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jeudi 3 novembre 2005 |
étape 8 Fada N’Gourma > KoupĂ©la - 77.5 km |
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| Opération consolidation |
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Jérémie Ouedraogo a tiré le meilleur parti possible de cette mini étape de 77 km, où il était illusoire de compter sur de gros écarts à l’arrivée. Le maillot jaune, qui remporte dans un sprint à six échappés sa troisième victoire d’étape sur le Tour, a réussi à bonifier son avantage de quelques secondes sur son premier poursuivant, et surtout sur le Belge Pattyn et le Camerounais Tega, respectivement 3ème et 4ème du classement général à 20’’ et 21’’ du leader.
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Tout le monde en veut
Avec un programme aussi court, il était attendu que les attaquants ne se feraient pas désirer longtemps. C’est un duo nippo-sénégalais qui lance la première offensive au km 2, rapidement réprimée par un peloton mené par les Burkinabè. Une brochette de neuf coureurs, encore à dominante sénégalaise, mais où s’est également incrusté l’inusable Gunter Cuylits (BEL), se forme en deux temps et prend 15’’ d’avance au km 12. Au km 18, il ne sont plus que six, et leur pécule de secondes diminue dangereusement : un kilomètre plus loin, il réintègrent le peloton.
Le Burkina explose le peloton
C’est en force que l’armada burkinabè décide de maltraiter le peloton. En entretenant un rythme élevé, ils font dans un premier temps céder une grosse vingtaine de coureurs (km 47), définitivement lâchés. La démarche collective sert principalement à préparer le premier sprint du jour pour leur leader Jérémie Ouedraogo, mais c’est finalement Marien qui y prend 3’’, Roumba 2’’ et Keita 1’’. Dans la foulée, un petit groupe se dégage, où hormis les quatre premiers du classement général (Ouedraogo-Roumba-Tega-Pattyn), on trouve Olivier Keita (SEN) et Gueswende Sawdogo (BUR), qui assure la plus grande partie des relais.
Le duel Ouedraogo-Rouamba
Le groupe est assez rigoureux et efficace pour prendre rapidement une trentaine de secondes d’avance et se présenter au deuxième sprint du jour avec cet avantage. Ouedraogo y passe en tête devant Rouamba et Keita. A douze kilomètres de l’arrivée, tous les membres de cette échappée ont intérêt à poursuivre leur effort. C’est un sprint entre l’élite ressérée du Tour qui se prépare à Koupela. On attend la confrontation entre Rouamba, le capitaine historique des Etalons et Ouedraogo, le champion national en titre. Encore une fois, l’élève dépasse le maître.
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Les six samouraĂŻs
On savait que les Japonais sont les experts mondiaux du sumo et du judo. On avait appris, principalement depuis la Coupe du Monde 2002, qu’ils avaient Ă©tĂ© touchĂ©s par la fièvre universelle du football. Et il Ă©tait admis que leur attrait pour la chose cycliste se limitait Ă la piste, et plus prĂ©cisĂ©ment au keirin. Pourtant, le Tour du Faso donne l’occasion de dĂ©couvrir que « la route » existe aussi au Japon. Que sur le vieux principe du « petit Ă petit l’oiseau fait son nid », la discipline s’y dĂ©veloppe et qu’une partie de ses adeptes a trouvĂ© asile dans les clubs français de niveau secondaire. Nobuhito Kubo, lui-mĂŞme ancien coureur, s’est installĂ© Ă Elbeuf, dans l’Eure. Après avoir mis un terme Ă sa modeste carrière, il a choisi de se consacrer au dĂ©veloppement du cyclisme japonais en organisant des stages de plus ou moins longue durĂ©e pour des coureurs dĂ©sirant dĂ©couvrir le cyclisme europĂ©en. La formule n’a pas manquĂ© de sĂ©duire, puisque les clubs normands, un peu rĂ©ticents aux propositions de « Nobu » dans les premiers temps, sont maintenant rĂ©gulièrement en demande de coureurs japonais, qu’ils connaissent courageux et fiables, pour complĂ©ter leurs effectifs.
Les postulants nippons sont la plupart du temps accueillis dans des formations de niveau national et rĂ©gional, en attendant mieux : « les coureurs que je fais venir font partie de l’élite au Japon, et quand ils arrivent dans les clubs, quelques jours d’entraĂ®nement nous permettent de savoir sur quel type de course ils seront compĂ©titifs et utiles ». Il peut toutefois arriver de croiser des Japonais sur des Ă©preuves un peu plus relevĂ©es, puisque deux Ă©quipes professionnelles, Bridgestone et Nippo, sont parvenus Ă hisser deux de leurs coureurs, les frères Fukushima, Ă un niveau honorable : « Le plus grand, Shinichi, a gagnĂ© cette annĂ©e le Tour de Siam, tandis que son petit frère Koji, qui a portĂ© le maillot jaune pendant quatre Ă©tapes sur le Tour de Langkawi, s’est classĂ© 4ème du TrophĂ©e des Grimpeurs », explique « Nobu », qui regrette de n’avoir pas eu les moyens de convaincre Monsieur Bridgestone de libĂ©rer ses deux coureurs vedettes pour le Tour du Faso. « Au mĂŞme moment, ils doivent courir la Japan Cup ainsi que deux autres Ă©tapes du championnat national considĂ©rĂ©es comme importantes par leur employeur ».
Pour l’heure, le Normand d’adoption se satisfait surtout d’avoir pu aligner une Ă©quipe complète au Burkina. Car en 2004, pour son baptĂŞme de l’Afrique, il n’avait emmenĂ© que trois coureurs, engagĂ©s au sein d’une Ă©quipe mixte avec la France. Au courage, les trois « samouraĂŻs » avaient bouclĂ© le Tour, mais le souvenir reste douloureux : « ils sont tous tombĂ©s malades dès le deuxième jour, je ne sais pas comment ils ont fait pour terminer. Mais en tout cas cette expĂ©rience a Ă©tĂ© très enrichissante, car nous ne rĂ©pĂ©tons plus les mĂŞmes erreurs, particulièrement en matière d’alimentation et de rĂ©cupĂ©ration. Par exemple, cette annĂ©e ils boivent dix Ă quinze bidons par personne et par Ă©tape. C’est primordial pour ne pas flancher ».
Et effectivement, les recettes de tonton « Nobu » semblent fonctionner correctement. 12ème au classement par Ă©quipes, le Japon a mĂŞme un reprĂ©sentant Ă la 14ème place du classement gĂ©nĂ©ral, Yosuke Suga. Au-delĂ de la vĂ©ritĂ© hiĂ©rarchique, ses garçons ont Ă©galement le mĂ©rite de se faire une place sans complexe dans le peloton, ne rechignant jamais Ă attaquer dès que l’occasion se prĂ©sente. Shigenori Ishida et Yosuke Suga, les plus rĂ©gulièrement aperçus en tĂŞte de course, espèrent peut-ĂŞtre secrètement crĂ©er la surprise en enlevant une victoire d’étape dès cette annĂ©e sur le Tour du Faso. Pour « Nobu », rien n’est impossible : « c’est difficile car les conditions de course favorisent les arrivĂ©es groupĂ©es, et nous n’avons pas de vrai sprinteur. Mais en s’introduisant dans le bon groupe et en trouvant le bon moment pour jouer un coup, il peut se passer quelque chose ».
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