
L'éditorial
Ce fut un hiver exceptionnel. Une vague de neige et de froid si tardive qu'on ne l'attendait plus et qui surgit soudain, recouvrent les bourgeons de flocons. Avant d'accueillir le printemps, mars 2005 fut d'abord un mois à ne pas mettre un cycliste dehors. Et pourtant
.
Parée d'un manteau blanc, des Hauts-de-Seine à la vallée du Rhône, « la Course au soleil » traça son sillon jusqu'à la Côte d'Azur avec le concours actif des agents de l'État et des collectivités et grâce à la mobilisation efficace de tous les personnels d'Amaury Sport Organisation. Dans le froid et la glace, Paris-Nice consacra ainsi le premier succès d'un Américain à Nice, le sympathique Bobby Julich, et nous offrit chaque jour un vainqueur d'étape de qualité, de Voigt à Valverde en passant pour Boonen dont l'étoile n'allait, cesser de briller jusqu'à l'arc-en-ciel de Madrid.
Après quelques escapades du peloton au bout du monde – en Australie, en Malaisie, au Qatar ou en Californie – Paris-Nice marquera cette année encore, comme depuis plus de soixante-dix ans, le vrai coup d'envoi de la saison. Le parcours choisi est propice à toutes les audaces, ouvert à un cyclisme qu'on espère inventif… La Croix de Chaubouret, le Corobin, le Tanneron, le col de la Porte ou le col d'Eze permettront aux meilleurs d'en découdre tout en laissant place au suspense jusqu'à la ligne d'arrivée finale.
En rêvant cette année d'un temps plus clément…
Christian PRUDHOMME
