| |
samedi 5 novembre 2005 |
étape 10 Gourcy > ZiniarĂ© - 172 km |
 |
|
 |
|
| |
| Verdonck, le plus frais |
| |
Pour la plus longue étape du Tour, le peloton a économisé ses forces tout au long du parcours par crainte de la rupture. Le Burkina ayant préservé l’essentiel en réprimant la plupart des attaques, le maillot jaune est toujours installé sur les épaules de Jérémie Ouedraogo, avec un avantage intact de 9 secondes sur son maître à rouler, Saïdou Rouamba. La victoire d’étape s’est jouée entre les finisseurs les plus frais du jour, qui sont parvenus à s’extraire dans les derniers kilomètres pour se disputer un sprint à quatre : Verdonck offre un deuxième bouquet à la Belgique.
|
| |
 |
 |
Crevaison pour le maillot jaune
Le programme est chargé, et tout le monde a déjà beaucoup souffert la veille, en route vers Ouahigouya. Et il n’est dans l’intérêt de personne de faire exploser rapidement le peloton, les soldats burkinabè ayant suffisament contribué à soigner la moyenne kilométrique tous les jours. Un groupe de dix coureurs se dégage peu avant le 10ème kilomètre, mais Jérémie Ouedraogo, victime de crevaison, n’a pu attraper le wagon. L’échappée prend tout de même 1’05’’ d’avance sur le peloton au km 16, mais cesse d’exister avant le sprint intermédiaire de Yako
Sawadogo et Cuylits infatigables
Nullement rassasié par sa victoire à Ouahigouya, Mahamadi Sawadogo (BUR) s’adonne à son activité favorite, l’attaque à outrance, avec son complice dans l’exercice, Gunter Cuylits (BEL). Au km 66 avec Philippe Hamache (FRA), au km 62 avec Benoît Dunet (FRA), au km 74 en couple, puis au km 89 avec Franck Boule, les duettistes sont tout simplement à l’initiative de toutes les offensives. La dernière citée, à laquelle se joint Vicente Lelo (ANG), creuse 1’ d’avance au km 91. Mais les quatre hommes discutent autant qu’ils pédalent, et il est bien connu que les palabres sont les ennemis des échappés fructueuses. Au km 95, l’aventure est terminée, ce qui n’empêche pas Cuylits de retenter un coup vingt kilomètres plus loin, toujours sans succès.
Pas de récompense pour Thiam
C’est la traversée de Ouagadougou, effectuée devant un public nombreux, qui semble redonner de la vivacité aux coureurs. Le rythme s’accélère, et peu après la sortie de la capitale, un nouveau groupe d’une dizaine de coureurs se forme. Son existence est limitée à une dizaine de kilomètres, mais Abdoulaye Thiam (SEN) poursuit son effort en solitaire. A 12 km de l’arrivée, il a ainsi 30’’ d’avance sur le peloton et mobilise tout son courage. A 4 km, ses chances diminuent avec la jonction effectuée par Verdonck (BEL) et Kauffmann (FRA). Un kilomètre plus tard, Wolf (FRA) se joint également à eux. Leur avantage est maigre mais suffisant pour éviter le retour du peloton. Thiam, émoussé par son parcours en solo, ne rivalise pas au sprint : Verdonck est le plus fort.
|
| |
 |
Quand le Tour regarde le Tour
Sur le continent africain, le Tour de France est en partie responsable de l’attrait grandissant pour le cyclisme. Dans beaucoup de pays, et spécialement dans ceux représentés sur le Tour du Faso, les après-midi de juillet sont elles aussi rythmées par les retransmissions de la Grande Boucle, assurées en direct et en intégralité par TV5 Afrique. Il se trouve qu’entre amateurs de cyclistes de tous pays et d’univers (pas tant que ça !) opposés, les discussions de bivouac tournent souvent autour de cette course de référence. Et l’avis des plus fortement atteints par la passion du vélo en Afrique, c’est-à -dire les coureurs du peloton eux-mêmes, ne manque pas d’enseignements.
Une première question a été posée à tous les membres des formations africaines présentes dans le peloton : quel est votre champion de référence dans l’histoire du sport cycliste ? La répartition des réponses est fidèle à l’actualité des quinze dernières éditions du Tour de France. Armstrong rafle la mise avec 28 suffrages, son premier poursuivant, comme souvent, Jan Ullrich, se classant loin derrière avec 9 voix. En quatrième position, Miguel Indurain est l’unique quintuple vainqueur à récolter plus d’un vote (5), essentiellement des coureurs les plus âgés. Vinokourov pointe en cinquième position avec 4 voix. Viennent ensuite Laurent Jalabert (3) et Richard Virenque (2), puis plusieurs coureurs à une voix. Parmi eux, figurent Baden Cooke, Bjarn Riis, Robbie McEwen, Thomas Voeckler, Francisco Mancebo, Ivan Basso, Roberto Heras, Andreas Klöden, George Hincapie, avec Bernard Hinault et Eddy Merckx ! Si l’épaisseur du palmarès n’a pas été proportionnellement récompensée, la fraîcheur de la culture cycliste en Afrique y est pour beaucoup. Le développement, à la fois de l’accès à la télévision et de la médiatisation du Tour, date de la fin des années 80.
Les interrogations sur la succession de Lance Armstrong suscitent le débat chez les coureurs africains. La question de l’identité du futur vainqueur abouti à un duo de favoris assez logique : Ullrich l’emporte avec 27 voix, Basso le suivant avec 23 voix, beaucoup d’entre eux ayant hésité entre les dauphins successifs de Lance Armstrong sur le podium. Vinokourov est en 3ème position du classement (6), tandis que le vainqueur du maillot à pois, qui a marqué les esprits par son panache dans les premières étapes de montagne, se classe 5ème (3 voix). Sont ensuite cités Klöden (2), Hincapie (1) et Popovych (1).
Les discussions les plus animĂ©es et les plus argumentĂ©es interviennent après une question centrale sur l’avenir du cyclisme africain : quand pensez-vous qu’un coureur africain remportera une Ă©tape sur le Tour de France ? La rĂ©action spontanĂ©e et quasi-unanime, un long sifflement et un basculement en arrière Ă©vocateurs, laissent place Ă une rĂ©flexion des plus sĂ©rieuses. Chacun a conscience de la diffĂ©rence actuelle de niveau, de l’incertitude sur la première Ă©tape, qui consistera Ă voir des Africains intĂ©grer les Ă©quipes de l’élite et de la nĂ©cessitĂ© de formation des coureurs. Mais pas tous avec la mĂŞme sensibilitĂ©. Alors qu’un doux rĂŞveur a Ă©voquĂ© l’échĂ©ance de deux ans avant de se reprendre, les plus optimistes parlent de 5 ans : ils sont huit dans ce cas. 17 espèrent voir cette première d’ici 6 Ă 10 ans, alors que 11 autres fixent l’objectif Ă 15 ans. Ils sont 12 Ă tabler sur ce premier bouquet entre 2025 et 2030. Les plus rĂ©signĂ©s, qui se disent rĂ©alistes, sont 10 Ă considĂ©rer que l’évĂ©nement sera fĂŞtĂ© dans plus de 30 ans. Parmi eux, le NigĂ©rien Abdoul-Salam Zakari tangue entre humour caustique et fatalisme : « il faudra au moins attendre la fin du troisième millĂ©naire ». 100 % des coureurs espèrent qu’il se trompe.
|
|
 |
 |
 |
|