Tour du Faso
Tour du Faso - Du 26 octobre au 6 novembre 2005
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La course
 
samedi 5 novembre 2005
étape 10Gourcy > ZiniarĂ© - 172 km précédente   suivante
 
Verdonck, le plus frais
 
© A.S.O. Pour la plus longue Ă©tape du Tour, le peloton a Ă©conomisĂ© ses forces tout au long du parcours par crainte de la rupture. Le Burkina ayant prĂ©servĂ© l’essentiel en rĂ©primant la plupart des attaques, le maillot jaune est toujours installĂ© sur les Ă©paules de JĂ©rĂ©mie Ouedraogo, avec un avantage intact de 9 secondes sur son maĂ®tre Ă  rouler, SaĂŻdou Rouamba. La victoire d’étape s’est jouĂ©e entre les finisseurs les plus frais du jour, qui sont parvenus Ă  s’extraire dans les derniers kilomètres pour se disputer un sprint Ă  quatre : Verdonck offre un deuxième bouquet Ă  la Belgique.
 
Le film de l'étape
Crevaison pour le maillot jaune

Le programme est chargé, et tout le monde a déjà beaucoup souffert la veille, en route vers Ouahigouya. Et il n’est dans l’intérêt de personne de faire exploser rapidement le peloton, les soldats burkinabè ayant suffisament contribué à soigner la moyenne kilométrique tous les jours. Un groupe de dix coureurs se dégage peu avant le 10ème kilomètre, mais Jérémie Ouedraogo, victime de crevaison, n’a pu attraper le wagon. L’échappée prend tout de même 1’05’’ d’avance sur le peloton au km 16, mais cesse d’exister avant le sprint intermédiaire de Yako


Sawadogo et Cuylits infatigables

Nullement rassasié par sa victoire à Ouahigouya, Mahamadi Sawadogo (BUR) s’adonne à son activité favorite, l’attaque à outrance, avec son complice dans l’exercice, Gunter Cuylits (BEL). Au km 66 avec Philippe Hamache (FRA), au km 62 avec Benoît Dunet (FRA), au km 74 en couple, puis au km 89 avec Franck Boule, les duettistes sont tout simplement à l’initiative de toutes les offensives. La dernière citée, à laquelle se joint Vicente Lelo (ANG), creuse 1’ d’avance au km 91. Mais les quatre hommes discutent autant qu’ils pédalent, et il est bien connu que les palabres sont les ennemis des échappés fructueuses. Au km 95, l’aventure est terminée, ce qui n’empêche pas Cuylits de retenter un coup vingt kilomètres plus loin, toujours sans succès.


Pas de récompense pour Thiam

C’est la traversĂ©e de Ouagadougou, effectuĂ©e devant un public nombreux, qui semble redonner de la vivacitĂ© aux coureurs. Le rythme s’accĂ©lère, et peu après la sortie de la capitale, un nouveau groupe d’une dizaine de coureurs se forme. Son existence est limitĂ©e Ă  une dizaine de kilomètres, mais Abdoulaye Thiam (SEN) poursuit son effort en solitaire. A 12 km de l’arrivĂ©e, il a ainsi 30’’ d’avance sur le peloton et mobilise tout son courage. A 4 km, ses chances diminuent avec la jonction effectuĂ©e par Verdonck (BEL) et Kauffmann (FRA). Un kilomètre plus tard, Wolf (FRA) se joint Ă©galement Ă  eux. Leur avantage est maigre mais suffisant pour Ă©viter le retour du peloton. Thiam, Ă©moussĂ© par son parcours en solo, ne rivalise pas au sprint : Verdonck est le plus fort.
 
Le magazine
Quand le Tour regarde le Tour

© A.S.O. Sur le continent africain, le Tour de France est en partie responsable de l’attrait grandissant pour le cyclisme. Dans beaucoup de pays, et spĂ©cialement dans ceux reprĂ©sentĂ©s sur le Tour du Faso, les après-midi de juillet sont elles aussi rythmĂ©es par les retransmissions de la Grande Boucle, assurĂ©es en direct et en intĂ©gralitĂ© par TV5 Afrique. Il se trouve qu’entre amateurs de cyclistes de tous pays et d’univers (pas tant que ça !) opposĂ©s, les discussions de bivouac tournent souvent autour de cette course de rĂ©fĂ©rence. Et l’avis des plus fortement atteints par la passion du vĂ©lo en Afrique, c’est-Ă -dire les coureurs du peloton eux-mĂŞmes, ne manque pas d’enseignements.

Une première question a Ă©tĂ© posĂ©e Ă  tous les membres des formations africaines prĂ©sentes dans le peloton : quel est votre champion de rĂ©fĂ©rence dans l’histoire du sport cycliste ? La rĂ©partition des rĂ©ponses est fidèle Ă  l’actualitĂ© des quinze dernières Ă©ditions du Tour de France. Armstrong rafle la mise avec 28 suffrages, son premier poursuivant, comme souvent, Jan Ullrich, se classant loin derrière avec 9 voix. En quatrième position, Miguel Indurain est l’unique quintuple vainqueur Ă  rĂ©colter plus d’un vote (5), essentiellement des coureurs les plus âgĂ©s. Vinokourov pointe en cinquième position avec 4 voix. Viennent ensuite Laurent Jalabert (3) et Richard Virenque (2), puis plusieurs coureurs Ă  une voix. Parmi eux, figurent Baden Cooke, Bjarn Riis, Robbie McEwen, Thomas Voeckler, Francisco Mancebo, Ivan Basso, Roberto Heras, Andreas Klöden, George Hincapie, avec Bernard Hinault et Eddy Merckx ! Si l’épaisseur du palmarès n’a pas Ă©tĂ© proportionnellement rĂ©compensĂ©e, la fraĂ®cheur de la culture cycliste en Afrique y est pour beaucoup. Le dĂ©veloppement, Ă  la fois de l’accès Ă  la tĂ©lĂ©vision et de la mĂ©diatisation du Tour, date de la fin des annĂ©es 80.

Les interrogations sur la succession de Lance Armstrong suscitent le dĂ©bat chez les coureurs africains. La question de l’identitĂ© du futur vainqueur abouti Ă  un duo de favoris assez logique : Ullrich l’emporte avec 27 voix, Basso le suivant avec 23 voix, beaucoup d’entre eux ayant hĂ©sitĂ© entre les dauphins successifs de Lance Armstrong sur le podium. Vinokourov est en 3ème position du classement (6), tandis que le vainqueur du maillot Ă  pois, qui a marquĂ© les esprits par son panache dans les premières Ă©tapes de montagne, se classe 5ème (3 voix). Sont ensuite citĂ©s Klöden (2), Hincapie (1) et Popovych (1).

Les discussions les plus animĂ©es et les plus argumentĂ©es interviennent après une question centrale sur l’avenir du cyclisme africain : quand pensez-vous qu’un coureur africain remportera une Ă©tape sur le Tour de France ? La rĂ©action spontanĂ©e et quasi-unanime, un long sifflement et un basculement en arrière Ă©vocateurs, laissent place Ă  une rĂ©flexion des plus sĂ©rieuses. Chacun a conscience de la diffĂ©rence actuelle de niveau, de l’incertitude sur la première Ă©tape, qui consistera Ă  voir des Africains intĂ©grer les Ă©quipes de l’élite et de la nĂ©cessitĂ© de formation des coureurs. Mais pas tous avec la mĂŞme sensibilitĂ©. Alors qu’un doux rĂŞveur a Ă©voquĂ© l’échĂ©ance de deux ans avant de se reprendre, les plus optimistes parlent de 5 ans : ils sont huit dans ce cas. 17 espèrent voir cette première d’ici 6 Ă  10 ans, alors que 11 autres fixent l’objectif Ă  15 ans. Ils sont 12 Ă  tabler sur ce premier bouquet entre 2025 et 2030. Les plus rĂ©signĂ©s, qui se disent rĂ©alistes, sont 10 Ă  considĂ©rer que l’évĂ©nement sera fĂŞtĂ© dans plus de 30 ans. Parmi eux, le NigĂ©rien Abdoul-Salam Zakari tangue entre humour caustique et fatalisme : « il faudra au moins attendre la fin du troisième millĂ©naire ». 100 % des coureurs espèrent qu’il se trompe.
 
Liste des partants | Itinéraires horaires
 
Tous les classements
Étape
Individuel temps
Individuel points
Meilleure équipe
Général
Individuel temps
Individuel points
Meilleure équipe
 
Étape par étape
1 mercredi 26 octobre 136 km 
   Kokologo > Boromo
2 jeudi 27 octobre 159 km 
   Pa > Gaoua
3 vendredi 28 octobre 136 km 
   Bouroum-Bouroum > Pa
4 samedi 29 octobre 121.5 km 
   Petit-Bale (Sabou) > Koudougou
5 dimanche 30 octobre 143.5 km 
   Kombissiri > Kaya
6 mardi 1er novembre 91 km 
   Ouagadoudou > Manga
7 mercredi 2 novembre 124 km 
   Tenkodogo > Fada N’Gourma
8 jeudi 3 novembre 77.5 km 
   Fada N’Gourma > KoupĂ©la
9 vendredi 4 novembre 129 km 
   Bousse > Ouahigouya
10 samedi 5 novembre 172 km 
   Gourcy > ZiniarĂ©
11 dimanche 6 novembre 136 km 
   Sapone > Ouagadoudou
Total 1381.5 km 
 
© A.S.O.
 
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