueuses sur le flanc d’un rocher où s’élevait jadis un château médiéval.
Témoignage du riche passé de Roquevaire, la chapelle mérovingienne Saint-Vincent, détruite par les invasions et reconstruite au Xe et XIe siècles, est l’une des plus anciennes de Provence. Elle a cédé la place et son autel classé à l’église Saint-Vincent, qui abrite un grand orgue parmi les plus fameux de France, âme d’un festival international qui a lieu chaque année à la mi-septembre. Cet orgue a été construit à partir de l’ancien orgue du village, qui datait de 1827, de l’orgue personnel du virtuose Pierre Cochereau, ancien organiste de Notre Dame de Paris, et agrémenté d’une technologie contemporaine pour tenter de réconcilier puristes et modernes.
Commune résidentielle de la banlieue marseillaise bâtie sur un relief accidenté. Le point culminant de la commune offre une vue grandiose sur le golfe de Marseille, les calanques et les baies de Cassis et de La Ciotat, jusqu'au Cap Sicié. Sur ses coteaux sont élevés quelques excellents vins des Côtes de Provence.
« Qui a vu Paris et non Cassis n’a rien vu », dit la devise de la ville. N’en déplaise au Cassidains, la plupart des coureurs qui vont passer dans ce charmant petit port provençal, devenu l’une des stations balnéaires préférées des Marseillais voudront sans doute voir Paris tout de même…
Le suiveur, lui, n’hésitera pas à y faire halte même si l’été voit la population de la ville enfler démesurément. Mais les vins blancs et rosés (et même quelques rares, mais sympathiques rouges) du terroir sont indispensables avec une bouillabaisse ou un poisson grillé et ils ont fait, pour une large part, la réputation de la ville.
Situé à la pointe des calanques qui portent son nom, à l’ombre du terrible cap Canaille, surmonté de l’époustouflante route des Crêtes qui la relie à La Ciotat par-dessus les falaises Soubeyranes, Cassis doit son succès à son charme intact de petit port d’un autre âge. La réglementation a su le préserver de la circulation automobile et c’est devenu un lieu de villégiature prisé des riches Marseillais ou d’anciens et actuels joueurs de l’OM, comme Jean Tigana, qui y possède un vignoble, ou Djibril Cissé.
De ses plages de galets, on aperçoit le cap Canaille, la plus haute falaise maritime d’Europe, qui culmine à 294 mètres.
Le peloton quittera Cassis par le col de la Gineste, mieux connu des coureurs à pied qui l’empruntent chaque année en octobre pour le célèbre semi-marathon Marseille-Cassis, l’un des plus courus en France.
Le col serpente au-dessus des immenses calanques qui sont l’un des trésors du littoral marseillais. Plus de 160 km de sentier sont balisés sur ce site hors du commun, paradis des randonneurs et des amateurs d’escalade.
À l’arrière de ces calanques sont exploitées depuis la plus haute antiquité des carrières produisant la fameuse pierre de Cassis, utilisée pour la fabrication des quais de tous les grands ports de la Méditerranée ainsi que d’innombrables bâtiments et monuments comme le socle de la statue de la Liberté à New York.
La deuxième ville de France et son plus grand port est aussi la plus ancienne ville du pays. Fondée aux environs de 600 avant JC par des Phocéens, elle fut d’abord un comptoir commercial, ou emporion, avant de se développer pour devenir l’un des principaux ports de la Méditerranée et l’une des villes les plus puissantes de l’antiquité. C’est autour de cette calanque, qui constitue aujourd’hui l’enceinte du Vieux Port, que se développa la ville.
Ville de commerce, elle est marquée à l’époque grecque par deux navigateurs au long cours, Euthymènes, qui alla explorer l’Afrique, et Pythéas, qui se rendit vers le Nord, « découvrit » la Grande-Bretagne et la banquise, et étudia les marées. Cet astronome de talent, qui avait déjà calculé la latitude de sa ville, fut présenté par les auteurs latins comme un affabulateur. De lui serait née la réputation d’exagération typique des Marseillais : la galéjade.
Marseille profita de son isolement géographique et politique pour obtenir des privilèges extrêmement avantageux. Tête de pont du commerce avec le Levant, port de départ pour les Croisades, la ville se tailla rapidement une place de choix dans le trafic en Méditerranée. Une caste puissante de commerçants et d’armateurs, souvent d’origine italienne puis levantine ou grecque, émergea ainsi et marqua durablement la vie de la cité en y fondant la première chambre de commerce, qui est actuellement le siège de la mairie.
L’avènement de Louis XIV marqua la fin de la relative indépendance de la ville. Soucieux d’affirmer son autorité, le roi soleil investit la cité rebelle, détruisit ses remparts et fit construire les forts Saint-Nicolas et Saint-Jean, dont les canons étaient tournés vers la ville et non vers le large… Le monarque fut pourtant le grand artisan du développement de la cité en y installant en 1678 l’Arsenal des Galères qui occupa tout le quai sud du port, en faisant creuser la fameuse Canebière et en développant les quartiers résidentiels.
La Révolution fut une autre période marquante de l’histoire marseillaise puisque c’est de la rue Thubaneau que, à l’appel de Barbaroux et de Mireur, quelque 500 volontaires se rendirent à Paris en entonnant le chant qui allait, grâce à eux, devenir la Marseillaise, et qui n’a pas résonné sur le Tour depuis… 1985. Les choses tournèrent mal en 1794, où les conventionnels Fréron et Barras firent raser les églises de la ville et déclarèrent cette cité décidément insoumise : « ville sans nom ».
Deux guerres et le développement des transports aériens frappèrent lourdement Marseille, qui eut beaucoup de mal à retrouver une vocation après la Seconde Guerre mondiale et encore plus après les chocs pétroliers. L’extension, sous Gaston Defferre, des activités portuaires à Fos, et l’actuel projet Euroméditerranée, qui revitalise le nord de la ville, ont permis à Marseille d’enrayer son déclin, sinon de remonter la pente.
Ville à identité culturelle forte, Marseille a longtemps vécu sur son folklore, sublimé par Marcel Pagnol et la fameuse trilogie « César », « Marius » et « Fanny ». On en a oublié qu’elle fut aussi la ville d’Antonin Artaud et celle où Arthur Rimbaud passa ses derniers jours. Stendhal, qui y vécut deux ans, ou Alexandre Dumas, qui s’en inspira pour « le Comte de Monte Cristo », furent aussi des vrais amoureux de la ville, dont sont originaires d’éminents auteurs contemporains comme Patrick Cauvin ou Régis Jauffret.
Il est intéressant de noter que, sur l’ensemble de l’année, les Marseillais sont plus nombreux à se rendre au théâtre qu’au stade Vélodrome pour les matches de l’OM. Depuis une dizaine d’années, grâce au succès des livres de Jean-Claude Izzo ou des films de Robert Guédiguian, un renouveau culturel s’est amorcé. La ville compte des dizaines d’auteurs de « polar » et est devenue la capitale du genre. Dans le même temps, les tournages se multiplient dans une ville à la lumière extraordinaire où s’est installé Luc Besson, après y avoir tourné la série des « Taxi ». La sitcom « Plus belle la vie » a également popularisé Marseille auprès des plus jeunes.
Ville natale de Maurice Béjart et de Marius Petipa, Marseille est également un haut lieu de la danse. Roland Petit y passa ses plus belles années et le Festival de Marseille propose chaque année un rendez-vous prestigieux aux amateurs.
Surtout connue pour son équipe de football, l’Olympique de Marseille, championne d’Europe en 1993, Marseille est une ville ouverte à de nombreux sports. Elle sera notamment la base opérationnelle des All Blacks néo-zélandais pendant la prochaine Coupe du monde de rugby. Marseille, dont est originaire l’ancien entraîneur national Daniel Constantini, est aussi un bastion du handball et du water-polo. La présence de la mer en a aussi fait une terre de voile. L’arrivée de The Race en 2001 fut un extraordinaire succès populaire. Des navigateurs célèbres comme Bruno Peyron ou Florence Arthaud y ont élu domicile.
Une ville dont le stade se nomme « vélodrome » ne pouvait qu’avoir une longue tradition cycliste. L’une des tribunes du stade rend d’ailleurs hommage à un cycliste local, Gustave Ganay, qui fut champion de France de demi-fond en 1925 et se tua en août de cette même année au Parc des Princes. Ganay avait participé au Tour de France en 1924, abandonnant lors de la 3e étape. La roue de son vélo fut placée sur sa tombe… et dérobée quelques jours plus tard.
Des années héroïques remontent les noms de Marius Guiramand, Clément Bistagne, Gaspard Rinaldi ou Louis Péglion. Louis Aimar, double vainqueur du Grand Prix des Nations (1938 et 1941) fut l’une des idoles d’une ville aussi folle de vélo que de football. Louis l’Élegant ne put jamais courir le Tour.
Francis Anastasi, le « minot de la Capelette » qui s’excusa auprès de Fausto Coppi après l’avoir privé du podium de Milan-San Remo 1954, ou Raoul Rémy, « le Flahute marseillais », vainqueur de deux étapes du Tour en 1948 et 1952, furent les stars locales des années 50, avec Fernand Decanali, champion olympique de poursuite par équipes en 1948 à Londres.
Dans les années 60, le cyclisme marseillais est dominé par le personnage de Louis Rostollan, coéquipier d’Anquetil et superbe coureur complet lui aussi, comme en attestent ses victoires dans le Dauphiné Libéré 1958 et dans les Tours de Romandie 1960 et 1961.
Il faudra ensuite attendre les années 70 et les titres de champion de France enlevés coup sur coup par deux Marseillais, Guy Sibille en 1976 et Marcel Tinazzi en 1977, pour assister à un regain phocéen éphémère.
Le Tour de France a fait étape à 33 reprises dans la cité phocéenne et l’arrivée la plus mémorable fut celle de 1971, où les coureurs avaient pris une telle avance sur l’horaire que le vainqueur, Luciano Armani, franchit la ligne d’arrivée dans une ville déserte. Quand le maire Gaston Defferre arriva sur les lieux pour le protocole, les coureurs étaient depuis longtemps partis à l’hôtel. À la suite de cette « cagade », le Tour ne revint pas à Marseille pendant 18 ans et la victoire de Vincent Barteau, un 14 juillet.
Marseille fut par ailleurs la dernière ville ou dormit Tom Simpson avant son décès en course dans le Ventoux dans le Tour 1967.
Marseille a également joué un rôle dans la technologie cycliste puisque les rayons de la roue de bicyclette (1868), puis les chaînes de vélo (1877) auraient été perfectionnées par un certain Alfred Rousseau, propriétaire d’un manège à vélos au Prado.